À propos de "sauvegarde retraites"

SAUVEGARDE RETRAITES est une officine particulièrement malfaisante, qui sévit depuis plus d’une décennie maintenant et qui s’est fixé pour objectif de convaincre les retraités du secteur privé auxquels elle extorque par ailleurs les fonds de soutien à son action, qu’ils sont en permanence spoliés par l’État, assimilé pour les besoins de la cause en premier lieu aux fonctionnaires ! Tout lui est prétexte pour dénoncer les « privilèges » dont jouiraient ces derniers, « privilèges   » prétendument financés bien entendu par… les retraités du secteur privé ! Lire la suite

Retraites :

Les syndicats se mobilisent le 23 mars
 
Nicolas Sarkozy a laissé un peu de répit aux syndicats sur les retraites, en déclarant lundi lors du sommet social qu’un projet de loi sur ce sujet serait déposé au parlement "début septembre", mais cinq d’entre eux ont annoncé une journée d’action le 23 mars.

Cette journée portera sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics et les retraites.

Sur l’emploi, le chef de l’Etat n’a pas donné satisfaction aux syndicats qui réclament d’urgence une solution pour les chômeurs en fin de droits et privés de toute ressource, renvoyant à "une concertation" avec le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez.

[Les représentants des syndicats quittent l’Elysée après une réunion avec Nicolas Sarkozy, le 15 février 2010 - © 2010 AFP - Eric Feferberg]

Sur les retraites, Nicolas Sarkozy a affirmé à l’issue du sommet que, "compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions".

"Au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte" au Parlement, a précisé le président, qui avait assuré en ouvrant la réunion qu’il n’était "pas question de passer en force".

La concertation, a-t-il dit, commencera "début avril" quand le Conseil d’orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l’équilibre des régimes.

Le chef de l’Etat n’a jusque-là pas dévoilé ses intentions, mais plusieurs ministres ont laissé entendre que le gouvernement privilégie deux pistes, le recul de l’âge légal de départ en retraite ou/et l’allongement de la durée d’activité.
Hostilité des syndicats

Fort de l’opposition d’une majorité de Français, la plupart des syndicats se sont déjà déclarés hostiles à ces deux pistes.

S’agissant des chômeurs en fin de droits, la concertation confiée à Laurent Wauquiez servira d’abord à "établir un diagnostic précis de la situation", a dit Nicolas Sarkozy, se prononçant pour "un financement commun" du soutien à leur apporter.

Le chef de l’Etat a aussi annoncé une réunion d’agenda social spécifique avec les syndicats de la fonction publique "dans les prochaines semaines".

Enfin, une réunion aura lieu "en avril" pour faire le point des mesures déjà engagées en faveur de l’emploi.

Les organisations syndicales se sont retrouvées dans la soirée, et cinq d’entre elles (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa) ont décidé d’une journée d’action pour le 23 mars. Il s’agit de "peser sur les rendez-vous" prévus avec le chef de l’Etat ces prochains mois, selon un communiqué commun. Bernadette Groison (FSU) a parlé d’"une situation sociale vraiment très dégradée".

Les représentants de la CFE-CGC et de la CFTC ont indiqué qu’ils n’avaient pas, à ce stade, reçu de mandat de leurs organisations pour prendre une décision.

FO n’a pas signé l’appel intersyndical, le jugeant "ambigu" et n’insistant pas assez sur les retraites. La décision de se joindre ou non au mouvement sera prise par la commission exécutive de la confédération, selon son représentant.

CGT et CFDT se sont félicitées d’avoir "desserré le calendrier " sur les retraites. "Les sondages n’y sont pas pour rien", selon Nadine Prigent (CGT)..

Mais CGT, FSU et Solidaires ont plus mis en avant le thème des retraites, dans la mobilisation de mars, que la CFDT et l’Unsa qui préfèrent insister sur l’emploi ou le pouvoir d’achat.

Pour leur part, les partis de gauche ont mis en garde Nicolas Sarkozy contre tout passage "en force" et contre "un simulacre de concertation".


Répartition : Coup de jeunes !

Retraites

Valider les années d’études et toutes les périodes d’inactivité forcée permettrait de rendre justice aux salariés d’aujourd’hui.

Cette mesure aurait un autre avantage : redonner confiance aux jeunes dans l’avenir du système de retraite.

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Dessin de Pessin

Un article de Martine Hassoun

publié dans Options de Janvier 2010

Les jeunes doutent de la pérennité du système actuel de retraite ?

Depuis près de vingt ans, les conditions de liquidation des droits ne cessent de se durcir et les taux de remplacement de diminuer ; ce dans un contexte où leur insertion sur le marché du travail se fait de plus en plus dure.

On estime aujourd’hui à vingt-sept ans l’âge moyen auquel ils peuvent espérer accéder à un premier emploi stable…

Quoi de plus normal, donc, qu’ils aient du mal à se projeter dans des régimes qui augmentent sans cesse le nombre de trimestres nécessaires pour pouvoir faire valoir ses droits à une retraite pleine et entière ?

Seule question qui vaille : de quelle manière leur redonner confiance ?

La pérennité du versement des pensions à des millions de retraités en dépend, bien sûr.

Mais aussi le système de protection sociale dans son ensemble sur lequel repose la société française.

Ce modèle a fait de la solidarité entre les générations son fondement.

En matière d’assurance vieillesse, d’assurance chômage ou maladie, une seule et même logique domine : la mutualisation des risques.

Qu’une génération se détourne de ce projet, et c’est tout l’édifice qui s’effondre.

Le patronat ne s’y trompe pas, lui qui tente aujourd’hui de convaincre les jeunes de miser sur les produits de retraite que propose le marché plutôt que sur les pensions versées par le système de retraite par répartition.

Jamais les employeurs n’ont caché leur aversion pour le système de protection sociale mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Un modèle qui leur impose de rémunérer bien plus que la force de travail proprement dite en couvrant une partie des risques auxquels peuvent être confrontés les salariés qu’ils emploient.

A la faveur de la crise économique et des évolutions démographiques, ils veulent croire que leur heure est venue.

Reconnaître la réalité dans laquelle évolue aujourd’hui le salariat

Regagner la confiance des jeunes dans le système de retraite par répartition est l’un des principaux enjeux des mois à venir.

Pour cela, l’obtention d’une réforme du mode de financement pour en finir avec la spirale régressive est une nécessité.

Mais une autre mesure s’impose : la validation dans le calcul des droits à retraite de toutes les années d’études effectuées et, avec elles, de toutes les périodes de stage, de recherche d’un premier emploi et d’inactivité forcée que les salariés, jeunes et moins jeunes, peuvent rencontrer au cours de leur carrière.

L’Ugict en défend l’idée depuis des années.

Il y a deux ans, la Cgt Jeunes, l’Unef, l’Unsa Jeunes, FO Jeunes, la Fsu, Solidaires, Génération-Précaire et la Fidl ont, dans une déclaration commune, repris cette revendication.

Si elle était acceptée, une telle disposition à laquelle FO vient de se rallier ne ferait que reconnaître la réalité dans laquelle évolue désormais le salariat.

Au lendemain de la guerre, les périodes d’inactivité forcée étaient rarissimes, et l’on entrait très jeune sur le marché du travail.

Moins de la moitié des plus de quatorze ans étaient alors scolarisés.

Aujourd’hui, six millions d’adultes en âge de travailler sont privés d’emploi ou vivent dans une situation de grande précarité.

Et, à trente ans, minoritaires sont les salariés qui peuvent faire valoir l’équivalent de quarante trimestres cotisés.

L’histoire du système de retraite par répartition a longtemps été celle de réformes qui, sans cesse, ont cherché à améliorer les régimes existants pour mieux répondre aux besoins sociaux qui se faisaient jour dans la société.

 « Ainsi, au tournant des années 1970, rappelle Sylvie Durand, responsable du secteur retraite de l’Ugict, la décision prise de créer la majoration de durée d’assurance, dispositif visant à compenser au moment de la retraite les inégalités de rémunération ou de carrière résultant, pour les femmes, de la maternité.

Ou encore, en 1988, la mise en place d’une garantie minimale de points par l’Agirc, une mesure destinée à assurer une cotisation minimale aux cadres affiliés dont le niveau de salaire ne dépasse pas le plafond de la Sécurité sociale. »

Le coût du nouvel objectif gouvernemental, celui de mener « 50 % d’une classe d’âge à la licence », ne peut reposer sur les jeunes.

Lorsque les employeurs ont voulu développer la formation de leurs salariés, ils ont accepté d’en prendre en charge tous les coûts, dont celui de la cotisation pendant les stages à tous les régimes de la Sécurité sociale.

Les périodes d’études, de stages et d’insertion ne doivent pas faire exception.

En Allemagne et en Finlande, les années d’études sont reconnues comme des périodes de travail.

En France, certaines écoles, comme Polytechnique ou l’Ecole normale supérieure, valident déjà les années d’études. C’est donc possible.


Retraite et pénibilité

le double langage du gouvernement

S’il n’est pas encore possible de dire quel sera le calendrier  du chantier des retraites en 2010, on peut déjà cependant prédire qu’il ne sera pas une partie de plaisir.

En effet, François Fillon a donné le ton et une première date:

«Le Conseil d’Orientation des Retraites nous présentera ses prévisions financières en avril.

Nous connaissons tous les instruments qui sont à notre disposition : l

es cotisations, la durée légale d'activité, l'âge de départ à la retraite, adéclaré le Premier ministre lors de ses voeux à la presse.

Au regard des évolutions de notre démographie, personne ne doit s'attendre à des décisions faciles pour assurer la pérennité de nos régimes de retraites.

Nous les assumerons».

Quant au ministre du Travail, Xavier Darcos, il a précisé mardi lors d'un débat au Sénat qu'il n'y avait pas «d'autre solution que de travailler plus longtemps»pour assurer le financement des retraites.

Et le même Xavier Darcos s’apprête à réitérer le «coup de la pénibilité».

En effet, bien conscient que l’opinion est très sensible à ce que la pénibilité du travail soit enfin reconnue pour justifier un départ anticipé à la retraite, le gouvernement entend monnayer cette reconnaissance contre l’acceptation de sa réforme.

Cela, alors que les négociations sur le sujet sont restées dans l’impasse à cause du Medef, conforté dans son attitude par la non ingérence du gouvernement dans ces négociations.

Mais qu’en est-il au juste des intentions réelles du gouvernement ?

On peut se poser la question puisque dans le même temps, Roselyne Bachelot s’apprête précisément à supprimer la reconnaissance de la pénibilité pour les infirmières des hôpitaux publics en les alignant sur le régime général.

En échange de la reconnaissance de leur formation au niveau bac+3, qui va leur permettre de passer en catégorie A de la Fonction publique et d'améliorer (mais pas de façon spectaculaire) leur rémunération, les infirmières vont perdre le bénéfice de la possibilité de départ en retraite anticipée à 55 ans.

Pourtant, tout justifie le maintien de ce dispositif: travail de nuit, travail posté, port des patients, produits toxiques, pénurie organisée de personnels, charge émotionnelle (souffrance, mort), responsabilités…

«Un cinquième des infirmières et un tiers des aides soignantes partent en invalidité avant l’âge de 55 ans, rappellent la CGT et sa fédération de la Santé et de l’Action sociale dans un communiqué du 14 janvier.

Ce n’est que justice sociale de maintenir la reconnaissance de la pénibilité dans ce secteur, de l’élargir aux salariés de la santé privée ainsi qu’à tous les salariés qui travaillent dans les mêmes conditions et dont l’espérance de vie moyenne est amputée de plusieurs années».


Lettre au Ministre  du travail
sur la CRPN

Les conséquences de la
tempête financière sur les
fonds de pension privés




Elle s'enferme
pour refuser la retraite

AFP 07/12/2009 

Une salariée d'Air France en conflit avec sa direction s'est enfermée ce soir dans son bureau de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle parce qu'elle refuse de partir à la retraite, a-t-on appris auprès de l'employée et de la compagnie aérienne. Agée de 63 ans, Carole Avayou, agent d'escale embauchée par la compagnie en 1978, veut profiter de la nouvelle loi permettant de travailler jusqu'à 70 ans.

Mais un accord de branche autorise jusqu'en décembre 2009 Air France à mettre ses employés à la retraite s'ils ont au moins 60 ans et les annuités requises. "On me demande de fournir mon relevé de carrière pour vérifier si j'ai tous mes trimestres, mais je refuse de le faire. Ce sont des informations confidentielles", a expliqué l'intéressée à l'AFP. Et ce, malgré une décision de la cour de cassation qui l'oblige à le faire.

"La direction des ressources humaines et le directeur général essaient de renouer le dialogue avec elle mais elle refuse de répondre à nos courriers", explique-t-on chez Air France. Après plusieurs heures passées dans son bureau, Carole Avayou dit en avoir été délogée lundi vers 16H00, information qu'Air France n'a pas confirmée. La compagnie a en revanche précisé que son employée a subi un examen médical.

 

Un décryptage de la situation des systèmes de financement
Les conditions de départ en 2009 à Air France

Retraites complémentaires ARRCO/AGIRC Le Medef recule in extremis mais ne renonce pas

Retraites complémentaires :
toujours pas d'accord
Olivier Auguste
13/03/2009

Les syndicats ont rejeté en bloc, hier, l'idée du Medef de porter à 61 ans l'âge à partir duquel les cadres toucheront une retraite complémentaire sans décote.

Faute de changer leurs règles, l'Arrco (retraite complémentaire de tous les salariés du privé) et l'Agirc (cadres) courent à la «faillite» d'ici à quelques années, prévenait mercredi Jean-René Buisson, du Medef. D'où l'importance de la quatrième séance de négociation sur l'avenir de ces régimes, hier.

Le Medef propose aux syndicats d'augmenter d'un trimestre par an l'âge à partir duquel la pension Agirc-Arrco peut être liquidée sans décote, actuellement fixé à 60 ans. Mais, compte tenu de la crise, il accepte que cette mesure soit différée. Elle s'appliquerait à partir de 2011, pour aboutir à 61 ans en 2014. Et elle ne concernerait ni les salariés handicapés ni les « carrières longues », pour lesquels la barrière resterait à 60 ans. L'économie serait d'environ un milliard par an, à rapporter aux 4 milliards de déficits attendus vers 2015 (13 milliards vers 2030).

En échange, le patronat accepte de relever les cotisations. Il évoque 0,1 point supplémentaire pour la part patronale ; la CGC et FO se disant prêtes à un effort plus important des salariés, de 0,9 point par exemple. Le tout représenterait une ponction lourde mais rapporterait environ 6 milliards par an. Le Medef ne voulait initialement pas entendre parler de cette idée, qui fait encore grincer des dents en interne. Enfin, la baisse du rendement de l'Agirc et de l'Arrco serait stoppée à partir de 2011.

Risque d'inégalité

Les syndicats, attachés à la retraite à 60 ans, ont tous rejeté le « deal ». Pour la CFDT, les premières victimes seraient les salariés ayant commencé à travailler jeunes, qui arrivent à 60 ans avec « tous leurs trimestres ». La CFDT argue aussi que le régime de base finirait par s'aligner sur ces 61 ans, ce qui reviendrait à forcer la main aux politiques. Sans compter que cela créerait une nouvelle inégalité entre salariés du privé, d'une part, fonctionnaires et régimes spéciaux, d'autre part. Mais pour le Medef, se priver de cette solution revient à renoncer à toute responsabilité de gestionnaire de l'Agirc-Arrco.

Les positions sont si éloignées que la discussion a tourné court. «On tourne en rond», soupire la CGT. «Ce texte est ridicule», juge la CFTC. «Les syndicats n'ont pas d'autre solution à proposer que d'attaquer les réserves. Ils semblent pris dans un carcan politico-médiatico-syndicale», répond Jean-René Buisson - allusion à la grève de jeudi prochain. Deux nouvelles rencontres sont programmées, le 23 et le 31 mars soit l'extrême limite pour s'entendre. En cas d'échec complet, la conséquence la plus immédiate serait la disparition de l'AGFF. Cette structure finance les retraites complémentaires entre 60 et 65 ans et sa reconduction nécessite la signature d'un accord. Les salariés qui prendraient leur retraite avant 65 ans, à partir du 1er mai prochain, pourraient alors voir leur pension complémentaire amputée de 22% au maximum, selon les calculs de FO. Sauf à ce que l'État intervienne pour éviter ce choc.