Retraites Des solutions, il y en a !




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 Le 24 juin - Paris - Retraites

Retraite :

Le gouvernement sensible à la mobilisation







Près de 2 millions de manifestants ont participé jeudi à la mobilisation contre la réforme des retraites, selon la CFDT et la CGT, et 800.000 selon le ministère de l'Intérieur. Plusieurs personnalités au sein du gouvernement ont assuré être "à l'écoute" des inquiétudes. François Fillon s'exprime actuellement en conférence de presse sur la réforme.

 

Le gouvernement ne sous-estime pas la mobilisation du 24 juin contre son projet de refonte des régimes de retraite, a déclaré ce vendredi son porte-parole Luc Chatel sur RTL. "Nous avons eu hier une mobilisation réelle, elle est effectivement supérieure à ce qui s'était passé le 27 mai dernier" mais "c'est vrai qu'elle est plutôt en dessous de ce que nous avions connu il y a un an au moment des deux manifestations au plus fort de la crise économique", a-t-il commenté. "Le gouvernement prend en compte tout cela", a-t-il assuré.

Le calendrier "maintenu"

Toutefois, "le gouvernement maintient le calendrier", a affirmé Luc Chatel, précisant que s'ouvrait "une phase de débat, d'écoute". Le projet de loi sera présenté le 13 juillet en conseil des ministres, présenté à l'Assemblée nationale en septembre et au Sénat en octobre.

"Le rôle du gouvernement, maintenant, a-t-il poursuivi, c'est de répondre à un certain nombre de questions sur les carrières longues, les polypensionnés, la pénibilité. J'ai entendu hier des questions tout à fait légitimes" à ce sujet, "j'ai entendu aussi beaucoup de désinformation".

Le gouvernement doit être "plus que jamais à l'écoute" face aux "inquiétudes" qui se sont exprimées jeudi, mais il doit "essayer de garder le cap" d'une "réforme juste", a déclaré pour sa part le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez sur RTL.

Invitée de France Inter, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a assuré elle aussi que le gouvernement poursuivrait "le dialogue". "On n'est pas obtus", a-t-elle souligné.

"Provocation" d'Eric Woerth, les syndicats prennent date pour la rentrée

Les syndicats ont jugé hier provocatrices les propos du ministre du Travail, Eric Woerth. La mobilisation de jeudi "n'est pas un avertissement pour le gouvernement", a déclaré ce dernier. "C'est une mobilisation assez forte" mais "légèrement plus faible qu'en 2003", lors des manifestations contre la loi Fillon sur les retraites, avait-il ajouté.

Interrogé sur ces déclarations, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré sur France Info  vendredi : "Ce type de provocation nous met au défi. Eh bien, on fera mieux qu'en 2003 et on sera plus nombreux à la rentrée".

Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a espéré "l'unité" syndicale en septembre pour obtenir le retrait du projet gouvernemental. FO avait défilé seul le 15 juin, mais ses militants se sont joints localement aux défilés d'hier. A la question de savoir si la prochaine manifestation serait unitaire, Jean-Claude Mailly a répondu : "Je l'espère. Et nous, on y sera sur la base du retrait du texte, c'est évident".

Le Premier ministre François Fillon, jusque-là en retrait sur la réforme des retraites, s'exprimera ce vendredi, lors d'une conférence de presse, où il sera aussi question de la situation des finances publiques, a fait savoir Matignon.

 

Les chiffres de la mobilisation :

Pour cette journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FSU-Unsa-Solidaires a rassemblé "1,92 million" de personnes en France, a affirmé le numéro un de la CGT, Bernard Thibault. La CGT avait recensé 1 million de personnes lors de la mobilisation précédente, le 27 mai. Selon le ministère de l'Intérieur, 797.000 personnes ont manifestées ce jeudi dans l'ensemble du pays.

La CGT a également annoncé 130.000 manifestants à Paris, contre 90.000 lors de la dernière journée d'action le 27 mai. La police en a annoncé 47.000.

Fonction publique

8,71% des agents de la fonction publique d'Etat, 13% de ceux de la fonction publique territoriale, et 12,5% de la fonction publique hospitalière, étaient en grève jeudi à la mi-journée, selon un communiqué du ministère de la Fonction publique.

Ces taux sont supérieurs à ceux du 27 mai, où la mobilisation avait atteint à la mi-journée 11,6% de grévistes dans la fonction publique d'Etat, 7,5% dans la fonction publique territoriale, et 8,24% dans l'hospitalière.

La Poste

Quelque 19,86% de postiers étaient en grève le matin, a annoncé la direction dans un communiqué. Ils étaient 12,80% le 27 mai à la même heure et 11,45% le 23 mars. 

France Télécom

La direction de France Télécom a indiqué avoir recensé jeudi à la mi-journée quelque 29,29% de grévistes dans le groupe aux 100.000 salariés.  Lors de la précédente journée interprofessionnelle, le 27 mai, la direction avait compté 21,5% de grévistes au même stade de la journée.

Dans l'enseignement

Eviron un enseignant du primaire sur trois (31,9%) était en grève jeudi matin, selon le ministère de l'Education. La moyenne pondérée sur l'ensemble des enseignants s'établit à 19,96% de grévistes, dont 31,87% dans le premier degré et 10,27% dans le secondaire.

La grève a été très peu suivie dans les lycées, où se déroulent actuellement les épreuves du baccalauréat : 3,49% dans les établissement professionnels et 1,39% dans les lycées d'enseignement général et technologique, selon le ministère. Par ailleurs, les candidats au baccalauréat en retard jeudi pourraient être autorisés avec justification à repasser leurs oraux.

Les régimes spéciaux : Air France et SNCF

Les salariés des régimes spéciaux, qui ne seront pourtant concernés qu'à partir de 2017 par le relèvement des âges de la retraite, se sont également mobilisés.

La direction de la SNCF a comptabilisé jeudi matin 39,8% de grévistes et la CGT 46%, soit une mobilisation supérieure au 27 mai (respectivement 23,2% et 28%).

Pour la journée de jeudi, ont circulé comme annoncé à la SNCF 1 TGV sur 2 au départ ou à l'arrivée de Paris et à l'international, 1 TGV province-province sur 3, 1 train sur 2 des Transiliens aux heures de pointe, 1 TER sur 2, 1 Intercités et Téoz sur 4. Pour les trains Corail le trafic sera d'1 train sur 4, a indiqué jeudi matin un porte-parole de la SNCF.

Pour plus d'informations : www.sncf.com et sur www.infolignes.com pour tous les trafics. Pour les prévisions Transilien par gare, : www.abcdtrains.com. Deux numéros ont été mis en place: 0 805 90 36 35 pour les Grandes Lignes, TER, Téoz et Intercités; 0 805 70 08 05 pour le Transilien.

Du côté du trafic aérien, à Roissy, le panneau d'affichage indiquait en début de matinée sept vols annulés à l'arrivée et trois vols annulés au départ. L'ambiance est restée calme malgré des suppressions de trains et de RER entre l'aéroport et la capitale.

La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait demandé aux compagnies aériennes de réduire de 15% leurs vols au départ d'Orly et de Roissy entre 7 heures et 14 heures. Air France avait prévu d'assurer 100% des vols long-courrier au départ de ces aéroports et 83% des court et moyen-courriers.

Dans les transports parisiens

La RATP a indiqué avoir constaté à 6H30 un trafic assuré à hauteur de 3 métros sur 4, 3 sur 4 également pour le RER A, 1 sur 5 aux heures de pointe pour le RER B, tandis que le service des bus et tramways était légèrement perturbé.

L'interconnexion avec la SNCF devait être maintenue à Nanterre Préfecture pou le RER A, mais les RER B opérés par la RATP (entre Saint-Rémy-les-Chevreuse -Robinson et gare du Nord) avaient pour terminus Denfert-Rochereau. Il était donc prévu qu'aucun RER B ne circule entre Denfert-Rochereau et gare du Nord.

Pour en savoir plus, un numéro vert : 0 800 15 11 11.

Dans les transports urbains en province

Le service était très affecté ce matin à Lille, Bordeaux et Clermont-Ferrand.

Des préavis de grève avaient été déposés dans 69 réseaux de transports urbains, soit près de 50% de plus que lors de la précédente journée de mobilisation le 27 mai, a recensé mardi l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP).

 

De nombreuses réactions à gauche

Les personnalités de gauche ont été nombreuses à s'exprimer dans la journée. Le PS, venu en force, a appelé le gouvernement à retirer la réforme, jugeant le ministre du Travail Eric Woerth trop "affaibli" par l'affaire Bettencourt pour la mener à bien.

Martine Aubry, première secrétaire du PS : "Je suis très heureuse qu'il [le président de la République] reçoive Thierry Henry, mais aujourd'hui, il aurait mieux fait de recevoir les organisations syndicales et même l'opposition".  "Les Français disent clairement ce qu'ils pensent de cette réforme. Ils sont descendus massivement dans la rue et croyez-bien qu'aujourd'hui ce n'est pas facile de perdre une journée de salaire".

Laurent Fabius (PS) : "Le gouvernement sera obligé de réfléchir".

Ségolène Royal (PS) : "Une autre réforme des retraites est possible, il faut l'imposer au gouvernement", a estimé l'ex-candidate à la présidentielle, qui a réitéré son appel à un "référendum d'initiative populaire" - possible avec la signature des 3/5e des parlementaires et de 10% des électeurs inscrits - sur la réforme des retraites.

Marie-George Buffet, ex numéro un du PCF : "Il faut que le gouvernement entende, il faut que maintenant tout s'arrête et qu'il revoie sa copie". "Il faut continuer à se mobiliser tout l'été, et pourquoi pas le 14 juillet, une grande fête pour défendre les acquis sociaux et démocratiques."

Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche : "C'était le jour à ne pas manquer et on tient le bon bout".

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA : "C'est une belle journée de succès qui n'est qu'un apéritif avec, à la rentrée, de nouvelles grèves et des manifestations nécessaires avant la grève générale européenne du 29 septembre". Il faut "faire front commun pour le retrait de la loi et réclamer la démission de M. Woerth" car "comme dirait Mme Bettencourt de L'Oréal, il le vaut bien!".

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière : "Les jeux ne sont pas faits", il faut un "véritable bras de fer" avec le gouvernement car "c'est face à des mobilisations d'ampleur que le gouvernement reculera". "Ces dernières semaines, le gouvernement a fait assez fort en faisant parler de lui dans les pages people, entre les amateurs de cigares, ceux qui étaient prêts à mettre des milliers d'euros dans des jets privés, ceux qui considèrent que 15 ou 20.000 euros par mois, ça ne suffit pas. C'est ceux-là qui ont le culot de dire aux salariés qu'ils peuvent bien travailler deux ans de plus".

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts : "Il y a une vraie mobilisation parce qu'il y a un véritable sentiment d'injustice et de réforme qui ne sert à rien. Dire aux gens qu'il va falloir travailler plus longtemps tout en laissant les jeunes au chômage, c'est incompréhensible". "On a le sentiment que cette +réforme+ des retraite s qui veut se faire pendant l'été, pendant la Coupe du monde" intervient dans un contexte de "scandales à répétition" . "La tête de l'Etat ne se rend pas compte de la différence de traitement qui existe aujourd'hui entre les ministres et le reste de la population".



CONSULTER LE SITE ELABORE PAR L’UGICT CONCERNANT LES RETRAITES :

http://www.60ansatauxpleinjytiens.com/solutions.php





www.retraites-cgt.fr

Le site "Spécial Retraites" est en ligne

Retrouvez l'actualité du débat sur la réforme des retraites :


* "Idées fausses et vrais enjeux"
* "Les propositions de la CGT"
* "J'ai mon mot à dire"
* "Top Chrono Action"
* "Faites passer..."


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Jeudi 29 avril
Sur Antenne 2

Envoyé spécial

Retraité cherche emploi désespérément

Un reportage d’Alexandra Deniau et Bruno Girodon


Dans les paradis de retraités américains, il ne fait pas si bon vivre…

Les seniors américains n’ont plus les moyens de goûter aux plaisirs de leur retraite…

Les fonds de pensions ont perdu près de 2 000 milliards de dollars aux Etats-Unis et des millions d’américains découvrent avec effroi qu’ils vivront plus vieux que leurs économies.

A partir de 65 ans et au-delà, ils sont obligés de retrouver du travail, de repartir à zéro pour assurer leurs vieux jours…

Une expérience d’autant plus éprouvante que cette crise pousse certains d’entre eux jusque dans la rue.

Une pétition à signer
Conseil d'Orientation des Retraites
Perspectives actualisées à moyen et long terme
en vue du rendez-vous de 2010

 

Baromètre Réalités Cadres CSA/Ugict-CGT
84% des cadres inquiets pour les retraites

jeudi 11 mars 2010, par Frédéric Dayan

La dernière livraison du baromètre Réalités Cadres CSA/Ugict-CGT vient de livrer des évolutions intéressantes sur l’état d’esprit des cadres par rapport au travail, à l’entreprise, à leur rôle, leur place et leur rapport au syndicalisme.

Actualité sociale oblige, le baromètre 2010 consacre un chapitre à la "très forte inquiétude sur l’avenir des retraites" avec plus de 8 cadres sur 10 qui se disent inquiets (84 %).

Une inquiétude encore plus forte chez les jeunes diplômés (85 %) et les femmes + 5 points, (88 %.)

A noter que cette inquiétude ne provoque pas de repli des cadres vers les solutions proposées par le gouvernement et le patronat.

Ainsi, la préférence pour un système par répartition est plébiscitée par 70 % des cadres, (74 % des jeunes diplômés), contre seulement 57 % des Français.

Un chiffre d’autant plus intéressant que ces salariés sont justement la cible des produits assurantiels par capitalisation.

Quant aux solutions à mettre en oeuvre pour le financement des retraites, la taxation des revenus financiers est demandée par 73 % des cadres (76 % des jeunesdiplômés et femmes cadres), contre 50 % de l’ensemble des Français, tandis que l’introduction de la capitalisation ne fait toujours pas recette (24 %), dont jeunes diplômés (23 %.)

Enfin la proposition de l’allongement de la durée des cotisations reste minoritaire parmi les cadres, 55 % contre (et 60 % parmi les jeunes diplômés.)

Accèder à l'étude


À propos de "sauvegarde retraites"

SAUVEGARDE RETRAITES est une officine particulièrement malfaisante, qui sévit depuis plus d’une décennie maintenant et qui s’est fixé pour objectif de convaincre les retraités du secteur privé auxquels elle extorque par ailleurs les fonds de soutien à son action, qu’ils sont en permanence spoliés par l’État, assimilé pour les besoins de la cause en premier lieu aux fonctionnaires ! Tout lui est prétexte pour dénoncer les « privilèges » dont jouiraient ces derniers, « privilèges   » prétendument financés bien entendu par… les retraités du secteur privé ! Lire la suite

Retraites :

Les syndicats se mobilisent le 23 mars
 
Nicolas Sarkozy a laissé un peu de répit aux syndicats sur les retraites, en déclarant lundi lors du sommet social qu’un projet de loi sur ce sujet serait déposé au parlement "début septembre", mais cinq d’entre eux ont annoncé une journée d’action le 23 mars.

Cette journée portera sur l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics et les retraites.

Sur l’emploi, le chef de l’Etat n’a pas donné satisfaction aux syndicats qui réclament d’urgence une solution pour les chômeurs en fin de droits et privés de toute ressource, renvoyant à "une concertation" avec le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez.

[Les représentants des syndicats quittent l’Elysée après une réunion avec Nicolas Sarkozy, le 15 février 2010 - © 2010 AFP - Eric Feferberg]

Sur les retraites, Nicolas Sarkozy a affirmé à l’issue du sommet que, "compte-tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver le système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions".

"Au début du mois de septembre, le gouvernement prendra ses responsabilités et déposera un texte" au Parlement, a précisé le président, qui avait assuré en ouvrant la réunion qu’il n’était "pas question de passer en force".

La concertation, a-t-il dit, commencera "début avril" quand le Conseil d’orientation des retraites (COR) fera connaître ses projections financières sur l’équilibre des régimes.

Le chef de l’Etat n’a jusque-là pas dévoilé ses intentions, mais plusieurs ministres ont laissé entendre que le gouvernement privilégie deux pistes, le recul de l’âge légal de départ en retraite ou/et l’allongement de la durée d’activité.
Hostilité des syndicats

Fort de l’opposition d’une majorité de Français, la plupart des syndicats se sont déjà déclarés hostiles à ces deux pistes.

S’agissant des chômeurs en fin de droits, la concertation confiée à Laurent Wauquiez servira d’abord à "établir un diagnostic précis de la situation", a dit Nicolas Sarkozy, se prononçant pour "un financement commun" du soutien à leur apporter.

Le chef de l’Etat a aussi annoncé une réunion d’agenda social spécifique avec les syndicats de la fonction publique "dans les prochaines semaines".

Enfin, une réunion aura lieu "en avril" pour faire le point des mesures déjà engagées en faveur de l’emploi.

Les organisations syndicales se sont retrouvées dans la soirée, et cinq d’entre elles (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa) ont décidé d’une journée d’action pour le 23 mars. Il s’agit de "peser sur les rendez-vous" prévus avec le chef de l’Etat ces prochains mois, selon un communiqué commun. Bernadette Groison (FSU) a parlé d’"une situation sociale vraiment très dégradée".

Les représentants de la CFE-CGC et de la CFTC ont indiqué qu’ils n’avaient pas, à ce stade, reçu de mandat de leurs organisations pour prendre une décision.

FO n’a pas signé l’appel intersyndical, le jugeant "ambigu" et n’insistant pas assez sur les retraites. La décision de se joindre ou non au mouvement sera prise par la commission exécutive de la confédération, selon son représentant.

CGT et CFDT se sont félicitées d’avoir "desserré le calendrier " sur les retraites. "Les sondages n’y sont pas pour rien", selon Nadine Prigent (CGT)..

Mais CGT, FSU et Solidaires ont plus mis en avant le thème des retraites, dans la mobilisation de mars, que la CFDT et l’Unsa qui préfèrent insister sur l’emploi ou le pouvoir d’achat.

Pour leur part, les partis de gauche ont mis en garde Nicolas Sarkozy contre tout passage "en force" et contre "un simulacre de concertation".


Répartition : Coup de jeunes !

Retraites

Valider les années d’études et toutes les périodes d’inactivité forcée permettrait de rendre justice aux salariés d’aujourd’hui.

Cette mesure aurait un autre avantage : redonner confiance aux jeunes dans l’avenir du système de retraite.

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Dessin de Pessin

Un article de Martine Hassoun

publié dans Options de Janvier 2010

Les jeunes doutent de la pérennité du système actuel de retraite ?

Depuis près de vingt ans, les conditions de liquidation des droits ne cessent de se durcir et les taux de remplacement de diminuer ; ce dans un contexte où leur insertion sur le marché du travail se fait de plus en plus dure.

On estime aujourd’hui à vingt-sept ans l’âge moyen auquel ils peuvent espérer accéder à un premier emploi stable…

Quoi de plus normal, donc, qu’ils aient du mal à se projeter dans des régimes qui augmentent sans cesse le nombre de trimestres nécessaires pour pouvoir faire valoir ses droits à une retraite pleine et entière ?

Seule question qui vaille : de quelle manière leur redonner confiance ?

La pérennité du versement des pensions à des millions de retraités en dépend, bien sûr.

Mais aussi le système de protection sociale dans son ensemble sur lequel repose la société française.

Ce modèle a fait de la solidarité entre les générations son fondement.

En matière d’assurance vieillesse, d’assurance chômage ou maladie, une seule et même logique domine : la mutualisation des risques.

Qu’une génération se détourne de ce projet, et c’est tout l’édifice qui s’effondre.

Le patronat ne s’y trompe pas, lui qui tente aujourd’hui de convaincre les jeunes de miser sur les produits de retraite que propose le marché plutôt que sur les pensions versées par le système de retraite par répartition.

Jamais les employeurs n’ont caché leur aversion pour le système de protection sociale mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Un modèle qui leur impose de rémunérer bien plus que la force de travail proprement dite en couvrant une partie des risques auxquels peuvent être confrontés les salariés qu’ils emploient.

A la faveur de la crise économique et des évolutions démographiques, ils veulent croire que leur heure est venue.

Reconnaître la réalité dans laquelle évolue aujourd’hui le salariat

Regagner la confiance des jeunes dans le système de retraite par répartition est l’un des principaux enjeux des mois à venir.

Pour cela, l’obtention d’une réforme du mode de financement pour en finir avec la spirale régressive est une nécessité.

Mais une autre mesure s’impose : la validation dans le calcul des droits à retraite de toutes les années d’études effectuées et, avec elles, de toutes les périodes de stage, de recherche d’un premier emploi et d’inactivité forcée que les salariés, jeunes et moins jeunes, peuvent rencontrer au cours de leur carrière.

L’Ugict en défend l’idée depuis des années.

Il y a deux ans, la Cgt Jeunes, l’Unef, l’Unsa Jeunes, FO Jeunes, la Fsu, Solidaires, Génération-Précaire et la Fidl ont, dans une déclaration commune, repris cette revendication.

Si elle était acceptée, une telle disposition à laquelle FO vient de se rallier ne ferait que reconnaître la réalité dans laquelle évolue désormais le salariat.

Au lendemain de la guerre, les périodes d’inactivité forcée étaient rarissimes, et l’on entrait très jeune sur le marché du travail.

Moins de la moitié des plus de quatorze ans étaient alors scolarisés.

Aujourd’hui, six millions d’adultes en âge de travailler sont privés d’emploi ou vivent dans une situation de grande précarité.

Et, à trente ans, minoritaires sont les salariés qui peuvent faire valoir l’équivalent de quarante trimestres cotisés.

L’histoire du système de retraite par répartition a longtemps été celle de réformes qui, sans cesse, ont cherché à améliorer les régimes existants pour mieux répondre aux besoins sociaux qui se faisaient jour dans la société.

 « Ainsi, au tournant des années 1970, rappelle Sylvie Durand, responsable du secteur retraite de l’Ugict, la décision prise de créer la majoration de durée d’assurance, dispositif visant à compenser au moment de la retraite les inégalités de rémunération ou de carrière résultant, pour les femmes, de la maternité.

Ou encore, en 1988, la mise en place d’une garantie minimale de points par l’Agirc, une mesure destinée à assurer une cotisation minimale aux cadres affiliés dont le niveau de salaire ne dépasse pas le plafond de la Sécurité sociale. »

Le coût du nouvel objectif gouvernemental, celui de mener « 50 % d’une classe d’âge à la licence », ne peut reposer sur les jeunes.

Lorsque les employeurs ont voulu développer la formation de leurs salariés, ils ont accepté d’en prendre en charge tous les coûts, dont celui de la cotisation pendant les stages à tous les régimes de la Sécurité sociale.

Les périodes d’études, de stages et d’insertion ne doivent pas faire exception.

En Allemagne et en Finlande, les années d’études sont reconnues comme des périodes de travail.

En France, certaines écoles, comme Polytechnique ou l’Ecole normale supérieure, valident déjà les années d’études. C’est donc possible.


Retraite et pénibilité

le double langage du gouvernement

S’il n’est pas encore possible de dire quel sera le calendrier  du chantier des retraites en 2010, on peut déjà cependant prédire qu’il ne sera pas une partie de plaisir.

En effet, François Fillon a donné le ton et une première date:

«Le Conseil d’Orientation des Retraites nous présentera ses prévisions financières en avril.

Nous connaissons tous les instruments qui sont à notre disposition : l

es cotisations, la durée légale d'activité, l'âge de départ à la retraite, adéclaré le Premier ministre lors de ses voeux à la presse.

Au regard des évolutions de notre démographie, personne ne doit s'attendre à des décisions faciles pour assurer la pérennité de nos régimes de retraites.

Nous les assumerons».

Quant au ministre du Travail, Xavier Darcos, il a précisé mardi lors d'un débat au Sénat qu'il n'y avait pas «d'autre solution que de travailler plus longtemps»pour assurer le financement des retraites.

Et le même Xavier Darcos s’apprête à réitérer le «coup de la pénibilité».

En effet, bien conscient que l’opinion est très sensible à ce que la pénibilité du travail soit enfin reconnue pour justifier un départ anticipé à la retraite, le gouvernement entend monnayer cette reconnaissance contre l’acceptation de sa réforme.

Cela, alors que les négociations sur le sujet sont restées dans l’impasse à cause du Medef, conforté dans son attitude par la non ingérence du gouvernement dans ces négociations.

Mais qu’en est-il au juste des intentions réelles du gouvernement ?

On peut se poser la question puisque dans le même temps, Roselyne Bachelot s’apprête précisément à supprimer la reconnaissance de la pénibilité pour les infirmières des hôpitaux publics en les alignant sur le régime général.

En échange de la reconnaissance de leur formation au niveau bac+3, qui va leur permettre de passer en catégorie A de la Fonction publique et d'améliorer (mais pas de façon spectaculaire) leur rémunération, les infirmières vont perdre le bénéfice de la possibilité de départ en retraite anticipée à 55 ans.

Pourtant, tout justifie le maintien de ce dispositif: travail de nuit, travail posté, port des patients, produits toxiques, pénurie organisée de personnels, charge émotionnelle (souffrance, mort), responsabilités…

«Un cinquième des infirmières et un tiers des aides soignantes partent en invalidité avant l’âge de 55 ans, rappellent la CGT et sa fédération de la Santé et de l’Action sociale dans un communiqué du 14 janvier.

Ce n’est que justice sociale de maintenir la reconnaissance de la pénibilité dans ce secteur, de l’élargir aux salariés de la santé privée ainsi qu’à tous les salariés qui travaillent dans les mêmes conditions et dont l’espérance de vie moyenne est amputée de plusieurs années».


Lettre au Ministre  du travail
sur la CRPN

Elle s'enferme
pour refuser la retraite

AFP 07/12/2009 

Une salariée d'Air France en conflit avec sa direction s'est enfermée ce soir dans son bureau de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle parce qu'elle refuse de partir à la retraite, a-t-on appris auprès de l'employée et de la compagnie aérienne. Agée de 63 ans, Carole Avayou, agent d'escale embauchée par la compagnie en 1978, veut profiter de la nouvelle loi permettant de travailler jusqu'à 70 ans.

Mais un accord de branche autorise jusqu'en décembre 2009 Air France à mettre ses employés à la retraite s'ils ont au moins 60 ans et les annuités requises. "On me demande de fournir mon relevé de carrière pour vérifier si j'ai tous mes trimestres, mais je refuse de le faire. Ce sont des informations confidentielles", a expliqué l'intéressée à l'AFP. Et ce, malgré une décision de la cour de cassation qui l'oblige à le faire.

"La direction des ressources humaines et le directeur général essaient de renouer le dialogue avec elle mais elle refuse de répondre à nos courriers", explique-t-on chez Air France. Après plusieurs heures passées dans son bureau, Carole Avayou dit en avoir été délogée lundi vers 16H00, information qu'Air France n'a pas confirmée. La compagnie a en revanche précisé que son employée a subi un examen médical.

perspectives actualisées à moyen et long terme en vue du rendez-vous de 2010

 

Un décryptage de la situation des systèmes de financement
Les conditions de départ en 2009 à Air France

Retraites complémentaires ARRCO/AGIRC Le Medef recule in extremis mais ne renonce pas

Retraites complémentaires :
toujours pas d'accord
Olivier Auguste
13/03/2009

Les syndicats ont rejeté en bloc, hier, l'idée du Medef de porter à 61 ans l'âge à partir duquel les cadres toucheront une retraite complémentaire sans décote.

Faute de changer leurs règles, l'Arrco (retraite complémentaire de tous les salariés du privé) et l'Agirc (cadres) courent à la «faillite» d'ici à quelques années, prévenait mercredi Jean-René Buisson, du Medef. D'où l'importance de la quatrième séance de négociation sur l'avenir de ces régimes, hier.

Le Medef propose aux syndicats d'augmenter d'un trimestre par an l'âge à partir duquel la pension Agirc-Arrco peut être liquidée sans décote, actuellement fixé à 60 ans. Mais, compte tenu de la crise, il accepte que cette mesure soit différée. Elle s'appliquerait à partir de 2011, pour aboutir à 61 ans en 2014. Et elle ne concernerait ni les salariés handicapés ni les « carrières longues », pour lesquels la barrière resterait à 60 ans. L'économie serait d'environ un milliard par an, à rapporter aux 4 milliards de déficits attendus vers 2015 (13 milliards vers 2030).

En échange, le patronat accepte de relever les cotisations. Il évoque 0,1 point supplémentaire pour la part patronale ; la CGC et FO se disant prêtes à un effort plus important des salariés, de 0,9 point par exemple. Le tout représenterait une ponction lourde mais rapporterait environ 6 milliards par an. Le Medef ne voulait initialement pas entendre parler de cette idée, qui fait encore grincer des dents en interne. Enfin, la baisse du rendement de l'Agirc et de l'Arrco serait stoppée à partir de 2011.

Risque d'inégalité

Les syndicats, attachés à la retraite à 60 ans, ont tous rejeté le « deal ». Pour la CFDT, les premières victimes seraient les salariés ayant commencé à travailler jeunes, qui arrivent à 60 ans avec « tous leurs trimestres ». La CFDT argue aussi que le régime de base finirait par s'aligner sur ces 61 ans, ce qui reviendrait à forcer la main aux politiques. Sans compter que cela créerait une nouvelle inégalité entre salariés du privé, d'une part, fonctionnaires et régimes spéciaux, d'autre part. Mais pour le Medef, se priver de cette solution revient à renoncer à toute responsabilité de gestionnaire de l'Agirc-Arrco.

Les positions sont si éloignées que la discussion a tourné court. «On tourne en rond», soupire la CGT. «Ce texte est ridicule», juge la CFTC. «Les syndicats n'ont pas d'autre solution à proposer que d'attaquer les réserves. Ils semblent pris dans un carcan politico-médiatico-syndicale», répond Jean-René Buisson - allusion à la grève de jeudi prochain. Deux nouvelles rencontres sont programmées, le 23 et le 31 mars soit l'extrême limite pour s'entendre. En cas d'échec complet, la conséquence la plus immédiate serait la disparition de l'AGFF. Cette structure finance les retraites complémentaires entre 60 et 65 ans et sa reconduction nécessite la signature d'un accord. Les salariés qui prendraient leur retraite avant 65 ans, à partir du 1er mai prochain, pourraient alors voir leur pension complémentaire amputée de 22% au maximum, selon les calculs de FO. Sauf à ce que l'État intervienne pour éviter ce choc.