Roissy Fret

22 février 2010

EXPRESSION COMMUNE

FO    CGT – UGICT-CGT – CFDT – CFTC

Suite à l'assemblée générale de ce matin, les syndicats se sont réunis ce jour pour élaborer une plateforme de revendications suite aux mécontentements des personnels.

La direction nous a reçu à 14H00, nous lui avons présenté nos revendications :

·        Le retrait total de la M.O.E

·        Modalité des renforts inter services

·        Mobilité interne avec reconnaissance voir réduction des plages avec l’élaboration de nouveaux relevés de décision.

·        Reconnaissance de l’effort fourni par l’ensemble du personnel (avancement pour tous).

·        Respect mutuel entre toutes les catégories de personnel.

·        Un calendrier pour étudier toutes ces propositions.

Devant l’urgence, nous avons exigé que la 1ère réunion se tienne la semaine prochaine, nous avons obtenu qu’elle se fasse le :

                     mercredi  24 février à 09H30

Bien évidemment nous vous tiendrons informé de l’évolution des discussions.

Revue de presse sur le transport de marchandises

du 22 février 2010

Au Sommaire :

·         TNT bat le consensus et privilégie la maîtrise des coûts

·         Création d'une société commune avec China Southern à l'hiver prochain

·         Ententes dans le fret aérien : la Commission européenne épingle plusieurs opérateurs

·         Hausse du trafic cargo d'Air France-KLM

·         Lufthansa Cargo réduit ses effectifs

·         Lufthansa Cargo veut réduire ses effectifs de 10% cette année

·         Le London Metal Exchange veut créer une Bourse des contrats de fret maritime

·         Transport ferroviaire : Une alliance pour une meilleure compétitivité du fret

·         Logistique : UPS étend son réseau en Chine

·         Vatry / Le trafic passagers : « une piste à travailler »

·         Bolloré handicapé par la chute du fret et des cours du pétrole

·         Frédéric Bérard : ''les cadres se retrouvent entre le marteau et l’enclume''

·         AeroLogic (DHL+Lufthansa) lance deux nouvelles liaisons

·         Conteneurs : Le projet du grand terminal de Montoir lancé

·         La Deutsche Bahn s'offre le leader privé du fret ferroviaire italien

·         L'UE envoie des lettres de griefs dans une affaire de cartel présumé dans le fret

·         Europe Airpost veut développer les vols cargos à la demande

·         Forte hausse du fret aérien en décembre - IATA

·         Lufthansa cargo croit en la reprise du fret

·         Chiffres du trafic de Fraport - Janvier 2010: Fraport débute 2010 avec des résultats de trafic positifs

·         Le dernier Boeing 747 en piste

·         Pour les trafics de conteneurs, la convalescence sera longue

·         Belgique : Giraud International se déleste de Gillemot

·         DHL France : le plan de Caravelle se précise

·         Stef-TFE : la fin 2009 meilleure que prévue

·         Enquête de la Commission européenne sur l'aide attribuée à Hapag-Lloyd

 

TNT bat le consensus et privilégie la maîtrise des coûts

Le groupe néerlandais de messagerie et de logistique TNT a publié lundi un bénéfice d'exploitation trimestriel en repli mais supérieur aux attentes, grâce aux bons résultats de ses activités "express". A la Bourse d'Amsterdam, l'action TNT cédait cependant 1% en début de séance alors que l'indice AEX .AEX gagnait 0,35%. Comme son concurrent Deutsche Post, TNT a été affecté depuis le début de la crise par le ralentissement de la demande alors que la libéralisation du marché du courrier l'obligeait à engager la restructuration d'une partie de ces activités. Il a annoncé récemment une accélération de ses mesures de restructuration.

Lundi, le groupe a déclaré que la maîtrise des coûts et de la trésorerie restait prioritaire en expliquant qu'il restait prudent sur la reprise économique. Sa division "express" a enregistré de meilleurs résultats en 2009 qu'en 2008 alors que ceux de la division courrier se détérioraient. Le quatrième trimestre de l'an dernier s'est soldé par un bénéfice avant impôt et charges financières (Ebit) de 128 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 2,98 milliards.

Les analystes financiers interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un Ebit de 113 millions pour un chiffre d'affaires de 2,86 milliards. Au début du mois, TNT avait déclaré que, pour la première fois en 2009, la marge d'exploitation des activités express avait progressé en rythme annuel et il avait ajouté que cette tendance s'était confirmée au cours des deux premières semaines de 2010.

Le groupe avait auparavant conclu un accord avec les représentants de ses salariés, censé être ratifié d'ici mars, qui devrait aboutir à plusieurs milliers de suppressions de postes dans les activités de courrier, en échange d'une hausse limitée des salaires au cours des deux prochaines années. Le directeur général de TNT, Peter Bakker, a déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision CNBC que le nombre des postes supprimés dans la division courrier devrait se situer entre 6.500 et 11.000.

 

Création d'une société commune avec China Southern à l'hiver prochain

Coentreprise. A partir du prochain programme d'hiver, fin octobre, Air France et China Southern exploiteront conjointement leurs vols entre Paris et Canton. Les compagnies française et chinoise vont en effet mettre en place une « coentreprise » sur le modèle de celle déjà mise en oeuvre sur l'Atlantique Nord entre Air France-KLM et Delta et sur les liaisons France-Italie avec Alitalia. « Nous sommes parvenus à un accord sur le schéma de définition d'un joint-venture avec China Southern », a indiqué Pierre-Henri Gourgeon. Les deux compagnies se partageront à 50-50 les recettes additionnelles générées à partir de l'accord, ce qui leur permettra d'harmoniser leur offre sans craindre de se concurrencer. A plus long terme, le projet d'une filiale commune dans le fret, mise entre parenthèses par la crise, pourrait également revoir le jour.

 

Ententes dans le fret aérien : la Commission européenne épingle plusieurs opérateurs

Après les compagnies aériennes, l'enquête sur les ententes dans le fret aérien se poursuit chez les groupes de commissions de transport. DHL Global Forwarding, Kuehne + Nagel et Panalpina ont confirmé avoir reçu des lettres de griefs. La Commission européenne a indiqué le 10 février qu’elle avait "envoyé une communication de griefs à certaines entreprises concernant leur participation présumée à des ententes sur la fixation des prix dans le domaine du transit aérien, en violation des règles de l’UE sur l’interdiction des ententes et des pratiques commerciales restrictives". La Commission enquête plus précisément sur "des allégations selon lesquelles ces entreprises fixaient des prix en se concertant sur l’imposition, le taux, le calendrier d’introduction et la mise en œuvre de différentes surtaxes."

Quatre infractions distinctes

Les investigations portent sur "quatre infractions distinctes impliquant la prestation de service de transit fournie sur des routes partant du Royaume-Uni vers des pays tiers, de l’Espace économique européen (EEE) vers les États-Unis, de Chine vers l’EEE et de Chine du Sud/Hong Kong vers l’EEE. Pour l’instant, trois opérateurs, DHL Global Forwarding, Kuehne + Nagel et Panalpina, ont effectivement confirmé avoir reçu cette communication, qui fait suite à des investigations démarrées en octobre 2007. Des perquisitions avaient alors eu lieu dans plusieurs pays chez Kuehne + Nagel, Panalpina, Schenker, EGL devenu depuis CEVA, Expeditors et UTI, dans le cadre d’une enquête également menée par le département américain de la Justice et la Commission de la concurrence suisse.

DHL Global Forwarding choisit de coopérer

Les opérateurs peuvent maintenant répondre aux remarques de la Commission européenne pour exposer les faits susceptibles d’écarter les griefs formulés contre eux. DHL Global Forwarding signale pour sa part coopérer avec la Commission européenne suite à une enquête interne qui avait révélé d'éventuels manquements aux règles de la concurrence. En échange, le groupe a obtenu une immunité contre d’éventuelles poursuites et amendes, "conditionnée à la poursuite de la coopération", précise un communiqué de DHL Global Forwarding.

 

Hausse du trafic cargo d'Air France-KLM

Dans un communiqué, la compagnie aérienne franco-néerlandaise souligne que l'activité cargo a bénéficié d'une amélioration de la conjoncture avec une légère augmentation des tonnes transportées (+0,6%) et un trafic en hausse de 2% pour des capacités en diminution de 11,4%. Le coefficient de remplissage gagne 8,5 points à 64,3%.

 

Lufthansa Cargo réduit ses effectifs

Le chômage partiel est  prolongé et des postes vont être supprimés. C’est ce qu’a annoncé Lufthansa Cargo le 16 février dans un communiqué et dans un article du journal interne de la compagnie allemande, Lufthanseat. Lufthansa Cargo a en effet décidé de réduire de 10% ses effectifs, ce qui représente la suppression de 450 postes dans le monde. La base de Francfort devrait être la principale concernée. Peter Gerber, directeur des finances et du personnel, a indiqué que les départs n’impliqueraient pas de licenciements secs et se feraient sur la base du volontariat (préretraites, temps partiel ou congés prolongés). Parallèlement, la compagnie cargo a prolongé d’un an le chômage partiel de ses 2 600 salariés allemands mais l’a réduit de 25 à 20% du temps de travail. Cette mesure entrera en vigueur le 28 février. Peter Gerber a déclaré que les derniers résultats de trafic étaient plutôt positifs mais continuent de témoigner de la baisse importante du volume cargo par rapport à la période précédant la crise. Il estime qu’il faudra encore du temps avant de retrouver les niveaux de demande de 2007 et 2008 et que l’industrie du fret aérien a perdu quatre ans de croissance.

 

Lufthansa Cargo veut réduire ses effectifs de 10% cette année

La branche fret de la première compagnie aérienne allemande Lufthansa prévoit de réduire de 10% ses effectifs cette année, selon un article publié dans le magazine interne du groupe et diffusé mardi. "Nous prévoyons une réduction du personnel de 10% cette année", a déclaré Peter Gerber, directeur des Finances et du personnel de Lufthansa Cargo, à l'hebdomadaire interne des salariés Lufthanseat. Cela représente 450 suppressions de postes, comme Lufthansa Cargo emploie environ 4500 personnes dans le monde, a précisé un porte-parole de la division interrogé par l'AFP. Peter Gerber a en revanche exclu tout licenciement sec. Les départs se feront sur une base volontaire, avec des pré-retraites, des temps partiels ou des congés prolongés. Même si "une tendance à la reprise" se dessine dans le fret aérien, "la crise n'est pas encore finie", a rappelé M. Gerber. Lufthansa Cargo a été durement touché par la crise économique l'an dernier. La semaine dernière la division a prolongé d'un an le recours au chômage partiel pour l'ensemble de ses 2.600 salariés en Allemagne.

 

Le London Metal Exchange veut créer une Bourse des contrats de fret maritime

La principale place de cotation des métaux de base est résolue à créer une Bourse commune des contrats de fret maritime avec The Baltic Exchange. Par ailleurs, le LME lance ce lundi deux nouveaux contrats sur le cobalt et le molybdène.

Le London Metal Exchange (LME) est une Bourse de commerce incontournable dans son domaine. Sa domination dans l'univers des métaux n'est pas prête de s'achever, cent trente-trois ans après sa création. Objet récurrent de critiques pour la transparence perfectible des échanges et pour l'organisation en cercles concentriques de ses membres, le LME n'a pas moins su imposer les prix des produits qu'il cote comme la seule référence réellement globale. Cette condition presque unique dans l'univers des entreprises de marché régulées l'a préservé de la concurrence farouche à laquelle sont soumis la plupart de ses homologues spécialisées dans les actions ou les dérivés.

S'il peut donc envisager son futur avec une certaine sérénité, le LME ne se prive pas de tenter des percées hors de son périmètre traditionnel des non-ferreux. C'est ainsi que la place londonienne s'est lancée ces dernières années dans la cotation des plastiques, avec un succès mitigé, ou dans l'acier, plus prometteur. C'est ainsi aussi que le LME démarre ce lundi la cotation de deux métaux mineurs, le cobalt et le molybdène. Et c'est avec cette même volonté d'expansion de son offre que le marché d'outre-Manche a tendu formellement la main vendredi à The Baltic Exchange, le leader des dérivés du fret maritime, afin d'unir leurs forces dans la cotation des contrats dédiés au transport de matières premières par voie de mer.

La rationalité de ces deux nouvelles initiatives ne fait pas de doute. Le cobalt et le molybdène sont des coproduits respectifs du nickel et du cuivre, métaux de base déjà cotés par le LME. Ces métaux offrent d'autres attraits. Le cobalt est largement utilisé dans les batteries et les superalliages, deux catégories de produits dont la demande est appelée à se développer à un rythme soutenu dans les années qui viennent. « En termes réels, le prix du cobalt s'est inscrit dans un déclin de longue haleine… en sous-performance pérenne », commentent les économistes chez Macquarie Bank. Avec son introduction en Bourse, « son prix deviendra plus sensible aux développements du marché », jugent-ils. Une injection de volatilité que les opérateurs devraient apprécier.

Quant au molybdène, l'influence prépondérante que le marché de l'acier et de ses dérivés a sur sa demande (80 % environ du total) en fait un bon complément pour les jeunes contrats sur l'acier du LME.

Chantier prometteur

Mais le chantier le plus prometteur est certainement celui de la coentreprise proposée à The Baltic Exchange. Chantier dont les fondations avaient été posées par des premiers entretiens informels en novembre 2008. L'offre formalisée vendredi par un courrier de Donald Brydon, le président du LME, à Mark Jackson, son homologue de The Baltic Exchange, porte sur la création d'une Bourse conjointe de contrats de fret maritime dont le LME détiendrait 75 % des actions plus une. Mais le marché des métaux se dit prêt à fonder cette place régulée sur une base capitalistique presque paritaire, avec sa participation à 50 % plus une action en fonction de la disponibilité de son partenaire à injecter du cash dans l'entreprise nouvelle.

Aujourd'hui, The Baltic Exchange est la Bourse de référence pour la négociation de gré à gré et uniquement par téléphone de ces contrats. L'objectif industriel du LME est de doter ce marché d'une plate-forme électronique régulée pour accroître les volumes traités. La décision de rendre publique l'offre tranche avec la traditionnelle discrétion du London Metal Exchange. Certains observateurs voient derrière le ton amical de la lettre la volonté de la Bourse des métaux d'accélérer la clarification avec The Baltic Exchange. Ce dernier s'est cantonné à accuser la réception du courrier, en précisant qu'après une analyse détaillée de la proposition, « la réponse sera donnée directement » à l'expéditeur.

 

Transport ferroviaire : Une alliance pour une meilleure compétitivité du fret

Le 18 février à Zürich, sept grandes entreprises européennes de fret ferroviaire ont conclu officiellement l’Alliance Xrail en vue de rendre plus performantes et plus attractives pour le client les offres de transport international par wagons isolés. Les partenaires de l’Alliance entendent accroître sensiblement la compétitivité du transport ferroviaire du fret et contribuer ainsi à réduire la pression sur le réseau routier et l’environnement.  Le transport par wagons isolés représente environ 50% du fret ferroviaire européen et, selon des études réalisées, présente un potentiel de croissance important au niveau international. En tant que mode de transport non négligeable, il doit gagner en attractivité et en efficacité. Xrail s’inscrit pleinement dans cette ambition en regroupant sept sociétés de fret ferroviaire : CD Cargo (Tchéquie), CFL Cargo(Luxembourg), DB Schenker Rail (Allemagne, Pays-Bas, Danemark), Green Cargo(Suède, Norvège), Rail Cargo Austria (Autriche, Hongrie), CFF Cargo (Suisse) et SNCB Logistics (Belgique).

 

Logistique : UPS étend son réseau en Chine

Le géant américain de la messagerie et des services logistiques va ouvrir 101 nouveaux sites de stockages locaux en Chine. Il s’agirait de bâtiments dits de "cross-dock" dédiés à une rotation rapide des colis.

UPS se dote ainsi d’un dispositif total de 110 bâtiments pour desservir 89 grandes agglomérations chinoises. L’objet de cet investissement important concerne la logistique des pièces détachées. Avec la forte croissance de la production industrielle de ce pays, il y a une montée en flèche de la demande d’approvisionnement venant des entreprises de hautes technologies et de l’électronique. Notamment le secteur des télécommunications en plein boum. Ces clients chinois souhaitent une livraison de pièces de rechange, le jour même ou le jour ouvrable suivant.

C’est sur cette logistique fine, qu’UPS se trouve sollicité. Pour répondre à l’urgence et à l’ampleur de cette demande nouvelle, le groupe américain a mis en place un système de commande en ligne (portail web), baptisé « Order Management System ». Ce dispositif va permettre aux entreprises chinoises d’identifier et d’évaluer très vite le stock de pièces indispensables, de déterminer les stratégies d’acheminement et suivre la marchandise, de l’entrepôt au client final.

 

Vatry / Le trafic passagers : « une piste à travailler »

Gilles Darriau, 53 ans, est le nouveau directeur général de la SEVE, la société d'exploitation d'Aéroport Paris Vatry.

Quel parcours vous a conduit jusqu'à Vatry ? « J'étais, depuis 2002, le directeur général de Keolis aéroports, avec la supervision de plusieurs aéroports, et de trois plateformes. Auparavant j'étais chargé de l'aviation d'affaires pour le conseil général du Loiret, puis directeur de l'aéroport d'Angers que j'ai ouvert. J'avais débuté ma carrière dans la grande distribution, comme chef de rayon. Etant passionné d'aéronautique, j'ai bifurqué ».

Vous connaissiez déjà l'aéroport de Vatry ?

« Très bien, puisque Keolis était actionnaire de la SEVE jusqu'en 2005. J'avais un poste d'administrateur. C'est un équipement techniquement très performant. Mais qui souffre d'un problème d'activité économique, et de la capacité à convaincre les opérateurs aériens de quitter le microcosme parisien. Sa situation routière présente beaucoup d'avantages en terme de desserte. Il n'y a pas d'embranchement ferroviaire, mais l'emprise existe. Beaucoup de fret avionné reste transporté par camion ».

Quel est votre plan de vol ? « Mon objectif est de rétablir l'équilibre économique, qui a souffert des années 2008-2009. On va adapter les équipements et les équipes en fonction d'une charge de travail beaucoup plus faible qu'avant. Vatry est passé de 40 000 tonnes de fret environ en 2008, à 23 000 tonnes en 2009, et une perspective comprise entre 8 000 et 10 000 tonnes pour cette année ».

« Adapter les équipes à la charge de travail »

Y aura-t-il des suppressions d'emplois ?

« Tout sera fonction des réductions d'activité. J'en parlerai déjà avec mes collaborateurs qui représentent un effectif de 80 personnes. Nous allons déjà faire valider le schéma d'organisation ».

A quand un redécollage de l'activité ?

« Je vois les choses s'éclaircir à l'horizon 2011. Le fret aérien qui est très sensible aux volumes d'activité économique, concerne surtout des marchandises à forte valeur ajoutée. La reprise ne sera pas immédiate et aussi rapide dans ce secteur ».

Comment faire patienter ceux qui se lassent de remettre au pot ?

« Il y a un moment où cela ne sera plus supportable. A court terme, il faut se préparer à la reprise, avec une gestion très fine. En ne s'arrêtant pas sur la seule cible fret. Etre mono-produit conduit à une vulnérabilité très forte. Il y a d'autres niches d'activités comme l'entraînement, qui redémarre avec les compagnies obligées de maintenir le niveau de qualification de leurs équipages. Je pense aussi à d'autres produits plus modestes comme le stationnement d'avions. Vatry a un parking conséquent. Des compagnies cherchent à parquer des avions qui n'ont pas une exploitation optimale. On peut aussi faire du charter-fret, c'est-à-dire des vols à la demande.

Et la piste du low-cost passagers ?

« C'est une piste qu'il faut travailler. Le projet d'association Paris-Vatry Project est bien mené. Même si l'on est sur quelques liaisons par semaine. Si une compagnie est convaincue que ça fonctionne, je pense que nous avons les infrastructures adéquates pour la servir. Et nous avons une carte à jouer pour la desserte de l'ensemble de l'Ile-de-France. Quant à l'éloignement de Vatry, regardez Beauvais qui est assez excentré, sans liaison ferrée, et avec une desserte routière pas si simple ».

 

Bolloré handicapé par la chute du fret et des cours du pétrole

Sur l’exercice 2009, le groupe français diversifié voit son chiffre d’affaires chuter de 16,7 % à 6,01 milliards d’euros, malgré un redressement au quatrième trimestre (+ 16,3 % par rapport au trimestre précédent, - 8,8 % sur un an). En cause, la contraction des volumes transportés et le recul des prix des produits pétroliers distribués.

Les ventes de Bolloré dans le transport et la logistique (qui représentent deux tiers du chiffre d’affaires total) se replient de 10,5 % à données constantes, à 4,03 milliards d’euros, sous l’impact de la baisse du commerce mondial et du taux de fret. Seule l’Afrique affiche une croissance, tirée par le dynamisme économique du continent (en particulier en Afrique centrale) et le niveau d’investissements réalisés dans la manutention portuaire et la logistique des projets miniers et pétroliers.

A 1,68 milliard d’euros, la distribution d’énergie (moins d’un quart du CA total) chute plus lourdement, de - 29,7 %, à cause de la forte dégringolade des prix du pétrole par rapport au record de l’été 2008. La tendance s’est inversée au quatrième trimestre avec la remontée des cours.

La division Industrie (véhicules, minibus et batteries électriques, supercapacités, films plastiques, terminaux et systèmes spécialisés) subit un retrait de 18,6 %, à 178 M€, et reste pénalisée par le dollar faible. Quant au pôle Autres activités, qui regroupe les médias, les télécoms, les plantations et les holdings, il progresse de 14,6 % à 115 M€, grâce à un bond de 90 % des recettes publicitaires de Direct 8 et des quotidiens gratuits. Et ce, malgré un recul des ventes dans les plantations, lié à la baisse des cours des matières agricoles.

Point de vue rentabilité, le groupe Bolloré estime que le recul du chiffre d’affaires 2009 n’a pas eu « d’incidence négative » sur le résultat opérationnel, en raison de sa position d’intermédiaire sur les activités en repli. Et rappelle qu’au premier semestre 2009, les ventes avaient perdu 16 %, pour un résultat en hausse de 20 %

 

Frédéric Bérard : ''les cadres se retrouvent entre le marteau et l’enclume''

Frédéric Bérard préside depuis deux ans le SNATT CFE-CGC qui défend les cadres du transport et de la logistique. Le syndicat, qui refuse de donner le nombre de ses adhérents, veut se faire entendre. Au point de noircir le tableau ? Interview.

La population des cadres dans le secteur transport-logistique s'étoffe-t-elle ?

Frédéric Bérard : Elle est stable avec 20% à 25% d’effectifs cadres et agents de maîtrise dans la logistique et 10% à 15 % dans le TRM. Encore que dans beaucoup de PME, le taux d’encadrement a tendance à baisser au profit de la main-d’œuvre ouvrière. Pour des raisons de coûts, des instructions sont données d’en haut pour respecter un certain quota par site. Des coupes franches sont opérées chez les prestataires logistiques, qui sont souvent passés de deux à trois directeurs de site à un. En augmentant le périmètre de compétences de ce dernier. La crise a surtout touché les services commerciaux. La plupart du temps, le directeur de site assume lui-même cette fonction, un service centralisé se réservant les grands comptes. Bien des sociétés ont recentré leurs troupes sur les opérationnels par le jeu de départs négociés.

Vous assurez que la situation de l’encadrement se dégrade. Sur quels éléments vous appuyez-vous ?

L’intérêt de passer cadre se résume souvent au titre dans la mesure où cette "promotion" ne s’accompagne d’aucun changement de salaire. Si l’on considère les avantages apportés par ce statut, c’est à pleurer. Un exemple : dans les grandes entreprises où existe un 13ème mois, le cadre dit "autonome" le perd au profit d’une prime sur objectifs. Lesquels objectifs s’avèrent en général inatteignables. D’autant que, d’individuelles, ces primes ont tendance à devenir collectives. Outre les résultats de l’agence, sont pris en compte ceux de la région, voire du pays. Des éléments sur lesquels le cadre n’a pas prise. Ses primes d’ancienneté, de productivité et de qualité sautent aussi. Les NAO excluent souvent cette catégorie au profit d’augmentations individuelles. Avec tout l’arbitraire qu’induit cette pratique. Comme le cadre ne pointe plus, il peut dire adieu au paiement de ses heures supplémentaires. Soumis au forfait jour, il devient corvéable à merci car il est mal vu de prendre des RTT.
Si l’on rapporte leur rémunération à leur temps de travail, les cadres sont des smicards. Des agents de haute maîtrise placés sous leurs ordres gagnent parfois davantage qu’eux.

Être cadre n’est-ce pas participer au pilotage de l’entreprise ?

Les cadres ne disposent quasiment d’aucune information sur la stratégie de leur entreprise. Ils deviennent les exécutants de directives qui viennent d’en haut et sans explications. On assiste à un décalage complet entre le siège et les diverses couches d’encadrement. Les cadres d’exploitation sont soumis à des ordres parfois contraires à la législation, en matière de durée du travail et de sécurité, ou à leur éthique professionnelle. Le problème est aggravé par le fait qu’ils ont beaucoup de difficultés à obtenir des formations en droit social. "Ai-je le droit d’imposer des heures en plus ou en moins à ce salarié ?". "Puis-je lui donner des heures supplémentaires ?" Le cadre, livré à lui-même, se retrouve entre le marteau et l’enclume. D’où un stress au travail qui conduit à une hécatombe dans certaines entreprises.

À quoi peut prétendre un cadre en matière d’évolution de carrière ?

L’encadrement, en règle générale, ne bénéficie d’aucune gestion de carrière. La GPEC n’est pas pour eux. Car, avec des contrats plus courts, les entreprises logistiques naviguent à vue. Et ne parlons même pas du TRM ! Et il en ira ainsi tant que le client fera la loi, que les petits transporteurs ne seront pas capables de se faire respecter par la grande distribution et que les chefs d’entreprises passeront autant de temps à se bagarrer entre eux sur les tarifs. C’est pour éviter qu’ils ne rognent sur le social que nous demandons l’instauration d’un tarif de sous-traitance obligatoire.

Au sein de l’intersyndicale des salariés, le SNATT CFE-CGC a appelé à des mouvements en fin d’année. Votre syndicat se radicalise-t-il ?

Nous répondons à une radicalisation souhaitée par les salariés. Vous allez au combat avec un pitbull, pas avec un caniche. Nous avons durci le ton, car nous ne sommes pas entendus. Nous avions privilégié le dialogue. On s’est moqué de nous. Les employeurs ne comprennent que la menace de grève ou la peur des tribunaux. Les directeurs d’agences eux-mêmes nous disent : "Battez-vous !".

Pourquoi les cadres ne changent-ils pas d’activité ?

Même si beaucoup d’entre eux sont dégoûtés, le turnover s’est réduit. Hormis pour les commerciaux, il n’est pas facile de changer de secteur. Que peut faire un cadre d’exploitation au bout de 10 à 15 ans de métier ? Et les entreprises ont du mal à trouver des directeurs de sites. De grosses responsabilités – les directions générales ouvrent le parapluie au maximum via la délégation de pouvoirs – pour peu d’autonomie au final et des salaires peu attractifs, ça tente qui ? Du coup, on garde les plus nuls. Avec tous les problèmes de comportement que cela induit.

 

AeroLogic (DHL+Lufthansa) lance deux nouvelles liaisons

Le réseau d’AeroLogic s’étoffe. La compagnie cargo allemande, joint-venture entre DHL Express et Lufthansa Cargo, a annoncé le 14 janvier qu’elle lançait deux nouvelles routes, vers l’Asie et les Etats-Unis. La première est Leipzig – Hong-Kong. La rotation n’est pas nouvelle mais sa fréquence est considérablement augmentée. Jusqu’à présent, AeroLogic réalisait en effet la liaison Leipzig – Tachkent – Hong-Kong – Leipzig uniquement le week-end. Désormais, le hub allemand sera relié à la ville chinoise quotidiennement et la route se fera sans escale quatre fois par semaine. AeroLogic va également lancer ses premiers vols vers les Etats-Unis en desservant Atlanta et Chicago depuis Francfort. La liaison sera réalisée uniquement le week-end. Ces nouvelles routes et fréquences ont été permises grâce à la livraison de deux nouveaux Boeing 777F au mois de décembre, qui ont porté la flotte à quatre appareils. Quatre autres sont attendus en juin, juillet, septembre et décembre 2010. Grâce à eux, la compagnie pourra encore lancer deux liaisons, toujours vers l’Asie et les Etats-Unis. AeroLogic estime en effet que, malgré la crise, le trafic cargo vers ces deux régions du monde reste stable, témoignant un besoin structurel de liaisons. Il devrait même augmenter à moyen terme.

 

Conteneurs : Le projet du grand terminal de Montoir lancé

Principal projet du plan stratégique du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, l'extension du terminal conteneurs de Montoir-de-Bretagne est sur les rails, malgré les répercussions de la crise économique sur le transport maritime. Il y a quelques mois, le port envisageait, en effet, de repousser ce projet. Toutefois, l'ampleur du chantier est telle que le GPM NSN a décidé de lancer la phase d'études dès cette année. « Compte tenu de la crise et de la baisse d'activité, nous nous étions dits que, peut être, nous pourrions reporter ce projet. Mais, entre-temps, nous nous sommes aperçus que si nous voulions être prêts à lancer les travaux en 2013/2014, il fallait le lancer dès à présent. La mise en oeuvre du projet nécessite, en effet, de très longs travaux d'études », explique Pierre Klein, président du Conseil de surveillance du port.

Projet majeur pour l'avenir de Nantes Saint-Nazaire, l'extension du terminal conteneurs, qui s'accompagnera de la création d'un nouveau terminal roulier et du déménagement du terminal sablier, pourrait coûter dans les 300 millions d'euros. L'objectif est de disposer d'une infrastructure à « dimension européenne », capable d'accueillir des porte-conteneurs d'une capacité de plus de 6000 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur). Pour cela, un nouveau terminal sera créé de toute pièce, avec une vaste avancée sur l'estuaire, destinée à s'approcher du chenal et gagner en profondeur pour pouvoir accueillir des navires dont le tirant d'eau atteint 15 mètres. La nouvelle infrastructure absorberait l'actuel terminal, en gagnant une centaine de mètres sur l'eau. L'extension vers l'aval, c'est-à-dire vers le pont de Saint-Nazaire (en récupérant sur les terminaux roulier et sablier), permettrait de disposer d'un linéaire de quai de 1500 mètres, contre 650 aujourd'hui. En amont, le terminal marchandises diverses sera réaménagé, avec 450 mètres de quai (tirant d'eau de 12.5 mètres).

Un long processus avant le premier coup de pioche

Afin de mener à bien ce projet, le port a déjà débuté des études environnementales. Le nouveau terminal sera, en effet développé en zone Natura 2000, donc soumis à un certain nombre de critères destinés à préserver l'écosystème. L'acceptabilité du projet, qui nécessitera d'importantes zones logistiques, tient également dans sa capacité à s'intégrer dans un espace déjà occupé par de nombreuses activités industrielles. Enfin, il devra s'accompagner d'une importante adaptation des dessertes routières et ferroviaires. Le coût de la future infrastructure étant supérieur à 150 millions d'euros, la Commission Nationale du Débat Public sera saisie cette année. En 2011, une phase de concertation très lourde devrait débuter, d'autant que le projet coïncide, en termes de planning, avec d'autres échéances avec lesquelles il est étroitement lié. Ainsi, le plan Loire Grandeur Nature arrivera à échéance, alors que le port devra faire renouveler son autorisation de dragage. Dans le même temps, il faudra entreprendre le déménagement du terminal sablier, qui devrait être installé en aval du poste pétrolier n°6 (avec un système de tapis roulant pour rallier un quai actuellement utilisé par un navire de servitude). Ensuite, si tout va bien, le port obtiendra en 2012, à l'issue des instructions règlementaires, les autorisations de construction. En parallèle, cette même année, le terminal roulier devrait être déménagé dans la zone du grand tourteau, située entre le pont de Saint-Nazaire et les chantiers STX France (ce terminal comprendra 2 à 3 postes).

Extension progressive pour atteindre 500.000 EVP en 2020

Si le planning se maintien, les travaux pourront débuter en 2013, une fois le plan de financement bouclé, notamment dans le cadre du contrat de projets Etat-Région couvrant la période allant de 2014 à 2020. Le chantier sera colossal, avec l'édification d'une immense plateforme au dessus d'une zone aujourd'hui baignée par la Loire, sans compter les travaux qui devront être entrepris pour adapter le chenal. Pour les dirigeants du port, il n'est actuellement pas question de lancer immédiatement l'ensemble du projet d'extension. L'agrandissement du terminal sera plutôt progressif, avec une première extension de l'ordre de 300 à 500 mètres, pour atteindre les 1500 mètres de quai vers 2020. A cette date, le port espère compter sur un trafic annuel de 500.000 EVP, bien plus réalise que l'objectif d'un million de boites un temps évoqué. Même si la cible est aujourd'hui deux fois moindre, elle constitue quand même un beau challenge, puisqu'il s'agit de multiplier par 3.5 le trafic actuel, qui est d'environ 140.000 EVP par an. On notera enfin que le Conseil de surveillance du port a fait intégrer dans les études de développement des terminaux de Montoir le potentiel de développement des énergies marines renouvelables, à commencer par les éoliennes offshores.

 

La Deutsche Bahn s'offre le leader privé du fret ferroviaire italien

La compagnie allemande a pris le contrôle de l'opérateur privé de fret transalpin NordCargo. Malgré un chiffre d'affaires 2009 en berne, la DB tire profit de la crise pour absorber ses concurrents les plus fragiles et renforcer sa position en Europe.

Avec un chiffre d'affaires  2009 inférieur d'au moins 2,5 milliard aux espoirs de son patron, plombé par sa branche fret, selon le magazine allemand Wirtschaftswoche, on la pensait moribonde et plombée par la crise. À la surprise générale, la Deutsche Bahn (DB) vient pourtant de signer un nouveau "coup".
Début janvier, la compagnie allemande s’est offert le leader du fret privé transalpin, NordCargo. L’effondrement du secteur et les maigres perspectives de reprise n’ont pas rebuté les Allemands qui raflent 60% du capital de cette jeune compagnie positionnée sur le combiné et la sidérurgie.

NordCargo évoluera donc bientôt sous la bannière de DB Schenker Italia. Après la France et la Pologne, l’Italie devient le troisième pays où la Bahn monte sur la deuxième marche du podium et talonne l’opérateur historique national.

La compagnie allemande repart à l’assaut

Une nouvelle médaille à son tableau de chasse donc. Mais cette fois-ci, le timing semble mal choisi, alors que la compagnie allemande traverse difficilement la crise. En 2009, ses carnets de commandes ont fondu d’un quart. La Bahn estime qu’il faudra attendre 2012 avant de retrouver les niveaux d’avant la récession. L’opérateur souffre parfois même davantage que ses challengers. La faute à une course au gigantisme, entamée pendant les années fastes. À la faveur de l’essor des échanges de marchandises, la DB a lancé ses tentacules à travers toute l’Europe, rachetant à tour de bras ses rivaux. Résultat aujourd’hui : le colosse est handicapé par de très lourds coûts fixes. Personnel, wagons, locomotives… depuis un an, le groupe a du mal à contenir ses importantes surcapacités.

La course au gigantisme

Alors pourquoi repartir à l’assaut ? "Actuellement, seuls les poids lourds ont les reins assez solides pour financer leur expansion", décrypte Maria Leenen, directrice du cabinet allemand d’études ferroviaires SCI Verkehr. "À l’image de la DB, les opérateurs qui peuvent se le permettre ont tout intérêt à profiter de ces temps difficiles pour renforcer leurs parts de marché", analyse Maria Leenen.

Actuellement, plus de mille compagnies se disputent le marché européen du fret ferroviaire. Mais les dix plus grandes se taillent la part du lion. Ces dernières contrôlent 70% des volumes. Selon la directrice de SCI Verkehr, la crise va renforcer la domination des puissants, les opérateurs plus modestes se retrouvant à la merci des mastodontes, capables de dégager de la trésorerie, malgré la mauvaise conjoncture.

Un contrôle en douceur

L’OPA réalisée par la Bahn sur NordCargo est à cet égard éloquente. Il y a plus d’un an, la DB avait déjà mis un pied en Italie en s’adjugeant 49% de NordCargo. Sauf qu’à l’époque, elle avait dû batailler ferme pour s’imposer face à la SNCF, également intéressée et qui avait fait monter les enchères. Cette fois-ci, "grâce" à la récession, la prise de contrôle a eu lieu en douceur. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué, mais les actionnaires de l’opérateur italien ne se seraient pas fait prier pour céder leurs parts à la DB.

Après une année 2009 difficile, la Bahn semble donc bien en passe de retourner la récession à son avantage. "Avec NordCargo, nous allons renforcer notre offre de transport sur les axes nord-sud", se félicite Alexander Hedderich, le patron de DB Schenker Rail.

 

L'UE envoie des lettres de griefs dans une affaire de cartel présumé dans le fret

La Commission Européenne a envoyé, en février 2010, une lettre de griefs à des participants présumés à un cartel sur les prix dans le secteur du fret aérien, pour les services de "forwarding". Des compagnies sont soupçonnées de s'être entendues sur l'application de certaines surcharges, sur quatre liaisons : Royaume-Uni / hors d'Europe, Europe / Etats-Unis, Chine / Europe et Hong Kong & Sud de la Chine vers l'Europe. Les transporteurs concernés n'ont pas été nommés.

 

Europe Airpost veut développer les vols cargos à la demande

Avec un trafic de 63 000 tonnes et un chiffre d’affaires de 231 millions d'euros, généré à 55% par l’activité fret, Europe Airpost estime avoir plutôt bien résisté à la crise. En 2010, la compagnie entend étoffer à la fois son offre passagers et cargo.

Encore très dépendante des opérations réalisées pour le compte de son ancienne maison mère, le groupe La Poste, Europe Airpost, qui a rejoint en 2008 le giron d’ASL Aviation, entend mettre en œuvre "une stratégie de rebond" face au désengagement programmé de son principal client. La Poste a en effet prévu de réduire progressivement ses liaisons aériennes au profit d’autres modes de transport et d’autre part, le contrat la liant à son ancienne filiale ne court que jusqu’en 2012 et peut donc potentiellement être remis en cause à cette échéance.

Traditionnellement présente sur le double segment du fret aérien et du passage, grâce à l’utilisation de Boeing 737-300 Quick change, Europe Airpost veut capitaliser sur cette expertise. En 2010, elle va même développer une activité "tout passagers", notamment en mettant en ligne deux Boeing 737-700 positionnés à Paris-CDG et Nantes.

Des synergies

Côté fret, la compagnie souhaite se renforcer sur le segment des vols "à la demande". Une activité amorcée en 2009 et qui semble prometteuse. "Nous avons réalisé des vols vers l’Europe et le bassin méditerranéen, en particulier, l’Algérie. L’avantage d’Europe Airpost est de pouvoir répondre à la demande avec ses propres B737-300 cargos mais aussi avec les appareils de plus faible capacité que sont les ATR cargos d’Air Contractors, l’autre compagnie du groupe ASL", souligne Jean-François Dominiak, directeur général d’Europe Airpost.

Une synergie utilisée sur d’autres segments comme l’express : Europe Airpost affrète ainsi un ATR72 d’Air Contractors sur Marseille. La compagnie souhaite par ailleurs renforcer sa présence chez les grands intégrateurs. Pour l’instant, en effet, elle est surtout présente chez les opérateurs postaux. Les reconductions de contrats intervenues en 2009, avec Royal Mail entre Edimbourg et East Midlands, Coliposte sur la Corse ou Chronopost sur Marseille sont au demeurant une source de satisfaction. D’autant qu’à l’origine, ce sont deux rotations que La Poste avait prévu de supprimer vers la cité phocéenne, mais les besoins de l’express en ont décidé autrement.

Diversification

Cela dit, les échéances de ces contrats poussent à la diversification. Ultime pilier, à ce propos, de la stratégie cargo 2010 : l’élaboration de nouveaux types de produits pour les clients cargos. Europe Airpost explore ainsi le co-chargement sur des lignes communes et la mise en œuvre de lignes européennes cargos "transversales", "par exemple entre l’Italie et l’Espagne", ou connectées au hub de Paris-CDG en s’appuyant sur le Quick-change, précise Jean-François Dominiak.

Europe Airpost s’est déjà orientée sur les marchés extérieurs à la France puisque, outre la liaison Edimbourg-East Midlands pour Royal Mail, la compagnie assure depuis novembre 2009 cinq vols par semaine entre Lisbonne et Funchal, au Portugal, pour le compte de la compagnie Agroar.

Europe Airpost en chiffres

Europe Airpost a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires total de 231 millions d'euros (-11,8%), pour un résultat net "légèrement supérieur à 6 millions" contre 5,6 millions en 2008. Selon le directeur général d’Europe Airpost, Jean-François Dominiak, "l’écart de 31 millions d'euros avec le chiffre d’affaires 2008 se décompose en 22 millions de baisse du prix du carburant directement répercutée sur les tarifs proposés aux clients et 9 millions imputables à la légère diminution d’activité".
La branche cargo a représenté 13 100 heures de vol et généré 55% du chiffre d’affaires. Le trafic fret atteint 63 000 tonnes (-3,1%). Selon Jean-François Dominiak, la qualité de service s’est améliorée en 2009 avec 97,9% de ponctualité départ à 10 mn, soit un point de plus qu’en 2008, et 99,3% de régularité (+0,1 point).

 

Forte hausse du fret aérien en décembre

Le fret aérien a fait un bond de près de 25% en décembre 2009 par rapport à l'année précédente et le transport de passagers a également augmenté, selon les chiffres publiés mercredi par l'Association internationale pour le transport aérien (IATA).  La demande pour le fret a ainsi augmenté de 24,4% en décembre, même si sur l'ensemble de l'année 2009 elle est restée inférieure de 10,1% à son niveau de 2008.

 

Lufthansa cargo croit en la reprise du fret

Lufthanso Cargo, la branche fret de Lufthansa, espère une reprise prochaine de l’activité, en signant un accord pour réduire le chômage partiel chez ses employés. A Air France, on reste plus prudent.

Le fret aérien a durement touché toutes les compagnies aériennes. La filiale fret de Lufthansa, Lufthansa Cargo, avait enregistré un tonnage annuel en recul de 10,5 % en 2009, si bien que la compagnie allemande avait du avoir recours massif au chômage partiel.

Les 2600 employés de Lufthansa Cargo sont ainsi au chômage partiel depuis le premier mars 2009. Toutefois, l’espoir d’une reprise de l’activité revient. Le tonnage transporté est de nouveau en hausse, bien que légère, depuis plusieurs mois.

Elle vient par conséquent de signer un accord qui prévoit de limiter le chômage partiel à 20 %, contre 25 % aujourd’hui selon un communiqué. Cet accord est prévu pour un an, soit jusqu’au 28 février 2010. Elle espère réduire le chômage partiel de façon plus prononcée d’ici février 2011, « voire de pouvoir en sortir complètement » si une nette amélioration du marché survenait, a déclaré Peter Gerber, directeur financier et du personnel de la branche.
De son côté, Air France, qui vient de publier mercredi 10 janvier, ses comptes sur les neuf premiers mois de son exercice (s’arrêtant au 31 décembre), est loin d’être aussi optimiste. Sa capacité fret s’est adaptée à la baisse de son activité en se réduisant dans les mêmes proportions (de l’ordre des 18 %). Et un indice très prisé par les experts analystes, la recette unitaire à la tonne kilomètre offerte, s’est effondrée de 22,6 % sur cette période par rapport à l’an dernier.

 

Chiffres du trafic de Fraport - Janvier 2010: Fraport débute 2010 avec des résultats de trafic positifs

Un nouveau record en matière de fret aérien pour le mois de janvier

Le volume du fret aérien a augmenté pour atteindre des taux remarquablement élevés dans le mois observé. Le chiffre de 157'637 tonnes métriques de fret aérien à FRA représente une augmentation considérable de 32,2 %. << Le mois dernier a été le mois de janvier le plus chargé de toute l'histoire de l'Aéroport de Francfort en matière de manipulation de fret aérien. Le précédent pic pour un mois de janvier a été enregistré en 2008, avec 156'020 tonnes métriques à FRA >>, explique avec satisfaction le PDG de Fraport. Les principaux moteurs de croissance de ce segment de trafic ont compris en particulier le trafic intercontinental: par exemple, les lignes vers l'Amérique du Nord et l'Extrême-Orient.

Le développement global positif du trafic en janvier 2010 est aussi clairement visible au niveau du Groupe. Les cinq aéroports appartenant majoritairement au Groupe Fraport ont enregistré un volume du fret en hausse de 27,6 % pour atteindre environ 181 000 tonnes métriques.

 

Le dernier Boeing 747 en piste

Le 747-8, version allongée et modernisée du célèbre jumbo-jet, doit effectuer aujourd'hui son premier vol, avec un an de retard sur le calendrier.

Presque quarante et un ans jour pour jour après le premier vol du B747, le 9 février 1969, la nouvelle version allongée et modernisée du jumbo-jet, le 747-8, devrait décoller pour la première fois aujourd'hui. Si les conditions météo le permettent, le dernier-né des Boeing s'envolera de l'aéroport d'Everett, près de Seattle, aux environs de 10 heures, heure locale (19 heures à Paris), deux mois à peine après le B787, mais avec plus d'un an de retard sur le calendrier initial. Lancé en 2005 pour ne pas laisser le champ libre à l'A380 d'Airbus, le B747-8 doit prendre à terme le relais du 747-400, avec une capacité de 450 à 500 passagers, pour un coût au siège inférieur de 13 % à celui du 400, grâce aux nouveaux moteurs Genex de General Electric. Toutefois, le premier exemplaire à voir le jour est une version « tout cargo », la version passagers, en développement, n'étant pas attendue, au mieux, avant fin 2011. Le marché du fret reste en effet la principale, sinon la seule, justification économique de ce programme, dont le coût et les délais n'ont cessé de s'alourdir.

Version cargo

Censé concurrencer l'A380 avec des coûts d'exploitation théoriquement plus faibles, le 747-8 ne compte pour l'heure que 31 commandes en version passagers, dont 7 versions VIP, et 2 compagnies clientes seulement  : Lufthansa et Korean Air, qui y voient un complément à l'A380. Quant à la version cargo, elle s'en est mieux sortie jusqu'ici, avec 76 commandes et 8 clients. Mais la rentabilité du programme est désormais compromise, de l'aveu même des dirigeants de Boeing, après 1,4 milliard de surcoûts provisionnés en 2009. Quant aux perspectives commerciales, elles restent bouchées à moyen terme, compte tenu de la violente récession subie par le secteur du fret aérien. Boeing est, certes, en situation de monopole sur le marché des avions gros porteurs tout cargo, depuis l'abandon du projet d'A380 cargo. Mais l'avionneur américain doit compter avec la concurrence des B747 passagers d'occasion, en passe d'être reconvertis en avions-cargos. Dernier exemple en date, Japan Airlines a ainsi annoncé son intention de revendre 35 B747-400, devenus trop coûteux en carburant, pour rester compétitifs face aux A380 et aux B777. Au total, ce sont plusieurs centaines de jumbos qui devraient revenir sur le marché au cours des prochaines années.

 

Pour les trafics de conteneurs, la convalescence sera longue

Au dernier trimestre 2009, les trafics conteneurisés ont repris le chemin de la hausse. Une progression encourageante mais qui reste à confirmer.

La dernière édition mensuelle des trafics conteneurisés, publiée par l'ELAA (European Liner Affair Association), confirme les premières tendances de hausse de la fin de l'année 2009. Signe encourageant qu'il faut cependant relativiser. En effet, les hausses de la fin de l'année 2009 ne sont que des prémices d'une reprise. Les volumes de cette fin d'année n'atteignent pas encore les chiffres des années antérieures.

Les évolutions de ces différents trafics démontrent l'impact de la crise. Les hausses de certains marchés ne sont que des prémices d'un rétablissement des volumes. Le constat est le même sur les taux de fret qui, s'ils ont progressé sur le dernier semestre, ne reviennent pas à leur niveau de 2008. La convalescence pourrait être longue.

Europe et Amérique du Nord : la crise la plus forte

Les premiers résultats d’armements opérant sur les principales lignes au départ d’Europe confirment la baisse généralisée. C’est en Europe et en Amérique du Nord que la crise économique a été la plus forte. Globalement, malgré des hausses de taux de fret sur les derniers mois, les armements estiment la perte des revenus par conteneur aux environs de 30%. Les pertes de ces lignes avec l’Europe ont parfois été compensées par une relative meilleure santé des routes entre d’autres continents. Il en est ainsi des lignes opérant entre l’Asie et le Moyen-Orient et entre l’Asie et l’Afrique.

Des ravages sur l'ensemble de l'année

L'analyse des résultats par trade démontre encore plus de cette relative hausse. Sur les relations entre l'Europe et l'Asie, les augmentations de trafic dans le sens eastbound (d'Europe vers l'Asie) sont apparues dès le mois d'août 2009. Au final, sur l'année, ce courant se termine en positif avec une hausse de 4,5% à 5,4 MEVP. Dans le sens inverse, d'Asie vers l'Europe, les trafics ont attendu le mois de novembre 2009 pour repartir à la hausse. Ce marché, le plus important pour le Vieux Continent, fini le dernier trimestre avec une quasi stabilité puisque la baisse n’est que de 0,05%.

Sur l'ensemble de l'année, la crise économique a fait des ravages. Les trafics enregistrent une baisse de 14,7% à 1,15 MEVP. Du côté des taux de fret, la hausse est au rendez-vous dans les deux sens. Elle a commencé dès le second semestre. L'effet conjugué de ces hausses de volumes et de taux de fret devraient avoir des effets positifs sur les résultats au dernier semestre des armements opérant sur ces relations, sans pour autant gommer toutes les conséquences des déficits du premier semestre.

 

Belgique : Giraud International se déleste de Gillemot

Le groupe détenu par Butler vend sa filiale belge de messagerie industrielle Gillemot au repreneur néerlandais Rotra. Giraud International se recentre sur son activité lots complets et lots partiels.

Le groupe français Giraud International (Val-de-Marne) se sépare de sa filiale belge Gillemot. La totalité des actions de la société spécialisée en messagerie industrielle seront cédées au groupe néerlandais Rotra à la fin mars.

L’opérateur français confirme sa stratégie de recentrage sur l’activité lots complets et lots partiels. "Un accord de principe a été signé entre Gillemot et le groupe néerlandais Rotra, annonce le président du directoire de Giraud International, Vincent Rey. En vertu de cet accord, 100% des actions de notre filiale belge seront cédées pour le 31 mars 2010."

Une stratégie de recentrage

Cette information dévoilée le 12 février par "Le Lloyd" démontre que la stratégie du groupe français est bien de se désengager du secteur de la messagerie en Europe. De fait, l’activité principale de Gillemot (CA 2009 de 20,5 millions €; 130 personnes) est la messagerie industrielle. Toutefois, les pôles Europe de l’Est et Sidérurgie cédés en juillet 2009 n’opéraient pas dans la messagerie, excepté FTL et LTL.

À l’évidence, le groupe français contrôlé à 100 % par le fonds d’investissement Butler Capital Partners (depuis 2005) consolide sa stratégie globale de recentrage sur l’activité lots complets/lots partiels pour laquelle il recherche un adossement industriel. "Après les cessions des pôles en Sidérurgie et Europe de l’Est, nous sommes toujours en discussions pour des accords relatifs à nos filiales en France et en Europe du Sud", conclut Vincent Rey.

Effets de synergie

Pour l’acquéreur, la transaction va permettre de conjuguer synergies industrielles et commerciales. Créé il y a plus de 100 ans, c’est la famille Rotra (quatrième génération) qui préside aux destinées du groupe néerlandais (425 salariés). Spécialisée dans la logistique et le freight forwarding, c’est un acteur de taille au Benelux. La société possède des agences aux Pays-Bas (Doesburg, Rotterdam, Amsterdam/Schiphol) et en Belgique (Anvers, Bruxelles/Brucargo). En outre, le groupe néerlandais est également membre du réseau de groupage CargoLine ; à ce titre, il mise d’emblée sur ce groupement auquel adhère Gillemot.

Pour autant, la cession des actions de l’entreprise belge ne risque-t-elle pas de se traduire par des restructurations ? "Dans l’immédiat, les activités de Gillemot vont être conservées, assure Vincent Rey. Le groupe familial Rotra fera jouer les synergies industrielles et commerciales le plus rapidement possible." Au chapitre des rapprochements immédiatement réalisables, Rotra va installer son logiciel central de gestion du transport (TMS) chez Gillemot afin d’étendre l’offre client.

 

DHL France : le plan de Caravelle se précise

On en sait un peu plus sur les projets du fonds Caravelle, candidat à la reprise de l'activité messagerie de DHL France. La nouvelle société deviendrait "Ducros Express" et viserait la place de numéro deux de la messagerie et de l'affrètement en France.

Le fonds d’investissement Caravelle, pressenti pour la reprise de l’activité messagerie de DHL France, a rencontré fin janvier les organisations syndicales de la filiale française du groupe allemand.

De source syndicale, les dirigeants de Caravelle auraient fait savoir à leurs interlocuteurs qu’ils n’étaient pas un fonds d’investissement mais bien une société anonyme disposant de 350 millions d'euros de fonds propres. Toujours de source syndicale, la société constituée sur les bases de la messagerie DHL prendrait le nom de Ducros Express. Son objectif : "devenir le numéro deux de la messagerie et de l’affrètement en France"

Au programme : suppression des agences déficitaires

À plus long terme, Ducros Express s’ouvrirait à l’international en mettant sur pied un partenariat avec le réseau de DHL.

La société nouvellement constituée se serait également fixé les objectifs suivants : s’appuyer sur un réseau de 55-60 agences réparties entre quatre et cinq régions dans l’Hexagone ; supprimer les agences en doublons ou déficitaires ; transformer ces dernières en centres de profits ; revoir la politique tarifaire en fonction des prestations ; développer une activité d’affrètement (objectif : 25 millions d'euros de recettes d’ici 2013) ; réduire de moitié les coûts structurels…

Caravelle nourrit aussi l’ambition d’investir dans la modernisation des centres de tri et de l’informatique. Le siège social du nouvel ensemble serait maintenu à Gonesse et le centre administratif à Marseille.

 

Stef-TFE : la fin 2009 meilleure que prévue

En 2009, Stef-TFE a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 1,98 milliard d'euros, contre 2,08 milliards en 2008 : soit 4,7% de baisse par rapport à 2008. Le pôle transport a bien résisté en fin d'année, limitant les dégâts.

"Nous ne constatons pas de reprise mais un arrêt de la dégradation", précise Bernard Jolivet, vice-président de Stef-TFE, après un 4ème trimestre ayant généré 522 millions d'euros de recettes (dont 276 millions avec le transport). Un "bon niveau de consommation" a été noté en décembre 2009, le traditionnel pic d’activité pour les spécialistes du frais et surgelés, grâce à une bonne anticipation des transports amont par les industriels et les distributeurs. Le réseau de groupage a enregistré une forte augmentation des volumes de produits frais et surgelés au quatrième trimestre grâce aux bonnes campagnes saisonnières de fin d’année, notamment sur la filière des produits festifs.

À l’inverse, dans les produits de la mer, une baisse de trafic est toujours constatée. Le chiffre d’affaires du groupe revient à un niveau comparable à celui de 2008, hors effet carburant. "Cette bonne tendance tient à la résistance du pôle transport en fin d’année", souligne Francis Lemor, PDG du groupe. Les résultats financiers, eux, seront connus le 25 mars.

Derrière TLF sur l'accord salarial de décembre

La menace de blocages de plateformes, en décembre, a pourtant été prise au sérieux. "Nous avons totalement suivi TLF dans cet accord social du 11 décembre. Et beaucoup de clients nous ont remerciés pour avoir su éviter le conflit. Par ailleurs, il est normal de signer un accord qui remet à bonne hauteur des indices salariaux qui étaient en dessous du SMIC", souligne M. Lemor. Lequel suit avec attention l’ouverture des états généraux du transport routier. "Dans notre profession, les partenaires sociaux doivent apprendre à se parler. On ne fait que réagir alors qu’on devrait toujours anticiper", souligne le PDG à la tête d’un groupe qui emploie 15000 personnes, dont 65% d’ouvriers (à parité entre conducteurs et personnels de quai).

Créée il y a deux ans, une "pépinière" interne forme en permanence 200 personnes aux métiers et à la culture du groupe. "Nous sommes attentifs à cette question de la formation et aux évolutions de carrière ensuite. 30 à 40% de notre hiérarchie sont issus de cette pépinière", précise Gérard Groffe, DRH du groupe.

Le ferroviaire pas d'actualité

À court terme, le n°1 européen ne voit pas de développement possible du mode ferroviaire dans son plan de transport, malgré sa filiale Froid Combi dédiée au rail-route.

"Nous n’avons pas de sillons. Nous pourrions doubler ou tripler cette activité. Mais on ne veut pas prendre de risque sans garantie. A ce jour, on transfère moins d’une centaine de semi-remorque par jour de la route vers le rail", assure Bernard Jolivet.

 

Enquête de la Commission européenne sur l'aide attribuée à Hapag-Lloyd

La Commission européenne a lancé une enquête sur l’aide publique de 1,2 milliard d'euros attribuée en octobre 2009 à l’armement Hapag-Lloyd par l'État fédéral allemand.

Le ministère allemand de l’Économie a confirmé que des discussions sont en cours avec l’Union européenne et rappelé que le cadre général de l’aide de 1,2 milliard accordée à Hapag-Lloyd avait été soumis à la Commission à l’automne 2009. L'État allemand avait alors accepté de soutenir l'un de ses plus gros armateurs, en grande difficulté du fait de la crise et du ralentissement du transport maritime.

Comme les directives européennes n’autorisent pas de dons supérieurs à 500 000 euros aux entreprises, le ministère a précisé que seul un montant de
500 000 euros inclus dans l’enveloppe totale constitue un don et que le reste doit être remboursé à raison de plus de 100 millions d'euros par an.

Le pire est évité

De son côté, Hapag-Lloyd a indiqué avoir équilibré ses comptes au quatrième trimestre 2009, grâce au rebond du commerce mondial. Le pire, à savoir une perte d’exploitation de 1 milliard d'euros en 2009, a donc été évité à la suite des hausses des taux de fret et de trafic.

En outre, l’armement recueille les fruits de son programme de réduction des coûts. Il a déjà économisé 570 millions d'euros sur un objectif de 785 millions et va supprimer 500 emplois cette année.

Examen du plan feeder allemand par la Commission européenne

La direction de la concurrence de la Commission européenne examine également le Baltic Max Feeder, programme allemand de coopération impliquant 350 porte-conteneurs des États membres.
Si elle donne son feu vert, le Baltic Max Feeder devrait commencer cette année, estime Hermann Neeman, son promoteur et directeur du cabinet conseil en fiscalité Anchor Steuerberatung. Ce dernier recherche 120 millions d'euros (M€) de prêts bancaires et 60M€ de contributions des armements, afin de verser 1 500€ par jour avec les intérêts bancaires aux compagnies qui désarmeront des porte-conteneurs jusqu’à 1 400 EVP.

De son côté, la Commission européenne s’intéresse aux pratiques anticoncurrentielles de ce programme, selon lequel les armateurs devront partager le coût du désarmement de navires feeders sans emploi. Elle y voit un moyen possible de réduire la capacité de transport maritime et de pousser les taux de fret à la hausse, indique-t-elle dans un communiqué. "Ce n’est pas le cas, a déclaré Hermann Neeman, nous ne cherchons pas à faire monter les taux d’affrètement". Déjà, 40 compagnies, allemandes pour la plupart et disposant de 350 navires, se sont engagées à participer au programme.

vendredi 19 février 2010



 

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Revue de presse sur le transport de marchandises

du 8 février 2010

Au Sommaire :

·         Forte hausse du fret aérien en décembre

·         Air France-KLM : trafic cargo en hausse en janvier

·         Le trafic cargo d'Air France-KLM chute encore en décembre 2009

·         UPS prévoit une hausse de ses bénéfices en 2010

·         UPS : baisse du bénéfice au quatrième trimestre

·         TNT : les volumes et les marges de la branche express en hausse au quatrième trimestre

·         Air France vend deux B777 cargo à FedEx

·         CMA CGM : Les banques versent une première enveloppe de 80 millions de dollars

·         Le nouvel appareil de Cargolux volera bientôt

·         Fret ferroviaire : un tiers de wagons en moins en 2011 ?

·         L’immobilier logistique en repli de 40% en 2009

·         Cargonaut et Traxon Europe s’associent pour lancer eCargo Pouch

·         TNT Express parie sur le temps réel pour sa logistique

·         Norbert Dentressangle : un CA en baisse de 12,5% en 2009

·         Le transport aérien a connu la pire année de son histoire

·         Bussereau installe le comité de suivi du plan fret du gouvernement

·         Liège Airport reste le premier aéroport fret du pays

·         Réforme de la formation professionnelle : "les circuits de financement ne cessent de se complexifier"

·         Nouvelle taxe carbone : Borloo maintient les exemptions du transport routier

·         Stef-TFE : résultat net 2009 prévu en baisse

 

Forte hausse du fret aérien en décembre

Le fret aérien a fait un bond de près de 25% en décembre 2009 par rapport à l'année précédente et le transport de passagers a également augmenté, selon les chiffres publiés par l'Association internationale pour le transport aérien (IATA).

La demande pour le fret a ainsi augmenté de 24,4% en décembre, même si sur l'ensemble de l'année 2009 elle est restée inférieure de 10,1% à son niveau de 2008.

La demande pour le secteur passagers a progressé de 4,5% sur le dernier mois de 2009, et a reculé de 3,5% sur l'ensemble de l'an dernier.

"L'industrie commence 2010 avec d'importants défis. Le pire est derrière nous mais ce n'est pas l'heure de fêter ça", a déclaré le directeur général de l'IATA, Giovanni Bisignani.

Ce dernier a souligné que 2009 avait été la pire année dans l'histoire de l'aviation en termes de demande.

En décembre, l'association a estimé que les compagnies aériennes devraient perdre 5,6 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) en 2010, soit plus qu'initialement prévu, la hausse du prix du kérosène compensant le rebond de la demande passagers et fret.

 

Air France-KLM : trafic cargo en hausse en janvier

Air France a annoncé lundi avoir enregistré une hausse de 2% de son trafic cargo après avoir une nouvelle fois ajusté ses capacités.

L'activité cargo a bénéficié d'une amélioration de la conjoncture avec une légère augmentation des tonnes transportées (+0,6%) et un trafic en hausse de 2% pour des capacités en diminution de 11,4%. Le coefficient de remplissage gagne 8,5 points à 64,3%.

 

Le trafic cargo d'Air France-KLM chute encore en décembre 2009

Le groupe Air France-KLM ne parvient pas à enrayer le déclin de son trafic cargo qui baisse encore en décembre 2009. À l’heure où d’autres compagnies aériennes renouent avec la croissance.

En matière de cargo, le groupe Air France-KLM souffre davantage que certains de ses principaux concurrents. En décembre 2009, comparativement à la même période de 2008, bon nombre de compagnies ont effet vu leur trafic fret repartir à la hausse. C’est le cas de British Airways, par exemple, qui progresse de 7,2% avec 385 millions de tonnes kilomètres transportées (TKT), mais surtout du grand rival Lufthansa. Le groupe allemand voit en effet son trafic grimper de 27,5%, à 818 millions TKT, pour des capacités en hausse de 6,9%, à 1 217 millions de tonnes kilomètres offertes (TKO), tandis qu’Air France-KLM ne parvient pas à enrayer le déclin.

Quelques signes positifs

Les volumes perdent encore 8,5% en décembre, en s’élevant à 916 millions de TKT. Petite consolation : le déclin du trafic est inférieur à la réduction des capacités qui atteint -19,4%, avec 1 307 millions de TKO. Le coefficient de remplissage progresse ainsi de 8,4%, à 70,1%.

La compagnie française souligne notamment "le redressement très important du remplissage des vols en retour d’Asie, dont le coefficient d’occupation a atteint 93,9%", bénéficiant d’un phénomène de restockage. Globalement, en intégrant l’export, le réseau Asie voit son coefficient de remplissage gagner 17,4 points, à 80,1%. Mais même sur cette zone, le trafic décline de 14,1%, pour des capacités en baisse de 32,8%.

Une année 2009 plombée par le premier semestre

En cumul, entre avril et décembre 2009, ce qui correspond aux trois premiers trimestres de l’exercice fiscal en cours pour Air France-KLM, la chute du trafic atteint 17,7% (8390 millions TKT), pour une offre en retrait de 17,9%, à 12 747 millions TKT, le coefficient de remplissage s’élevant ainsi à 65,8%, contre 65,6% sur les trois premiers trimestres 2008.

Au cours de la même période, le groupe Lufthansa enregistre une baisse de trafic de 3,9%, à 7 100 millions TKT, pour une offre en diminution de 10,8%, à 11 640 millions TKT. Lufthansa représente logiquement l’essentiel du trafic, devant Swiss.

British Airways voit pour sa part son trafic cargo se replier de 4,6%, à 3 440 millions TKT. Le dernier grand concurrent européen, Cargolux, ne publie pas de résultats intermédiaires mais avouait connaître, comme ses homologues, une passe difficile, lors de la restructuration du capital en novembre 2009.

 

UPS prévoit une hausse de ses bénéfices en 2010

Après une année 2009 difficile, UPS, le leader mondial de l'express, voit quelques motifs d'espoir pour l'année qui vient de s'ouvrir. Le géant américain a ainsi annoncé, hier, tabler pour 2010 sur une amélioration notable de son bénéfice net, qui devrait être compris dans une fourchette allant de 2,70 dollars à 3,05 dollars par action, soit une hausse de 17 % à 32 % par rapport à 2009. « Les prévisions économiques laissent attendre une amélioration graduelle à mesure que 2010 progresse », a commenté Kurt Kuehn, directeur financier, cité dans le communiqué. UPS, comme son concurrent FedEx, est considéré comme un bon baromètre de la conjoncture économique mondiale.

Logiquement, les comptes 2009 de l'entreprise américaine portent les stigmates de la crise. Sur l'ensemble de l'année écoulée, le bénéfice net s'est établi à 2,152 milliards de dollars, en baisse de 28,3 % comparé à celui enregistré en 2008. Par action, cela représente 2,14 dollars. Dans le même temps, le chiffre d'affaires annuel s'est inscrit en baisse de 12 %, à 45,297 milliards de dollars, un peu moins que prévu par les analystes.

Recul de l'activité domestique

La fin d'année 2009 a toutefois été marquée par une amélioration du compte de résultat. La baisse des revenus a ainsi été moindre au quatrième trimestre (- 2,5 %, à 12,4 milliards), grâce au dynamisme des activités internationales. En revanche, l'activité domestique a encore reculé de 5,5 %.

Concernant le bénéfice net trimestriel, celui-ci a quasiment triplé facialement, à 757 millions. Si l'on retraite toutefois le résultat du quatrième trimestre 2008 d'ajustement sur la survaleur de l'activité fret, alors l'évolution est plutôt une baisse de 8,6 % sur un an. Le bénéfice par action, à 75 cents par action, se révèle néanmoins dans la fourchette récemment relevée par UPS du fait de réductions de coûts (73-75 cents), et supérieur aux 74 cents anticipés par les analystes.

 

UPS : baisse du bénéfice au quatrième trimestre

United Parcel Services , leader mondial de la messagerie, a annoncé mardi une baisse de 9,6% de son bénéfice au quatrième trimestre mais il escompte une forte hausse de son résultat en 2010.

Le bénéfice est de 1,26 milliard de dollars, soit 75 cents par action, contre $1,38 milliard (83 cents) un an auparavant.

Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S donnait un BPA de 74 cents.

Le chiffre d'affaires a diminué de 2,5% à $12,38 milliards.

UPS avait relevé le mois dernier son objectif de BPA du quatrième trimestre à 73-75 cents, évoquant des réductions de coûts et des performances intérieures et à l'international meilleures que prévu.

Le groupe de logistique, de courrier et de messagerie anticipe pour 2010 un BPA de $2,70 à $3,05, en hausse de 17% à 32%.

UPS et son concurrent FedEx passent pour de bons étalons de la conjoncture économique, en raison de leurs relations d'affaires avec les grandes sociétés américaines notamment.

 

TNT : les volumes et les marges de la branche express en hausse au quatrième trimestre

Le groupe neerlandais de messageries et de logistique TNT a annoncé lundi que les volumes et les marges de sa division Express avaient progressé d'un an sur l'autre au cours du quatrième trimestre de 2009, les économies de coûts parvenant à plus que compenser la pression baissière exercée sur les prix.

TNT explique que, pour la première fois en 2009, la marge d'exploitation de cette division avait progressé par rapport à la même période un an auparavant, précisant que les deux premières semaines de 2010 semblaient confirmer cette tendance.

Son segment courrier, au contraire, a vu une baisse d'activité aux Pays Bas, mais cette diminution est conforme à ses attentes, tout comme son bénéfice d'exploitation, soutenu par des économies et des ventes robustes à la période de Noël.

TNT a conclu un accord la semaine dernière avec les syndicats de salariés qui va lui permettre de restructurer ses activités de courrier, sabrant dans ses effectifs en l'échange d'une hausse des salaires.

Les dépréciations sur valeur et sur certains actifs pour la fin 2009 devraient ressortir aux alentours de 150 millions d'euros et elles seront imputées aux chiffres du quatrième trimestre.

À l'image de son concurrent Deutsche Post , TNT est en proie à une baisse de la demande, ce qui s'est traduit par une baisse de 6% des volumes annules dans sa filiale postale.

 

Air France vend deux B777 cargo à FedEx

Air France a signé une lettre d'intention pour la vente de deux Boeing 777 cargo flambant neufs à FedEx, indique-t-on de source interne. Le montant de la transaction n'est pas connu, mais la valeur au prix catalogue de ces deux appareils avoisine les 500 millions de dollars. La compagnie française, qui enregistre de lourdes pertes sur sa branche cargo, a en effet décidé de limiter sa flotte d'avions tout cargo à cinq appareils : deux 777 et trois Boeing 747. Or Air France avait passé commande de cinq exemplaires du nouvel avion-cargo américain, dont elle est compagnie de lancement.

 

CMA CGM : Les banques versent une première enveloppe de 80 millions de dollars

Les banques de CMA CGM ont signé le 2 février la mise à disposition du groupe français d'une somme de 80 millions de dollars. Cette enveloppe entre dans le cadre du plan de restructuration du numéro 3 mondial du transport maritime conteneurisé. Elle fait suite à l'accord signé en décembre et prévoyant l'injection de 500 millions de dollars de liquidités dans CMA CGM. Selon le groupe, la négociation du plan de restructuration « progresse normalement », alors que « l'activité du groupe continue à enregistrer, mois après mois, une amélioration sensible ».

Lourdement endetté (plus de 5 milliards de dollars) et touché de plein fouet par la crise (effondrement des taux de fret) et les engagements pris avec les chantiers coréens pour la construction de dizaines de nouveaux navires, CMA CGM s'est retrouvé en grande difficulté en 2009. Après de longs mois de négociations avec ses créanciers et l'Etat, la direction du groupe familial a accepté une nouvelle gouvernance, transformant le groupe en société à Conseil d'administration. Le 18 janvier, le CA a élu à sa présidence Jacques Saadé et au poste de directeur général Philippe Soulié. Farid Salem, Rodolphe Saadé et Jean-Yves Schapiro sont, quant à eux, directeurs généraux délégués du groupe. Alors que les discussions se poursuivent avec les chantiers coréens pour reporter ou annuler certaines commandes de navires, l'entrée de nouveaux investisseurs dans le capital doit intervenir. Le fonds d'investissement Butler Capital Partners, qui était entré dans le capital de la SNCM lors de sa privatisation en 2005, s'est dit intéressé. L'Etat, via le Fonds Stratégique d'Investissements, pourrait également prendre une participation.

CMA CGM compte aujourd'hui 350 navires et emploie 16.000 personnes dans le monde, dont plus de 4000 en France.

 

Le nouvel appareil de Cargolux volera bientôt

Un premier vol test du 747-8 de Boeing, version allongée du gros porteur 747 qui a subi plusieurs retards dans son développement, pourrait intervenir dès lundi prochain. Le premier exemplaire sera livré à la compagnie luxembourgeoise.

En retard sur le calendrier initial qui prévoyait les premières livraisons à la fin 2009, la version fret du super jumbo de Boeing pourrait prendre son envol dès lundi 8 février à l'aéroport de Paine Field, à Everett dans l'État de Washington. Une fenêtre de vol est ouverte à 10 heures de matin, a expliqué Boeing dans une invitation à venir assister au vol.

Boeing a déjà effectué des tests clés d'avant vol, et des tests de roulage à grande vitesse sont prévus «dans les jours à venir», selon le constructeur. Le premier vol «qui interviendra peu après» dépendra de la réussite de ces tests, ajoute Boeing. Le 747-8 est l'un des deux grands projets de Boeing à avoir accumulé du retard, avec son avion de ligne nouvelle génération 787, dit le Dreamliner. Celui-ci avait réalisé son premier vol d'essai le 15 décembre.

Au troisième trimestre 2009, Boeing avait dû passer une perte de 1,6 milliard de dollars en raison du retard de la modernisation de son gros porteur 747 (allongé de 5,7m). Les délais étaient liés notamment à des modifications apportées à la conception de l'appareil et à des grèves des ouvriers. Les premières livraisons du gros porteur sont prévues au quatrième trimestre 2010. Boeing a reçu 32 commandes pour la version passager de l'appareil, dont 20 pour la compagnie aérienne allemande Luthansa, et 76 commandes pour la version fret, qui sera la première livrée. Parmi les compagnies aériennes concernées figurent la japonaise Nippon Cargo Airlines et la luxembourgeoise Cargolux Airlines.

 

Fret ferroviaire : un tiers de wagons en moins en 2011 ?

Selon un document interne "en cours de finalisation" publié par L’Humanité du 29 janvier, la SNCF prévoirait d’ici à 2011 un recul d’un tiers des volumes transportés par le rail français, soit 616 000 wagons en moins par rapport à 2008.

Selon ce document évoqué par le quotidien L'Humanité, la SNCF devrait, à l'horizon 2011, transporter 616 000 wagons de moins qu'au 31 décembre 2008.

Plus de la moitié de ces pertes (361 000 wagons) serait due à la concurrence accrue d’autres opérateurs, ferroviaires ou routiers.
Et le solde serait constitué par 255 000 wagons, "dont le transport jugé non rentable" serait abandonné par la compagnie ferroviaire, toujours selon l'Humanité.

Les gains prévus seraient de l’ordre de 103 000 nouveaux wagons, qui ne viendraient effectivement pas compenser les pertes potentielles.

Pas encore validé mais en cours d'examen

"C'est un document de travail qui date de novembre, que je ne valide absolument pas et qui n'est pas non plus validé par Sylvie Charles, la nouvelle directrice de fret", a déclaré à l'AFP Pierre Blayau, directeur général de la SNCF chargé de la branche transport et logistique. Il précise que ce document est "en cours d'examen", et qu'il "va être examiné probablement comme beaucoup d'autres documents".
L'Humanité indique que le document interne est actuellement "en cours de finalisation" par le premier cercle dirigeant, selon une source anonyme citée par le journal.

La branche SNCF Geodis, qui regroupe les activités de fret et de logistique, a vu son chiffre d'affaires reculer de 8,2% en 2009, à 7,4 milliards d'euros.

 

L’immobilier logistique en repli de 40% en 2009

Coup de froid en 2009 sur l'immobilier logistique. Le cabinet spécialisé CBRE fait état d'un recul de 41% sur la demande placée. Toutes les régions ont été touchées.

Avec un repli de 41% de la demande placée, l’immobilier logistique français a marqué le pas en 2009, note la dernière étude du cabinet de conseil en immobilier logistique CBRE.

Les transactions ont porté sur 1,5 million de m2 (2,5 millions en 2008). Le niveau des volumes commercialisés s’est dégradé petit à petit, après avoir bénéficié au début de l’année de la réalisation d’opérations engagées de longue date. Le dernier trimestre 2009 a été le plus difficile.

La grande distribution en tête des demandes

La baisse du marché a touché l’ensemble des régions. Les commercialisations se répartissent principalement sur l’axe Nord/Sud, "colonne vertébrale" de la logistique française.

En première position figure l’Ile-de-France, suivie du couloir rhodanien et du Nord.
Dans la région capitale, seules 15 transactions ont été réalisées en 2009 (369 000 m²). La taille moyenne des transactions s’est réduite et la majeure partie d’entre elles est comprise entre 10 000 m² et 20 000 m², tendance identique en régions.

La part des chargeurs dans les transactions a augmenté, dépassant celle des logisticiens, grâce à la prédominance de la grande distribution dans les demandes.

 

Cargonaut et Traxon Europe s’associent pour lancer eCargo Pouch

Les spécialistes des systèmes d’informations dédiés au fret aérien, Cargonaut et Traxon Europe lancent ensemble eCargo Pouch. Ce nouveau système centralisé de gestion des documents via le web s’inscrit dans la démarche "e-freight" de l'IATA.

Concurrents mais aussi partenaires de longue date, le Néerlandais Cargonaut et Traxon Europe ont choisi de s’associer pour lancer le 19 janvier un nouveau système centralisé de gestion des documents et des messages répondant aux recommandations définies par le programme e-freight de l’IATA. Le premier avait en effet développé une application localement à Schiphol mais ne disposait pas du réseau que lui apporte donc Traxon pour commercialiser ce produit à l’échelle mondiale qui correspond à sa vocation.

Principales innovations de ce nouveau système, baptisé eCargo Pouch : la centralisation des messages et des documents et la possibilité pour tous les maillons de la chaîne du fret aérien d’accéder à la base de données disponible via le web.

Centralisation de toutes les informations

Avec eCargo Pouch, les équivalents électroniques des documents de transport sont en effet automatiquement intégrés dans cette base de données centralisée via EDI. Tous les autres documents pour lesquels il n’existe pas de format électronique peuvent être scannés et ajoutés au système. "Dans la mesure où toutes les informations peuvent ainsi être vues, imprimées ou téléchargées, il n’est plus nécessaire de transmettre des copies papier des documents", soulignent Cargonaut et Traxon, estimant que la liasse virtuelle est en tout point comparable à la liasse bien réelle qui accompagne aujourd’hui les expéditions. Si l’administration douanière du pays de destination, par exemple, exige un document papier, il est possible de l’imprimer localement.

Intégration d’un module d’archivage

Par ailleurs, le système inclut un module d’archivage "d’une grande importance", car là encore, "un nombre significatif de pays exige légalement l’archivage des documents commerciaux et des documents de transport pendant plusieurs années", rappellent les concepteurs d’eCargo Pouch.

Autre intérêt du système : le produit ne se limite plus à des échanges bilatéraux entre l’agent de fret et la compagnie aérienne. "L’initiateur du eCargo Pouch, qui est en général l’agent de fret du pays d’origine, clôt le dossier lorsqu’il est complet et peut alors en autoriser l’accès à toutes les parties impliquées dans la chaîne logistique", explique Arno Hoitink, directeur général de Cargonaut. "Les agents de fret et leurs partenaires n’ont pas besoin d’investir dans des systèmes informatiques ou des logiciels, dans la mesure où eCargo Pouch fonctionne de façon indépendante", précise encore Arno Hoitink.

Cargonaut et Traxon restent en revanche assez évasifs lorsque l’on évoque le prix de ce nouveau produit. A priori, l’agent de fret d’origine, cible principale d’eCargo Pouch, devrait en payer l’essentiel. "Le prix ne dépendra pas du nombre de documents. Il s’agira d’un prix par LTA, sachant que le tarif sera basé sur les volumes concernés", indique Arno Hoitink. Traxon Europe assure la commercialisation du système dans tous les pays à l’exception de la Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, où cette mission revient à Cargonaut.

Cargonaut et Traxon coopéreront aussi pour la mise en place du CCS de Roissy-CDG

Après de longs mois de tractations, le Cargo Community System de Roissy-CDG devrait voir le jour fin 2010. Les principaux acteurs de la plateforme seront représentés au sein d’une société en cours de constitution baptisée CCS France, dont TLF, l’organisation représentative des agents de fret, et Air France Cargo détiendront chacun 40%, ADP 18% et le Syndicat des Compagnies aériennes de fret en France (Sycaff) 2%. La société CCS France prendra ensuite une participation de 50% dans une société commune aux côtés de Cargonaut et Traxon associés, chacun à hauteur de 25%. Les deux spécialistes de l’échange d’informations par voie électronique assureront le fonctionnement du système

 

TNT Express parie sur le temps réel pour sa logistique

TNT Express, leader du marché européen de la livraison express, a choisi la solution de visibilité logistique d’Aeroscout dans le but d’améliorer le rendement opérationnel de ses 200 dépôts répartis dans 29 pays.

TNT Express propose aux particuliers et aux entreprises une large gamme de services de livraison express. Dans un souci d’optimisation, le groupe a déployé un système logistique de localisation en temps réel. Une étiquette Wifi est présente sur chaque colis. A l'aide du logiciel MobileView, la localisation des colis est activée, ce qui évite de les scanner manuellement un à un.

Logistique optimisée en temps réel

Les fonctions de recherche, d’alerte et de signalisation permettent de déterminer en temps réel l’emplacement de chaque colis. Les surplus et les pénuries sont répertoriés et portés à la connaissance des utilisateurs. Les retards de livraison sont également détectés.

Aeroscout utilise un type d'étiquette adapté aux besoins des professionnels de la logistique. Il est est en effet conçu pour des environnements soumis à de fortes vibrations.

 

Norbert Dentressangle : un CA en baisse de 12,5% en 2009

Le groupe de transport et de logistique Norbert Dentressangle a annoncé hier soir un chiffre d’affaires en baisse de 12,5% à 2,7 milliards d’euros au titre de l’année 2009. Le résultat opérationnel attendu, de l’ordre de 80 millions, constitue néanmoins une bonne surprise.

La baisse de la demande des entreprises a nettement impacté les revenus de Norbert Dentressangle en 2009.
Le transporteur a réalisé un chiffre d’affaires en baisse de 12,5% à 2,719 milliards d’euros. Dans le détail, l’activité transport a enregistré une baisse de 14,8% à 1,5 milliard, tandis que l’activité logistique a vu ses revenus diminuer de 9,6% à 1,2 milliard.

Dans ce contexte, le groupe dit avoir été «très attentif au contrôle et à l’adaptation de ses charges d’exploitation au niveau d’activité enregistré ».

Il s’attend à un résultat opérationnel «de l’ordre de 80 millions», contre 98 millions en 2008.

S’agissant de la tendance pour 2010, le groupe note que «la décroissance ralentit», le chiffre d'affaires ayant baissé de 10,2% au troisième trimestre et de 3,9% au quatrième.

 

Le transport aérien a connu la pire année de son histoire

C'est désormais officiel : 2009 fut la pire année de l'histoire du transport aérien international, marquée par un recul du trafic - exprimé en revenu par passager par kilomètre transporté -de 3,5 %, sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a indiqué hier l'Association du transport aérien international (Iata). « Nous avons perdu l'équivalent de deux ans et demi de croissance pour le trafic passagers et de trois ans et demi pour le fret », a estimé le directeur de l'Iata, Giovanni Bisignani, qui s'attend aussi à une année 2010 difficile. « Le pire est derrière nous, mais il n'y a aucune raison de se réjouir, a-t-il souligné. L'amélioration des recettes va bien moins vite que celle du trafic et le retour à la profitabilité sera encore plus lent pour les compagnies, qui devraient perdre quelque 5,6 milliards de dollars en 2010 », prévient-il.

Autre particularité de cette année de crise : contrairement aux précédentes, elle n'a épargné aucune zone géographique, à l'exception notable du Moyen-Orient,.

Cette « annus horribilis » s'achève néanmoins sur une note d'espoir. La reprise est générale et massive dans le fret, en hausse de 24,4 % en décembre, pour une offre stable. Preuve du redémarrage des échanges internationaux, le trafic cargo a bondi de 34,4 % en Asie, de 33 % en Afrique, de 32,1 % au Moyen-Orient, de 23,9 % en Amérique du Nord et, malgré tout, de 5,2 % en Europe, où les réductions de capacité opérées ont été les plus fortes.

 

Bussereau installe le comité de suivi du plan fret du gouvernement

Le secrétaire d'État aux Transports a installé le Comité de suivi de l’engagement national pour le fret ferroviaire. Un plan de 7 milliards d'euros lancé en septembre 2009 par le gouvernement, et qu'il faut maintenant piloter.

"Le but du comité de suivi, c'est d'avoir autour de la table (...) tous les acteurs du transport en France. Chacun s'exprime !", a expliqué Dominique Bussereau à des journalistes en installant le comité de suivi du plan fret du gouvernement le 26 janvier.

Le comité est notamment constitué de représentants de Réseau ferré de France (RFF), d'entreprises de transport ferroviaire de marchandises (SNCF et sa filiale VFLI, Euro Cargo Rail, CFL Cargo, Colas Rail, Europorte 2, B-Cargo), d'organisations syndicales, d’associations de chargeurs, de l’Union des ports de France et de France Nature Environnement, ainsi que de fonctionnaires du ministère. Il comprend aussi des parlementaires impliqués dans les questions de transports : le député Yannick Paternotte et les sénateurs Francis Grignon et Louis Nègre (tous UMP).

Un lieu de vérification du plan fret

"On réunira le comité régulièrement, tous les mois", a indiqué Dominique Bussereau. "Ca sera l'occasion de vérifier si les choses vont bien ou mal."

M. Bussereau s’est félicité de "la mise en œuvre rapide et concrète" des huit engagements nationaux pour le fret ferroviaire, pour lesquels l'État a annoncé l'engagement de 7 milliards d’euros d'ici 2020. "Tout avance", a-t-il souligné. Parmi ces huit chantiers, on peut citer la mise en place d'"autoroutes ferroviaires" pour transporter les camions à travers la France, l'aide au développement du transport combiné, la création d'un "réseau orienté fret" sur les voies classiques, l'amélioration de la desserte des ports, etc.

Fret SNCF : pas l'affaire de l'État

Quant à la restructuration en cours de la division fret de la SNCF, "ce n'est pas notre affaire, c'est celle de M. Pepy (le président de la SNCF, Ndlr) et de M. Blayau (son adjoint chargé du fret et de la logistique), ce n'est pas l'affaire de l'État", a lancé M. Bussereau.

 

Liège Airport reste le premier aéroport fret du pays

Si Liège Airport reste le premier aéroport fret du pays, cette place de leader doit être relativisée puisque malgré tout la crise a aussi touché l'aéroport liégeois. L'année passée est une année de recul du fret transporté.

Avec une diminution de fret de 7% par rapport à 2008, Liège Airport en 2009 enregistre un recul, mais ce tassement est relatif, compte tenu de la crise économique.

482 121 tonnes de fret ont transité par l'aéroport contre 518 650 en 2008. Les bonnes surprises viennent du redressement des chiffres de la compagnie TNT, ainsi que du bon travail de compagnies comme El Al.

Liege Airport se positionne comme le premier aéroport cargo du pays.

Recul net par contre du trafic passagers, avec une perte de 45 000 unités. En 2010 Liege Airport poursuivra une politique d'investissement en infrastructures et visera à développer le trafic affaires: une petite niche à destination des cadres et chefs d'entreprises circulant en Europe.

 

Réforme de la formation professionnelle : "les circuits de financement ne cessent de se complexifier"

Pour Bernard Prolongeau, président délégué général de l’AFT-Iftim, la réforme de la formation professionnelle du transport ne simplifie pas le dispositif de financement. Interview.

Quel commentaire vous inspire la nouvelle réforme de la formation professionnelle  ?

Bernard Prolongeau : J’observe que le paysage de la formation professionnelle et des circuits de financement ne cesse de se complexifier. Avec les réformes successives, des strates se superposent. À l’instar de la réglementation transport, bien peu de textes sont abrogés. Que l’on ne vienne pas, ensuite, nous reprocher la complexité de nos organisations ! Celle-ci provient de la nécessité de répondre à une multitude de sollicitations de la part d’interlocuteurs tels que l’État, Pôle emploi ou encore les conseils régionaux… et à destination de publics de plus en plus diversifiés.

La création du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) en faveur des demandeurs d’emploi et des publics en difficulté vous semble-t-elle participer à cette complexification ?

Tout à fait. D’autant que nous attendons encore des décrets d’application pour sa mise en œuvre. Le FPSPP sera alimenté par une ponction de 13% sur le 0,5% (0,15% pour les moins de 20 salariés) dit "de professionnalisation" et sur le plan de formation. Les entreprises devront obligatoirement verser au moins 13% de leur "0,9 %" (0,40% pour les moins de 10 salariés) à l’OPCA Transports en 2010, le collecteur pouvant changer par la suite. Comment compenser cette ponction ? Chaque branche présentera ses projets à ce fonds mutualisé. Il faudra donc se battre pour que le FPSPP décide de financements qui intéressent le transport. En outre, les actions pourront faire l’objet de cofinancement avec un ou plusieurs partenaires, dont l’État, Pôle emploi, les régions… Ce qui implique une coordination pour établir les règles du jeu de demain.

Plusieurs rapports publics pointent un manque de transparence voire des dérives dans la gestion des fonds de formation professionnelle au plan national. Va-t-on vers davantage de contrôle ?

Ce n’est sûrement pas un hasard si la sortie du premier rapport de la Cour des comptes sur la formation professionnelle a précédé de peu la dernière réforme. Avec la situation économique et la montée du chômage, les pouvoirs publics veulent plus que jamais avoir leur mot à dire sur l’utilisation des ressources publiques. Et, il faut bien dire que la complexité des circuits engendre des suspicions de fraude. D’où la volonté du gouvernement d’opérer un contrôle accru. Il entend aussi simplifier le paysage des OPCA dont les agréments prendront fin à la fin 2011. La profession devra se montrer pro-active pour maintenir son organisme collecteur dans de bonnes conditions.

 

Nouvelle taxe carbone : Borloo maintient les exemptions du transport routier

Après le rejet du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Borloo a présenté les grandes lignes de la nouvelle taxe carbone devant le Conseil des ministres du 20 janvier. Les transporteurs conserveraient une exonération de 36%.

Le second scénario présenté le 20 janvier par le ministre de l'Écologie en Conseil des ministres sera intégré au projet de loi rectificative portant sur le grand emprunt. Sa finalisation n’est pas attendue avant février 2010, moment où le gouvernement lancera une concertation avec les syndicats, les élus, les ONG ainsi que les entreprises. Au final, la future taxe carbone n’entrera en application que le 1er juillet. Le temps de laisser passer les élections régionales...

Le dispositif de la taxe carbone restera inchangé pour les ménages : l’essence, le gaz de ville ou encore le gazole seront taxés à hauteur de 17 euros la tonne de CO2, soit 0,05 euro de plus par litre de carburant. Mais ils percevront un chèque vert portant sur un semestre et non pas une année.

Le volet entreprises de la taxe revu

Le communiqué de Jean-Louis Borloo précise que la taxe carbone sera appliquée aux entreprises des secteurs soumis au système européen des quotas, "jusqu'au 1er janvier 2013", date à laquelle ces derniers deviendront partiellement payants.

C’est uniquement sur le volet des entreprises industrielles que le gouvernement a décidé de revenir, secteurs épinglés par le Conseil constitutionnel, soit les "1 018 sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, (…) le transport aérien ou encore le transport routier de voyageurs", totalement exempté de la taxe. Des régimes de faveur "contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique", avaient estimé les neuf sages de la rue de Valois, qui relevaient que cela "aurait créé une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques".

Le transport routier resterait exempté

Des exceptions sont toutefois maintenues pour des secteurs jugés "sensibles" par le gouvernement : agriculture, pêche, transport routier, maritime et fluvial de marchandises. Statu quo également pour les pêcheurs et les transporteurs routiers de voyageurs. Les transporteurs bénéficieraient donc, comme dans le premier projet, d'une exonération de 36%, ce qui n'empêche pas la FNTR et l'Unostra de continuer à réclamer 75% d'exemption.

Mais des questions délicates restent entières et devront être tranchées, le gouvernement évoquant "des dispositifs spécifiques" afin de préserver la compétitivité des entreprises pour "certains secteurs sensibles". L'articulation entre la taxe carbone à la française et ce marché carbone européen (European Trading System), qui concerne plus de 1 000 sites industriels français (sidérurgie, cimenterie, raffinerie...), s'annonce difficile.

De son côté, le Medef, qui a demandé le renvoi de la mise en oeuvre à 2011, s'est prononcé en faveur d'une taxe carbone européenne, afin d'éviter les risques de distorsion de concurrence.

 

Stef-TFE : résultat net 2009 prévu en baisse

Stef-TFE a publié mercredi un chiffre d'affaires trimestriel en baisse de 2,6% et annoncé qu'en dépit d'une amélioration de sa rentabilité au second semestre 2009, son résultat net annuel serait inférieur à celui de 2008.

Les ventes du spécialiste du transport et de la logistique du froid ont totalisé 522,6 millions d'euros sur les trois derniers mois de 2009, à comparer à 536,7 millions un an plus tôt. A périmètre comparable, elles reculent de 3,6%.

Sur l'ensemble de l'exercice, le chiffre d'affaires s'inscrit en diminution de 4,7% à 1,98 milliard d'euros (-5,5% en comparable).

"Malgré une amélioration sensible de la profitabilité au cours du second semestre 2009, le résultat net du groupe devrait être légèrement inférieur à celui de 2008", déclare la société dans un communiqué.

En 2008, le résultat net de Stef-TFE s'était élevé à 40,5 millions d'euros (-8,9%) (plus de détails ).

Le groupe publiera ses résultats financiers complets le 25 mars.

L'action Stef-TFE a cédé 0,26% à 42,92 euros mercredi à la Bourse de Paris avant la publication de ces chiffres. Le titre affiche un parcours stable (+0,07%) depuis le 1er janvier après une progression de 29,5% en 2009.

 

 

Revue de presse sur le transport de marchandises du 21 janvier 2010

Au Sommaire :

·         Fret aérien : les aéroports internationaux progressent de 11 % fin 2009

·         UPS relève sa prévision du 4e trimestre, supprime 1.800 emplois

·         TNT se réorganise en Allemagne

·         Lufthansa Cargo

·         Chiffres du trafic de Fraport - Décembre et Année entière 2009

·         CMA CGM attend toujours les liquidités promises par les banques

·         La gouvernance du groupe CMA CGM mise en question

·         Prix de transport : "les chargeurs reçoivent des propositions alléchantes"

·         Le Port Autonome de Paris déborde de projets

·         Service minimum dans les transports : Bussereau ne veut pas modifier la loi

·         La SNCF change le patron de son fret ferroviaire

·         Salaires du TRM : le processus d'extension de l'accord est entamé

·         Le fret SNCF va perdre 19 % de ses effectifs cette année

·         Fret maritime : la dérive spéculative de la CMA CGM

 

Fret aérien : les aéroports internationaux progressent de 11 % fin 2009

Après dix mois de repli, les trafics de fret aériens ont amorcé un redécollage en novembre 2009 selon les statistiques de l'Airports' Council international (ACI). Tous les continents progressent à l'exception de l'Afrique.

Les statistiques de l’Airports’ Council International (ACI), basées sur un échantillon d’aéroports qui représentent 70 % du trafic de fret mondial, révèlent une progression des volumes de 10,9 % au mois de novembre 2009.
L’international gagne 13,8 % et le domestique 6,7 %. La croissance à l’international a dépassé pour la première fois de l’année celle du trafic domestique, certaines plates-formes clefs enregistrant des résultats spectaculaires, comme Anchorage (+50%), Shanghai (+31%), Los Angeles (+23%), Séoul (+22%), Dubaï (+21%) Hong Kong (+16%) et Memphis (+5%), souligne l’ACI.

Trafics en repli sur l'année 2009

En cumul annuel, la tendance reste négative, avec une chute de 10,3 % à fin novembre (-12,7 % à l’international et -5,3 % en domestique). La répartition géographique montre que le Moyen-Orient s’en tire le mieux avec des résultats en progression, tant en novembre (16,4 %) qu’en cumul annuel (+2,8 %).
Sur onze mois, toutes les autres zones sont en repli par rapport à la même période de 2008.

En revanche, pour le seul mois de novembre, tout le monde progresse à l’exception de l’Afrique (-6,2 %), mais dans des proportions très variables. En effet, les taux de croissance vont de +4 % à +5 % pour l’Amérique du Nord et l’Europe, jusqu’à +20,5 % pour l’Asie-Pacifique, en passant par +14,6 % pour l’Amérique latine-Caraïbes et +16,4 % pour le Moyen-Orient.

 

UPS relève sa prévision du 4e trimestre, supprime 1.800 emplois

Le groupe de messageries United Parcel Service (UPS) annonce un relèvement de sa prévision de résultat trimestriel et 1.800 suppressions de postes administratifs et de cadres.

En Bourse, l'action UPS gagnait 5,1%, à 60,34 dollars en matinée.

Le groupe américain table désormais sur un bénéfice par action compris entre 73 et 75 cents au titre du quatrième trimestre 2009. Il avait annoncé auparavant une prévision comprise entre 58 et 65 cents par action.

Ce relèvement de prévisions traduit l'amélioration des volumes de transport, sur le plan international comme intérieur, en raison de la reprise économique, explique Keith Schoonmaker, analyste chez Morningstar.

Le 17 décembre, FedEx, concurrent d'UPS, avait également relevé ses prévisions, mais celles-ci avaient alors déçu le marché.

Comme ces deux groupes réalisent à eux deux une grande partie du transport américain de biens, les économistes surveillent les annonces de FedEx et d'UPS.

Pour autant, Keith Schoonmaker estime que les suppressions d'emplois annoncées par UPS ne reflètent pas un affaiblissement de l'économie, bien que le département du Travail ait annoncé contre toute attente 85.000 destructions d'emplois en décembre aux Etats-Unis.

"Je l'envisage comme un gain d'efficacité", précise-t-il. "UPS récolte les fruits de son investissement dans la technologie."

UPS a expliqué que ces 1.800 suppressions de postes intervenaient dans le cadre de la réorganisation de sa division américaine de petits colis. Le nombre de régions sera ramené de cinq à trois et les secteurs de 46 à 20.

Le groupe de messagerie prévoit de comptabiliser une charge exceptionnelle en 2010 dans le cadre de sa restructuration dont les économies devraient toutefois compenser le coût.

 

TNT se réorganise en Allemagne

Le groupe néerlandais de logistique TNT a annoncé mercredi la vente d'une filiale en Allemagne ainsi que la création d'une alliance avec des éditeurs de presse pour concurrencer le géant Deutsche Post, selon un communiqué.

TNT a annoncé la vente de sa filiale de distribution en masse de plis publicitaires en Allemagne, sans donner de détails financiers.

Cette filiale est rachetée par son actuelle direction. Elle emploie quelque 300 personnes.

TNT a par ailleurs annoncé dans un autre communiqué paru en Allemagne le lancement d'une alliance avec plusieurs maisons d'éditions allemandes pour concurrencer le géant du courrier Deutsche Post.

 

Lufthansa Cargo

Lufthansa Cargo veut augmenter ses suppléments carburant plus tard ce mois pour compenser une nouvelle croissance des prix du pétrole ces derniers mois qui a fait grimper le coût de l'expédition de marchandises, une source du secteur transports, a déclaré vendredi.

La division fret de Lufthansa va augmenter la surtaxe de 5 centimes d'euro à 0,75 euro (1,08 $) par kilogramme, à compter de Janvier 25, selon la source.

Les prix du pétrole en début de semaine ont atteint un haut de 15 mois au prix de USD 83,95 $, ayant plus que doublé en un an plus tôt. Compagnies aériennes et les compagnies de fret, durement touchée par la récession mondiale, tentent de compenser la hausse des charges en passant sur certains coûts aux clients.

 

Chiffres du trafic de Fraport - Décembre et Année entière 2009

Le segment du fret aérien a également poursuivi sa tendance à la hausse. La quasi-totalité des régions de trafic ont enregistré une croissance à deux chiffres de la masse totale de fret aérien en décembre 2009. << Près de 174 000 tonnes métriques de fret aérien représentent une augmentation considérable de 29,1 % par rapport à décembre 2008 et une hausse plus de quatre fois supérieure à l'augmentation de 7 % de novembre 2009 >>, déclare Schulte. En transportant 8 429 tonnes métriques le 13 décembre 2009, FRA a enregistré un record du deuxième jour le plus chargé en matière de volume de fret aérien. FRA n'a transporté qu'une seule fois plus de cargaison en un seul jour : le 17 septembre 2006 (8 477 tonnes métriques).

Face à la conjoncture économique globale, le Groupe Fraport a terminé l'année 2009 avec une baisse de 9,7 % pour atteindre 2,1 millions de tonnes métriques.

 

CMA CGM attend toujours les liquidités promises par les banques

Philippe Soulié a pris la barre du groupe CMA CGM le 18 janvier, mais le navire attend toujours le versement par les banques des 500 millions de dollars (347 millions €) qui doivent assurer son sauvetage.

Du point de vue officiel, tout va comme prévu : le conseil d’administration de CMA CGM a tenu sa première réunion le 18 janvier. Jacques Saadé a été nommé président, Philippe Soulié, directeur général et Farid Salem, Rodolphe Saadé et Jean-yves Shapiro, directeurs généraux délégués. Font également partie du conseil d’administration, Tanya Saadé Zeenny, Tristan Vieljeux (ex-président du conseil de surveillance), Pierre Bellon, Denis Ranque (ex-PDG de Thales) et Christian Garin, ces trois derniers étant des administrateurs "indépendants".

Toujours selon la compagnie, le dernier trimestre de 2009 a été marqué par un retour aux résultats positifs de l’activité "opérationnelle". Elle prévoit donc une poursuite de cette amélioration, "soutenue par des taux de remplissage élevés et des taux de fret qui continuent à s’améliorer". Voilà qui devrait faciliter la vie du nouveau directeur général.

En attente de 500 millions de dollars

En effet, selon le syndicat maritime Normandie CFDT, le d.g. a reçu mandat du conseil d'administration pour "finaliser les discussions avec les banques sur la mise en oeuvre du plan de restructuration, nécessaire à l’obtention de la ligne de crédit". Il existerait donc encore des détails à finaliser dont la nature exacte échappe au syndicat, interrogé à ce sujet. Toujours est-il qu’il suspend "jusqu’à nouvel ordre les menaces de blocage des ports et des routes" tout en restant attentif à l’évolution des discussions en cours.

Le 18 décembre, le groupe CMA CGM a annoncé que la ligne de "liquidités de 500 millions de dollars était payable courant janvier 2010". Il n’est pas encore trop tard. "Le diable est sans doute dans les détails", estime Glen O’Brien, délégué FO du groupe, "d’où la nécessité de mettre les points sur les i mais il faut aller vite maintenant". Dans son édition du 20 janvier, le quotidien Libération apporte une autre dimension à la problématique : en cas de dépôt de bilan, les "créanciers énervés (dont les chantiers coréens...) pourraient les (les banquiers) attaquer pour soutien abusif. Du coup, ils ont posé comme condition préalable au versement que le tribunal nomme un conciliateur. Lequel serait à même de dégager leur responsabilité au cas où l’affaire tournerait mal".

Formation express

Pour parfaire sa formation professionnelle, l’ancien consultant associé d’Athur D.Little que fut Philippe Soulié, a passé quelques jours à bord d’un porte-conteneurs qui faisait sa tournée du Nord ainsi que chez Delmas au Havre. Selon une autre source, il est également parti à Malte voir à quoi pouvait bien ressembler un grand terminal à conteneurs. Interpellé, le service de communication se refuse à tout commentaire sur l’emploi-du-temps de Philippe Soulié. Il ne commente pas plus la question suivante : CMA CGM a-t-elle bien  obtenu  un moratoire jusqu’en fin mars 2010 pour le versement de ses charges patronales ? De source interne, ce serait bien le cas.

Phillipe Soulié apprend vite : il a déjà demandé que la communication externe lui soit rattachée, indique une source interne. Sujet "touchy" s’il en est.

 

La gouvernance du groupe CMA CGM mise en question

Tandis que CMA CGM attend toujours la ligne de liquidités de 500 millions d'euros promise par les banques, le quotidien Libération du 8 janvier fait état de mauvaises opérations financières passées par la famille Saadé.

Dans son édition du 8 janvier, Libération explique par le menu comment en 2008, CMA CGM a perdu près de 900 millions de dollars (624 millions €) en spéculant sur les évolutions tarifaires des soutes. Si dans un premier temps, il s’agissait de se couvrir à terme contre les fluctuations du prix des soutes, compte tenu des gains dégagés, CMA CGM se met à jouer sur le marché des dérivés.

Tout va pour le mieux jusqu’au moment où, contre toute attente, le marché se retourne en juillet 2008. La compagnie perd ainsi environ 860 millions de dollars. "La CMA CGM, qui confirme nos informations, s’est ainsi privée de la réserve d’oxygène qui lui aurait été nécessaire aujourd’hui pour tenir à distance ses créanciers et faire face à des engagements financiers colossaux", écrit Libération.

Le nantissements des actions demandé par les banques

Interpellée, la direction de la communication de la compagnie nous a précisé que ceci est une affaire ancienne et que CMA CGM, comme ses concurrents, a perdu de l’argent sur sa couverture à terme.
Le quotidien s’est également intéressé aux multiples sociétés contrôlées plus ou moins directement par Jacques Saadé.

Mais l’essentiel est ailleurs : en échange d’une rallonge de 500 millions d'euros encore à débloquer (juste de quoi passer l’hiver le sauvetage devant être complété au printemps par une augmentation de capital), "elles (les banques) ont réclamé le nantissement des deux tiers des actions CMA CGM. En cas de défaut de paiement, elles deviendraient propriétaires".

Stratégie d'encerclement ?

Le nantissement des titres nous a été confirmé le 12 janvier par le service de communication de la compagnie, d’autant que le site d’informations financières Wansquare précisait le 29 décembre que le nantissement portait sur 67% des titres détenus par la famille.

Sans mettre en doute les qualités professionnelles des deux journalistes de Libération, ces articles semblent tomber juste au bon moment ; au moment, où il serait de bon ton pour l’actionnaire très majoritaire de ne pas mettre de bâton dans les roues de Philippe Soulié, le nouveau directeur général appelé par les banques. Que Jacques Saadé prenne de la hauteur, mais pas de stratégie d’encerclement autour du nouveau d.g.

La CFDT au secours de CMA CGM

Un communiqué du syndicat maritime CFDT de Normandie explique que le syndicat a appris le 12 janvier que CMA CGM n’avait toujours pas reçu la ligne de liquidité "qui devait leur être accordée par les banques" malgré les réponses positives apportées aux "exigences" de ces dernières.

La compagnie "ne peut plus se permettre d’attendre plus longtemps que les banques honorent leurs engagements". La CFDT "attend de l’État qu’il fasse tout son possible pour débloquer cette situation qui n’a que trop duré. Au cas où nous n’aurions pas l’assurance que les fonds soient versés à CMA CGM avant la fin de la semaine, notre organisation syndicale attentera des actions : blocage des ports et barrages routiers".

 

Prix de transport : "les chargeurs reçoivent des propositions alléchantes"

Christian Rose, délégué général adjoint de l'Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF), fait le point sur les relations transporteurs-chargeurs à la veille des états généraux du transport : quid des négociations sur les tarifs ?

Les négociations tarifaires 2010 ont-elles été (ou sont-elles) aussi tendues qu'annoncées ?

Christian Rose : Sur un plan général et pour ne parler que des relations contractuelles établies, les chargeurs et les transporteurs ont fait (font) profil bas. Les premiers se gardant d’exploiter à l’extrême le déséquilibre du marché qui est en leur faveur et préférant miser sur le moyen terme. Les seconds ne se risquant pas à ouvrir des négociations tarifaires et préférant geler leurs tarifs. Ce n’est pourtant pas faute, pour les chargeurs, de recevoir des propositions alléchantes émanant notamment de prestataires qui opéraient dans des secteurs sévèrement touchés par la crise, comme par exemple l’automobile, et qui se sont brutalement retrouvés avec un parc routier et des personnels en surnombre. On pourrait donc presque parler d’absence de négociations, un peu comme si chacun convenait tacitement qu’il devait assumer sa part dans la crise économique générale.
Nous ne pensons pas que les appels d’offres se soient multipliés sous l’effet de la crise survenue à l’automne 2008. Ceux qui sont lancés ont, soit un but préventif, jouant le rôle de baromètre tarifaire, soit comme objectif une redistribution des cartes entre un nombre réduit de prestataires susceptibles de jouer sur des synergies. Cela concerne plus particulièrement les marchés paneuropéens.

La timide reprise ne favorise-t-elle pas le passage de la contractualisation au spot, et donc à une plus forte volatilité des prix ?

Crise ou pas, soit on est un acteur générant des flux irréguliers et diffus et on recourt au spot avec des transporteurs qui sont présélectionnés et avec lesquels on négocie les prix au gré des commandes, soit on est un pourvoyeur de flux importants et, malgré des baisses moyennes de volumes de 30% dues à la crise, on le reste et, sauf exception ou opportunité, le volume traité justifie toujours un minimum de contractualisation.

La nature de la relation chargeur-transporteur sera au cœur des états généraux. Qu’en attendez-vous ?

Très précisément que cette relation chargeur-transporteur ne soit pas instrumentalisée au cœur des débats mais n’en soit qu’une des thématiques. Il doit s’agir avant tout des états généraux du transport routier français auquel il faut restituer la compétitivité européenne qu’il a perdue ; si les chargeurs et les transporteurs ne sont pas convaincus qu’ils ont globalement plus à gagner à s’y rendre en ordre serré plutôt qu’animés d’une volonté d’en découdre, sauf à faire preuve de naïveté, la loi du marché européen fixe vite les limites de l’exercice. Les probabilités de manquer le rendez-vous n’en seront que plus grandes.

 

Le Port Autonome de Paris déborde de projets

Davantage de bateaux sur la Seine signifie moins de camions en Ile-de-France. Le Port Autonome de Paris veut préserver les flux traditionnels du BTP, tout en accompagnant la croissance du conteneur, des produits de recyclage ou de la logistique intra-urbaine.

Née sur une île, Paris est restée en osmose avec son fleuve. Mais plusieurs décennies de gloire du camion ont fait oublier le rôle essentiel de la Seine que le Grand Paris et l'axe Le Havre-Paris font redécouvrir. Le Port autonome de Paris (PAP) veut « mieux expliquer son rôle, si important pour l'Ile-de-France », affirme son nouveau directeur général, Hervé Martel. Deux étapes lui en fourniront l'occasion : les quarante ans du PAP, fêtés le 1er février prochain, et un nouveau projet stratégique d'ici à l'été pour donner la lisibilité à ses investissements (38,8 millions d'euros en 2010) et à sa politique foncière.

Hervé Martel se dit d'abord soucieux de préserver les filières traditionnelles, touchées par la crise, mais stables en part de marché. Le BTP, avec l'approvisionnement en granulats ou les sorties de déchets des chantiers, représente ainsi les trois quarts de l'activité. Ces trafics évitent 800.000 camions par an. « C'est la filière historique à ne pas oublier, même quand les granulats viendront de plus loin, que ce soient les roches éruptives du centre de la France ou le calcaire du Nord. »

La nouveauté est l'activité conteneurs maritimes, qui a connu un développement fulgurant dans l'hinterland du port du Havre. Six opérateurs spécialisés ont créé des navettes entre les ports normands et ceux d'Ile-de-France, où un réseau de plates-formes a été créé : après Gennevilliers, qui a doublé, ont été adaptés les ports de Bonneuil-sur-Marne et Limay. Bruyère-sur-Oise est en cours d'attri bution, Evry va ouvrir, puis Mon te reau en 2012. « Nous entrons dans un vrai marché, qui se compare désormais à la route. Le PAP veut accompagner sa croissance », déclare Hervé Martel. Des groupes de distribution réfléchissent à des approvisionnements fluviaux depuis Le Havre. En dix ans, le trafic a été multiplié par dix. Il devrait passer de 100.000 « boîtes » EVP aujour d'hui à 340.000 fin 2012.

Le PAP dispose de réserves de capacités pour aller au-delà et vise 600.000 boîtes à l'horizon de 2020. Sa principale carte est le port d'Achères, au confluent de l'Oise et de la Seine (donc au débouché du futur canal Seine Nord) en aval de Paris et qui devrait permettre de traiter 100.000 à 200.000 boîtes. Il démarrera avec 120 hectares portés à 300 ou 400 d'ici à 2017 ou 2020 au fur et à mesure que sera exploitée une réserve de granu lats. Le PAP vient de nommer un directeur de projet à plein temps sur ce dossier.

« Dernier kilomètre »

Par ailleurs, plusieurs chargeurs dans la messagerie, les matériaux ou des opérateurs logistiques étudient des projets de logistique fluviale intra-urbaine pour limiter les transports du « dernier kilomètre ». Carrefour étudie ainsi des approvisionnements dans Paris en bateaux via Evry. Parmi les autres filières émergentes figure celle des déchets et du recyclage. L'expérience la plus emblématique est celle du papetier UPM, qui a mis en place depuis 2008 des navettes entre Gennevilliers et Rouen. D'autres projets sont apparus dans son sillage : une usine pour traiter des bouteilles plastique issues du tri sélectif à Limay, une autre dans le même site pour transformer les huiles alimentaires usagées en biocarburants. Des réflexions sont en cours pour les déchets encombrants et les boues de stations d'épuration.

La réforme des ports maritimes a ouvert la possibilité à ces ports d'intervenir via des filiales hors de leur circonscription. Les statuts actuels du PAP ne lui permettent pas une telle démarche, mais le ministre envisage de les retoucher. Une logique de réseau et de bassin pourrait alors s'ouvrir au PAP, qui pourrait investir dans la plate-forme d'interface mer-fleuve du Havre, dans les plates-formes du canal Seine Nord ou dans des ports d'initiatives de collectivités locales comme Nogent-sur-Seine, Gron ou Longueuil-Sainte-Marie, en projet dans l'Oise.

 

Service minimum dans les transports : Bussereau ne veut pas modifier la loi

Le secrétaire d'Etat aux Transports a opposé le 13 janvier une fin de non-recevoir aux sénateurs de la majorité. Dans un débat, ceux-ci ont réclamé une amélioration de la loi sur le service minimum, jugée "insuffisante".

"Le gouvernement n'envisage pas de la modifier" a déclaré Dominique Bussereau à propos de la loi du 21 août 2007 sur le service minimum dans les transports. "Laissons-lui le temps de produire tous ses effets sur les relations sociales notamment dans les grandes entreprises" a-t-il ajouté.

Après la grève du RER A de décembre 2009 – le plus long conflit qu'ait connu la RATP depuis 1995 – le groupe UMP du Sénat avait en effet réclamé un débat sur cette question. "Les arrêts de travail de 59 minutes à répétition et les évènements sur la ligne A du RER ont montré que le service garanti est insuffisant", a déploré Jacques Gautier (UMP). "Ce n'est pas d'une loi sur le service minimum dont nous avons besoin, mais d'une loi sur le service maximum !", s'est exclamé Philippe Dominati (UMP).

Une nouvelle loi proposée

Catherine Procaccia (UMP) a déposé une proposition de loi sur le bureau du Sénat pour "aiguillonner" le gouvernement et "améliorer" une loi qui a toutefois "marqué une réelle avancée". Elle a souhaité "aller plus loin, dans les transports terrestres, aériens et maritimes".

Face à cette levée de boucliers, M. Bussereau a répondu que le premier bilan "montre que la loi a répondu aux objectifs initiaux", soulignant que "le nombre de journées de grève a baissé de moitié en 2009 par rapport à 2007. Il a estimé qu'elle pouvait, dans le secteur aérien, être étendue uniquement aux "entreprises exploitant des liaisons sous obligation de service public" c'est-à-dire avec la Corse, les DOM-TOM et Mayotte. En matière de navigation aérienne où "les grévistes ne sont pas obligés de se déclarer à l'avance", "peut-être faudrait-il modifier en ce sens la loi de 1984", a toutefois dit le secrétaire d'Etat.

Le problème des pannes

L'opposition a dénoncé le manque de moyens avec un "réseau saturé, incapable de répondre à la demande croissante" en Ile-de-France, selon Raymonde Le Texier (PS). "Le service normal est très souvent perturbé par des pannes, dues à l'obsolescence de certains matériels" a-t-elle observé.

 

La SNCF change le patron de son fret ferroviaire

Quatre mois après le lancement d'un nouveau plan de sauvetage, Fret SNCF change déjà de tête. La compagnie ferroviaire a annoncé hier le départ de Luc Nadal, qui s'occupait du transport ferroviaire de marchandises au sein du groupe. Ce changement ouvre la voie à une reprise en main par Pierre Blayau : le directeur général délégué de la branche SNCF Geodis aura désormais comme casquette supplémentaire la gestion directe du transport ferroviaire de marchandises. Il sera épaulé pour cette tâche par Sylvie Charles, présidente de la filiale STVA (spécialisée dans l'acheminement d'automobiles) depuis sept ans et qui prendra la tête de Fret SNCF.

Le départ de Luc Nadal n'est pas une complète surprise au sein du groupe public. « C'est quelqu'un qui s'est mis en première ligne et s'est donc attiré quelques inimitiés », estime Bruno Duchemin (CFDT-Fgaac). Arrivé en 2005 à la SNCF, il avait à son crédit, notamment, la remise à flot de Naviland, la filiale conteneurs maritimes. Par la suite, il était devenu le bras droit de Pierre Blayau lors de la mise en place du plan de sauvetage du fret l'année dernière. Son franc-parler lui avait valu l'estime de l'encadrement de l'activité, un peu moins celle de certains syndicats, avec lesquels il avait eu quelques passes d'armes. « Son rôle était de déstabiliser la technostructure pour permettre la réforme, il faut désormais passer à autre chose », juge un cadre du groupe.

Point d'étape

Dans cette nouvelle phase, Pierre Blayau entend prendre ses responsabilités. « Ce n'est ni un conflit de personnes ni un changement de stratégie. Simplement, j'ai choisi de monter au créneau afin de faciliter l'exécution du plan de relance du fret, que j'ai personnellement conçu », explique aux « Echos » le directeur général délégué du groupe public. Ce plan prévoit 1 milliard d'euros d'investissement dans de nouveaux segments d'activité et une forte réduction de voilure pour l'activité de wagon isolé, lourdement déficitaire. Une mesure reste en suspens, concernant l'avenir des entités spécialisées sur certains segments de marché. Un point d'étape doit être fait mi-2010, pour savoir si celles-ci peuvent rester au sein même de l'établissement public, sans dérogation au statut cheminot, ou bien basculer dans l'univers des filiales.

 

Salaires du TRM : le processus d'extension de l'accord est entamé

Dans un avis publié le 10 janvier au JO, le gouvernement redit son intention de rendre obligatoire à tous les transporteurs routiers l'accord salarial conclu en décembre 2009. La FNTR confirme, elle, son refus à l'extension de "cet accord scélérat".

Le 11 décembre 2009, tous les syndicats du transport routier de marchandises (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC) et une seule organisation patronale, la Fédération des entreprises de transport et logistique de France (TLF), sont parvenus à un accord sur les salaires, mettant fin à un mot d'ordre de grève qui menaçait les approvisionnements de Noël. Les trois autres organisations patronales (FNTR, Unostra, OTRE) avaient claqué la porte des négociations.

L'accord prévoit notamment une augmentation des salaires de 4% pour les plus bas salaires (dans les transports routiers locaux et régionaux), et de 2,9% pour les plus hauts (transports internationaux), ainsi que la revalorisation des frais de déplacements de 3%.

15 jours pour se prononcer sur la généralisation

Ces deux points (salaires et frais de déplacements) ont fait l'objet d'avenants à la convention collective nationale des transports routiers et des activités auxiliaires des transports, que le gouvernement veut donc désormais "rendre obligatoire, pour tous les employeurs et les salariés entrant dans son champ d'application", précise l'avis du journal officiel. Les organisations professionnelles "et toutes personnes intéressées" disposent désormais de quinze jours pour faire connaître, auprès du ministère du Travail, "leurs observations et avis au sujet de la généralisation envisagée", ajoute l'avis.

Dès la signature de l'accord en décembre 2009, le secrétaire d'État aux Transports Dominique Bussereau avait affirmé que l'accord s'appliquerait "dès le début 2010" à toute la profession.

La FNTR continue à dire non

Conformément à ce qu’elles avaient annoncé, la FNTR et l'UNOSTRA redisent leur opposition à cette extension dans un communiqué publié le 11 janvier : "L'intérêt général a dû s’effacer devant quelques intérêts particuliers. Un choix, une nouvelle fois à sens unique, en faveur de ceux qui, globalement, sous-traitent une bonne partie de leur activité routière. Les signataires ne sont pas les payeurs. Les victimes de cet accord sont bien les entreprises de transport, de toutes tailles et de toutes spécialités, celles qui assument la responsabilité de leur parc de véhicules et de leurs contrats de travail".

Après cette attaque en règle contre la sous-traitance, les deux syndicats patronaux posent aussi la question de la représentativité de l'organisation signataire : "Aucune organisation, minoritaire dans le transport routier, n'a le droit de signer un chèque en blanc contre toutes les entreprises de transport." Et de réclamer "une enquête générale de représentativité" au ministère des Transports accusé d'être favorable "à la division pour mieux régner". La FNTR fait état d'un courrier adressé le 8 janvier à Dominique Bussereau sur ce sujet (voir encadré ci-dessous).

La FNTR à Dominique Bussereau : "cet accord scélérat, la profession le refuse !"

Voici les extraits du courrier en date du 8 janvier envoyé à Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports, par le président de la FNTR :

"2009, c'est l'année même où il ne fallait pas signer à 4% : des prix en chute libre entre -5 et -15%, une activité en baisse de -10% en moyenne, des défaillances d’entreprises qui continuent à un rythme soutenu (2000 en 2008, 1700 en 2009). Dans un contexte de crise économique d'une gravité sans précédent (chute de l’activité, marché sous tension concurrentielle, libéralisation du cabotage, pandémie fiscale…), les entreprises de transport ont été sacrifiées".[...]

"Cet accord scélérat, la Profession le refuse ! La FNTR s’oppose donc à son extension. Il n'est pas acceptable que la signature d'une organisation minoritaire dans le transport routier de marchandises puisse engager les entreprises du transport routier".
"Il appartient au ministère des Transports de se livrer et de faire procéder à une enquête approfondie et générale de représentativité des Organisations Professionnelles du transport routier, avant d'accorder, et à plus forte raison d'accélérer, l'extension. La loi sur la représentativité syndicale (loi du 20 août 2008) s’impose à tous, organisations patronales comme organisations syndicales de salariés. Il est grand temps que le ministère des Transports en prenne acte".

 

Le fret SNCF va perdre 19 % de ses effectifs cette année

L'établissement public va supprimer 1.400 postes en 2010, soit une tendance similaire à celle enregistrée les années précédentes. En revanche, le fret, en pleine restructuration, va connaître une forte contraction de ses effectifs.

Le chiffre est guetté tous les ans à pareille époque par les syndicats. Outre la trajectoire financière, le budget de la SNCF dévoile en effet également l'évolution à venir des effectifs de la compagnie ferroviaire. En 2010, ces derniers devraient être réduits d'environ 0,9 % au sein de l'établissement public, selon nos informations, soit la suppression de 1.404 postes sur un total de 155.202 personnes. C'est moins qu'en 2009, où la contraction a été de 1,1 % (- 1.774 emplois en moins).

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Les comptes de la SNCF vont rester au point bas en 2010

L'évolution va toutefois être beaucoup plus spectaculaire pour Fret SNCF. Pour cette activité, environ 2.600 postes devraient être supprimés, soit une baisse de 18,6 % par rapport à 2009. Or l'an dernier avait déjà été marqué par une nette réduction des effectifs (- 1.763 emplois en moins).

Le wagon isolé va disparaître

Ces chiffres traduisent la grave crise traversée par le transport ferroviaire de marchandises en 2009 (- 25 % pour l'activité), mais surtout le plan de redressement mis en place par l'entreprise pour sauver son fret. Ce plan passe notamment par la quasi-disparition de l'activité de wagon isolé, à l'origine d'une grande partie des pertes. Il y a quelques semaines, les syndicats disaient même craindre entre 4.000 et 6.000 suppressions de postes pour cette division. Ce plan de redressement ne devrait pas avoir en revanche d'effets visibles sur les comptes du fret en 2010, dont le résultat opérationnel courant devrait s'établir à - 450 millions contre - 472 millions en 2009. Le budget retient également l'hypothèse d'une poursuite de la baisse du chiffre d'affaires, à hauteur de 11 %. Le document chiffre toutefois à environ 250 millions les économies devant être générées à terme par le plan de redressement.

Concernant cette restructuration du fret, la direction a déjà érigé le reclassement interne des cheminots concernés comme une de ses priorités. La compagnie ferroviaire devrait ainsi privilégier cette année la mobilité au recrutement externe au sein de l'établissement public. Ainsi, le groupe public ne prévoit pas de recruter plus de 1.800 personnes, alors qu'il a chiffré ses « besoins en compétences nouvelles » à environ 3.800 personnes. Le solde sera donc prioritairement pourvu en interne. Cela passera notamment par de la formation, avec un budget qui sera porté à 390 millions cette année.

 

Fret maritime : la dérive spéculative de la CMA CGM

Jacques Saadé, omnipotent patron de la CMA CGM, a-t-il obéré l’avenir de son entreprise en cédant aux sirènes de la spéculation financière ? Question a priori incongrue s’agissant d’un vieux capitaine d’industrie dont le flair opérationnel et l’entregent politique ont propulsé une petite affaire familiale libanaise, la CMA (Compagnie maritime d’affrètement), au rang de plus gros armateur français et numéro 3 mondial. Officiellement, l’actuel naufrage du groupe, tenaillé depuis septembre par ses banquiers, doit tout à la contraction sans précédent des échanges mondiaux, l’effondrement des taux de fret et l’impossibilité pour la compagnie de financer des navires commandés en pleine euphorie.

Mais voilà, cette explication officielle cache une histoire bien plus compromettante pour Jacques Saadé. Selon nos informations, la CMA CGM a pris l’eau en s’aventurant sur les marchés dérivés, les investissements les plus risqués qui soient pour une entreprise. Le retour de bâton a été violent. Les positions prises sur les produits dérivés - principalement du pétrole - ont, en 2008, coûté près d’un milliard de dollars (près de 700 millions d’euros) à la CMA CGM. Et ponctionné sévèrement la trésorerie d’une compagnie, confrontée au même moment à une chute de son activité. La CMA CGM, qui confirme nos informations, s’est ainsi privée de la réserve d’oxygène qui lui aurait été nécessaire aujourd’hui pour tenir à distance ses créanciers et faire face à des engagements financiers colossaux. Retour sur un fiasco jusqu’ici bien caché.

Flambée des cours. Loup de mer pourtant chevronné, Jacques Saadé n’a rien vu venir. Partie de peu, sa compagnie est début 2008 à la tête d’une flotte de 361 navires. Une vraie réussite qui suppose toutefois de sécuriser son approvisionnement en carburant, dans un contexte où les experts commencent à pronostiquer une raréfaction des réserves pétrolifères. Jacques Saadé s’attache alors les services d’un spécialiste des marchés pétroliers, qui lui rend compte personnellement. Objectif affiché : se prémunir contre une hausse de l’or noir susceptible de compromettre l’exploitation de la compagnie. Toutefois, le groupe ne se contente pas de se garantir un prix maximum d’achat de son pétrole en prenant position sur les marchés à terme (opération de couverture traditionnelle pour une entreprise). Sous l’impulsion de Saadé, l’entreprise se lance sur les marchés des dérivés, produits «à fort effet de levier». A la hausse, comme à la baisse. La fortune lui sourit jusqu’en 2007. Ses prises de positions sur les options de pétrole et de taux gonflent cette année-là son profit. «Il a gagné beaucoup d’argent», reconnaît un proche.

Début 2008, la tendance à l’appréciation du baril de Brent se confirme. En avril, le seuil des 100 dollars le baril est franchi. Les banques d’affaires rivalisent de prévisions inquiétantes. Les analystes de Goldman Sachs pronostique en mai 2008 une flambée des cours du brut «entre 150 et 200 dollars dans les six mois à deux ans». Morgan Stanley et Allianz lui emboîtent le pas. Convaincue que le pétrole va continuer à flamber, la CMA CGM perd toute prudence. Non contente de prendre des options d’achat sur le pétrole (des call), elle commence, via Morgan Stanley, à vendre des options de vente (des put). Et s’engouffre dans une logique de spéculation pure.

Risque illimité. Pourquoi ?Call et put, deux instruments financiers symétriques, confèrent le droit d’acheter ou de vendre un actif que l’on ne possède pas - en l’occurrence du pétrole - à un prix fixé au départ dans un délai déterminé. On achète généralement des call lorsqu’on anticipe une hausse prononcée du marché à court terme (ou des put pour une baisse). S’offrir un tel instrument peut être une façon de sécuriser ses achats sur le marché des matières premières. Au pire, on perd le prix de son option. Vendre un put s’avère autrement plus dangereux : car on donne la possibilité à l’acheteur de l’option de vous vendre un baril de pétrole à un prix que l’on ne connaît pas a priori. Et dans ce cas le risque est illimité.

Pas de chance pour CMA CGM, en juillet 2008, le marché pétrolier se retourne, contre toute attente. Entre juillet et décembre, le cours du baril s’effondre : de 146 à 32 dollars… Les banques s’affolent. Elles exigent de la compagnie qu’elle couvre son risque. La trésorerie de l’armateur intègre ainsi au 31 décembre près de 1,1 milliard de dollars (768 millions d’euros) d’appel sur marge sur instruments financiers dérivés ! Côté résultat financier, c’est le bouillon: 860 millions de dollars de pertes.

Le groupe réussit malgré tout à ne pas finir l’année dans le rouge. Mais son bénéfice (112 millions) s’est effondré de 88% en dépit d’un chiffre d’affaires en hausse de 28%. Les fonds de tiroirs sont raclés. Aujourd’hui, la CMA CGM affirme ne plus faire que «de la couverture physique sur les marchés à terme». Exit donc les marchés dérivés spéculatifs. Un peu tard. Dans la tourmente de la crise mondiale, la chute du fret s’est confirmée, vertigineuse. Ironie de l’histoire, c’est justement de 1 milliard de dollars en capital dont la compagnie aurait besoin pour se remettre à flot.

 

 

Revue de presse sur le transport de marchandises

du 7 janvier 2010

Au Sommaire :

·         Grande-Bretagne : DHL vend aussi sa messagerie

·         Taxe carbone : les transporteurs devraient conserver leurs exemptions

·         Le cas Novatrans

·         De nouveaux enjeux, de nouvelles stratégies pour lestransporteurs ?

·         Fret ferroviaire: La libéralisation du secteur inquiète

·         France: prêt de 500 M USD accordé à l'armateur CMA CGM, lourdement endetté

·         CMA CGM accélère la restauration de ses taux de fret

·         EuroCarex : Lyon chiffre le potentiel pour l'express

·         La crise sera-t-elle longue pour le monde maritime ?

·         Le train de la libéralisation poursuit sa marche folle

·         Le fret aérien à mi-parcours de sa convalescence

·         FedEx relève ses objectifs trimestriels

·         Deutsche Bahn : le fret en baisse de 25 % l'an dernier

·         Le transport de conteneurs a perdu 11 milliards de dollars en neuf mois

·         Reprise de DHL Express France : Caravelle bien placé

·         TUI veut poursuivre son désengagement de Hapag-Lloyd

 

Grande-Bretagne : DHL vend aussi sa messagerie

La Deutsche Post, propriétaire de DHL, annonce avoir vendu son activité de livraison de colis en Grande-Bretagne. Après la France, c'est le deuxième pays où DHL cède sa branche messagerie en quelques mois.

Le groupe a signé un contrat de vente de son activité de distribution de colis en Grande-Bretagne à la société Home Delivery Network, a indiqué le 5 janvier un porte-parole de l'entreprise allemande. Il a décliné tout commentaire sur le montant de la transaction.


L'activité cédée emploie 4 700 personnes. Il s'agit de la livraison de colis à l'intérieur du marché domestique britannique.

Le groupe Deutsche Post reste toutefois présent en Grande-Bretagne où il continue à employer 50 000 personnes. Il entend se concentrer sur des activités plus rentables comme la livraison de colis express à l'international.

 

Taxe carbone : les transporteurs devraient conserver leurs exemptions

Une nouvelle mouture de la taxe carbone se prépare pour application au 1er juillet. Sans changement, a priori, pour les transporteurs routiers par rapport à la version initiale invalidée par le Conseil constitutionnel le 29 décembre.

La contribution carbone entrera en vigueur le 1er juillet 2010, a annoncé le porte-parole du gouvernement à l’issue du premier Conseil des ministres de l’année, le 5 janvier. Avec six mois de retard, donc, sur le calendrier initialement prévu. Telle est la conséquence de la censure opérée le 29 décembre 2009 par le Conseil constitutionnel sur l’article 7 du projet de budget 2010 qui instaurait la contribution carbone à compter du 1er janvier 2010.

Les sages de la rue de Montpensier, qui avaient été saisis le 22 décembre par des parlementaires socialistes, ont "bloqué" face à la multiplicité des exemptions. Une accumulation jugée "contraire à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et de nature à créer "une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques".

Les exonérations remises en question

Dans le collimateur des juges constitutionnels : les exonérations totales prévues pour les centrales thermiques produisant de l’électricité et les quelque 1 000 sociétés industrielles les plus polluantes (chimie, papeterie, raffineries, cimenteries…) qui, bien que déjà soumises à des quotas de CO2, n’auront pas à mettre la main à la poche avant 2013. "Ces exemptions auraient conduit à ce que 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone", indique le texte. Du coup, les ménages français auraient dû en supporter l’essentiel.

Une deuxième mouture du dispositif se prépare donc. Le ministre de L’Écologie, Jean-Louis Borloo, devrait en exposer les grandes lignes à ses homologues ministériels, le 20 janvier.

Après les régionales

Contrairement aux premières annonces de Matignon, le nouveau dispositif ne serait pas intégré à la loi de Finances rectificative qui englobera les investissements du grand emprunt. Ce projet de texte est attendu au Parlement dès février. Trop tôt au goût du chef de l’État qui a opté pour un calendrier moins resserré. La contribution carbone fera l’objet d’un collectif budgétaire spécifique, qui sera examiné par les élus au printemps. Et ce, après une concertation de "plusieurs semaines" avec les "acteurs concernés". Ce long cheminement permettra au gouvernement de franchir le cap des élections régionales, en mars, sans avoir la nouvelle taxation "dans les pattes".

Seules les exonérations accordées aux activités industrielles "les plus polluantes" devraient être revues, ont indiqué plusieurs membres du gouvernement dont la ministre de l’Économie Christine Lagarde et celui du Budget, Eric Woerth.

Après la taxe carbone, l'écoredevance poids lourds ?

En s’appuyant sur le principe d’égalité devant l’impôt, les juges constitutionnels auraient-ils pu invalider l’écoredevance PL ? La question mérite d’être posée pour la modulation régionale appliquée aux régions périphériques (Bretagne, Aquitaine, Midi-Pyrénées). 


"Dans la mesure où la loi Grenelle 1 est votée, la question ne se pose pas aujourd’hui", précise-t-on dans l’entourage de Dominique Bussereau. Ce qui ne signifie pas que le risque de l’invalidation était nul avant le vote. Lors des débats parlementaires, l’association environnementaliste France Nature Environnement (FNE) avait dénoncé la modulation régionale de 25% au motif que l’égalité devant l’impôt n’était pas respecté sur l’ensemble du territoire. Une thèse balayée par le député UMP du Morbihan, François Goulard : "Si vous prenez l'exemple de la fiscalité locale, il existe plusieurs taux en France. Il est tout à fait possible, pour tenir compte de situations particulières, de moduler un impôt." Dont acte.

 

Le cas Novatrans

C’est une assez bonne illustration des problèmes du transport combiné : la SNCF est désormais seule aux commandes de Novatrans. Cette structure fut pourtant créée pour faire réfléchir ensemble l’opérateur ferroviaire historique et les transporteurs routiers à l’avenir du transport combiné.

Justifiée officiellement par le besoin de recapitalisation de Novatrans, cette prise de pouvoir est étonnante de la part d’une entreprise davantage connue pour ses insuffisances en matière de transport combiné que pour son efficacité en terme de fret ferroviaire. En témoignent les 600 millions d’euros de perte attendus cette année (pour 1,4 milliard de chiffre d’affaires) et les 3 milliards régulièrement cités pour évaluer le niveau de subvention dudit fret ferroviaire et ceci quoiqu’il n’assure en volume que moins de 15 % du transport de marchandises et tout au plus 5 % en valeur.

Pour Michel Chalot, le patron des routiers alsaciens, la preuve est faite que le lobby anti-ferroutage n’est pas celui que l’on croit. « Lors du Grenelle de l’environnement, la FNTR, en tant que membre de Novatrans, avait proposé de doubler à moyen terme les volumes transportés en combiné. Qu’a fait la SNCF ? »

Reste à vérifier sur le terrain les effets de cette prise de pouvoir par le premier… transporteur routier de France, à la fois « tractionnaire » et logisticien, somme toute juge et partie. Les persifleurs notent d’ailleurs avec amusement que la SNCF vend davantage de transport de marchandises par la route que par le rail.

 

De nouveaux enjeux, de nouvelles stratégies pour les transporteurs ?

Écotaxe, taxe d'usage du transport routier, taxe carbone... Le transport routier de marchandises doit faire face à de nouveaux enjeux, économiques et environnementaux.

La chambre régionale de commerce et d'industrie et la FNTR (Fédération nationale des transporteurs routiers) se sont associées afin de mesurer les impacts de ces changements sur les choix stratégiques des entreprises en matière de logistique et de transport. Une récente enquête, menée auprès de 5 500 entreprises donneuses d'ordre de la région, montre que les nouvelles réglementations ne devraient pas engendrer de report modal important.

Le transport routier, c'est actuellement 89 % des trafics nationaux et 75 % des trafics internationaux transitant dans le Nord - Pas-de-Calais.

Seulement 11 % des entreprises interrogées passent, à un moment ou à un autre, par un mode alternatif (fluvial, ferroviaire).

Augmentation des coûts

Cependant, 21 % des entreprises interrogées souhaitent faire évoluer les habitudes de transport, soit en réétudiant sa logistique (67 %), en faisant un report sur d'autres moyens de transport (38 %) ou en exigeant du transporteur une réduction de ses émissions de polluants (29 %).

Bien sûr, les nouvelles taxations ne seront pas sans conséquences sur l'augmentation des coûts de transport des entreprises et sur leur organisation logistique. Une augmentation des coûts qui sera vraisemblablement répercutée par une hausse des prix au client final.

Avec l'ouverture du cabotage (la possibilité pour les transporteurs étrangers d'effectuer des transports routiers à l'intérieur du territoire français), l'instauration de la taxe poids lourds et de la taxe carbone, près de 38 % des entreprises interrogées sont prêtes à passer par des transporteurs étrangers, pour des raisons principalement de prix.

Désavantages

Ceci représente donc une grande menace pour le secteur du transport français, soumis à de très forts désavantages concurrentiels. Les gagnants seraient, de manière équivalente, les transporteurs d'Europe de l'Est, mais aussi d'Europe du Nord qui bénéficient d'un coût de main d'œuvre et d'une fiscalité plus avantageux.

 

Fret ferroviaire: La libéralisation du secteur inquiète

Alors que les syndicats de la SNCF appellent à la grève, mardi 20 octobre, notamment pour exprimer leur inquiétude sur l’avenir du fret, en Europe le secteur est plutôt morose.

Tout au long de l’année 2008, le fret ferroviaire a connu une dégradation constante, amplifiée, à partir du mois d’octobre, par les premiers effets de la crise économique mondiale. Résultat: un recul de 5% (trafic exprimé en tonnes/kilomètre 1) par rapport à l’année précédente.

Depuis le début de l'année 2009, l’activité Fret de la SNCF est plutôt en difficulté, par rapport à la moyenne européenne. Le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a annoncé, mercredi 16 septembre, que l’Etat consacrerait plus de 7 milliards d’euros pour le fret ferroviaire d’ici à 2020. 

La SNCF contrôle 90% du marché

Mais au-delà des chiffres, c’est la libéralisation du secteur qui inquiète. Entamée en 2007, conformément aux règles communautaires, la mise en concurrence du secteur a abouti à l’entrée de nouveaux opérateurs sur le marché français. 

Au bout de deux ans, Véolia a ainsi conquis près de 10% du marché, avec 4,5 milliards de tonnes-kilomètres (1) transportées en 2005, contre 37,03 milliards pour la SNCF. «Ce pourcentage est à peu près comparable à ce qui s'est passé en Allemagne au bout de la même période» après la libéralisation, analyse Alain Bonnafous, chercheur au laboratoire d’économie des transports.  

Pour l’économiste, la branche Fret de la SNCF souffre de l’entrée en concurrence du secteur, essentiellement à cause de ses coûts de production, «supérieurs à 30% par rapport au reste du marché». 

Evoquant l’avenir du secteur, il estime qu’«il n’y a aucune raison que les entrants se retirent, à moins qu’ils ne rencontrent des entraves très fortes». Car si les concurrents de la SNCF ont pu connaître, en 2007, certaines difficultés, notamment dans leur relation avec Réseau ferré de France (RFF), la situation s’est nettement améliorée aujourd’hui. «Un nouvel entrant n’a aucune difficulté quant à l’allocation par RFF de créneaux horaire pour le transport de marchandises, autrement appelés "sillons fret"», poursuit l’économiste. 

Le précédent allemand

Mais pour Alain Bonnafous, la France demeure un «cas singulier» dans le paysage européen. «La France est le seul pays dont la part du chemin de fer est décroissante», explique-t-il. Selon lui, «le handicap de l’opérateur historique est très important». Il évoque notamment le «refus du changement».

En Allemagne, le mouvement est engagé depuis plus de dix ans. Récemment, une étude prospective, Fret 2030, a pronostiqué une croissance soutenue du trafic ferré, «avec un tonnage domestique stagnant, mais une augmentation des distances de transport», note un rapport du Conseil national des Transports publié en janvier 2009.

Outre-Rhin, 318 opérateurs ferroviaires privés se partagent un réseau ouvert à la concurrence depuis 1994. Mais en réalité, 40 à 50 d’entre eux, réalisant 20% de part de marché, sont réellement actifs. Et la filière de fret ferroviaire de la Deutsche Bahn, la compagnie historique, est le deuxième opérateur derrière l’Ukrainien UZ. 

A Bruxelles, le Parlement devrait examiner, dans les mois qui viennent, une proposition de règlement sur le fret en deuxième lecture. Le texte vise à mettre en place des corridors ferroviaires internationaux «pour un fret compétitif». La Commission propose la création d’au moins un corridor international par Etat membre d’ici à 2012. Aujourd’hui, seuls six corridors de ce type existent en Europe.

 

France: prêt de 500 M USD accordé à l'armateur CMA CGM, lourdement endetté

Les créanciers de l'armateur CMA CGM, numéro trois mondial du fret maritime, lourdement endetté, lui ont accordé jeudi soir un prêt de 500 millions de dollars, préalable à sa restructuration financière, a annoncé vendredi à l'AFP un porte-parole du groupe.

Les créanciers de l'armateur CMA CGM, numéro trois mondial du fret maritime, lourdement endetté, lui ont accordé jeudi soir un prêt de 500 millions de dollars, préalable à sa restructuration financière, a annoncé vendredi à l'AFP un porte-parole du groupe.

"Une ligne de crédit de 500 millions de dollars a en effet été accordée par le pool des banques créancières hier soir au cours d'une longue réunion", a déclaré à l'AFP ce porte-parole, confirmant une information du journal Le Figaro.

Cette opération s'accompagne, comme le réclamaient les créanciers, d'"un renforcement de la gouvernance" du groupe, a ajouté le porte-parole.

Son fondateur, Jacques Saadé, va devenir président de l'entreprise, tandis que Philippe Soulié, l'actuel président de la Cnim, une société industrielle de produits et de service, est nommé directeur général.

Deux nouveaux administrateurs ont également été désignés, dont Denis Ranque, l'ex-PDG du groupe français d'électronique et de défense Thales.

Une réunion du conseil de surveillance de CMA CGM est prévue le 23 décembre, a précisé le porte-parole.

Avec un chiffre d'affaires de 15,1 milliards de dollars l'an dernier, le groupe familial ploie sous une dette de plus de 5 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros environ).

L'armateur, l'un des premiers employeurs privés de la région marseillaise, emploie quelque 16.500 salariés dans le monde, dont 4.000 en France.

Il a été touché de plein fouet, comme ses concurrents, par le déclin du commerce mondial provoqué par la crise il y a un an. Faute de clients, les volumes et les tarifs du transport des conteneurs ont dramatiquement chuté.

"Cette étape importante permet de poursuivre sereinement les discussions en cours sur la restructuration de la dette et le renforcement du capital avec l'arrivée d'investisseurs prévue dans le courant du 2e trimestre 2010", a commenté l'armateur dans un communiqué.

Le groupe Louis Dreyfus Armateurs avait manifesté publiquement son intérêt. Le fonds français Butler Capital et la banque américaine Goldman Sachs sont souvent aussi mentionnés.

Le Fonds stratégique d'investissement (fonds public français) et l'Etat français ont pour leur part fait savoir qu'ils n'excluaient pas d'intervenir une fois le problème de la dette du groupe réglé.

CMA CGM, qui négocie actuellement le report de la livraison de 49 navires prévue d'ici à 2012 auprès de chantiers navals coréens, a par ailleurs déclaré vendredi que le prêt consenti par ses créanciers "devrait faciliter" ces discussions.

 

CMA CGM accélère la restauration de ses taux de fret

« Une étape importante a été franchie ». C'est ce qu'indique Jean-Philippe Thénoz, Directeur Central Lignes Amérique du Nord de CMA CGM. Hier, le groupe maritime français a annoncé sa décision d'anticiper la hausse de ses tarifs sur les lignes Transpacifique (eastbound), initialement prévue en mai 2010. Dans le cadre du Transpacific Stabilization Agreement (TSA), auquel participent les 15 armements majeurs sur cette route, CMA CGM a décidé d'augmenter à compter du 15 janvier et jusqu'au 30 avril 2010 ses taux de fret pour les marchandises transportées entre l'Asie et la Côte Est et Ouest des Etats-Unis. Le montant des hausses sera de 320 dollars pour les conteneurs de 20 pieds (EVP), 400 dollars pour les conteneurs de 40 pieds, 450 dollars pour les conteneurs de 40 pieds « High Cube » et 505 dollars pour les conteneurs de 45 pieds HC. Pour Jean-Philippe Thénoz, cette étape « s'inscrit dans une longue et indispensable démarche d'un retour à des conditions financières acceptables sur ce trade. Cette augmentation des taux de fret sur les lignes Transpacifiques permet de maintenir un déploiement de flotte optimal et constitue la première étape vers le retour à l'équilibre nécessaire à l'industrie du transport maritime ».

 

EuroCarex : Lyon chiffre le potentiel pour l'express

Lyon Carex a chiffré les potentiels de transport de fret express au départ de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry via le réseau Eurocarex. Celui prévoit de relier les plateformes aéroportuaires européennes par train à grande vitesse.

La conclusion de l'étude chiffrée menée par Lyon Carex est qu'il existe bien un marché sur le transport ferroviaire de type express, particulièrement sur l’axe Lyon-Saint-Exupéry Paris-Roissy qui correspondrait à la première phase du réseau. Sur cet axe, le potentiel de volume à traiter en express est estimé à 321 tonnes par jour (t/j) en 2015 et à 383 t/j en 2020. En 2008, le volume atteignait les 262 t/j.

En revanche, sur les axes Lyon-Liège et Lyon Amsterdam, les volumes sont limités, respectivement à 9 t/j et 25 t/j.

Trois scénarios possibles

Partant de ces données, l’étude formule trois scénarios (de référence, médian et optimiste) dans la mise en œuvre de Lyon Carex.

Dans le premier scénario, le démarrage de la ligne s’appuierait sur un seul aller-retour par jour avec un train transportant 66 t. L’objectif à quatre ans étant de passer à deux trains A/R pour un minimum de 226 t/j.

Dans le scénario optimiste, la liaison démarrerait avec deux trains A/R pour 221 tonnes journalières, avant de programmer 3 puis 4 A/R pour 775 t/j en 2020. Des niveaux d’expéditions obtenus notamment en prenant en compte la part de report modal de la route vers le mode ferré.

Premiers tours de roues pour 2012-2014

Lyon Carex est une des pistes de développement de CargoPort, la zone de fret de Lyon-Saint-Exupéy qui réunit 80 opérateurs de transport et activités annexes, dont de nombreux intégrateurs en fret express : UPS, DHL, Chronopost, TNT, FedEx.

La mise en route du projet Carex (Cargo Rail Express), réseau ferroviaire à grande vitesse entre plateformes aéroportuaires, est envisagé à l’horizon 2012/2014.

 

La crise sera-t-elle longue pour le monde maritime ?

Experts et acteurs du monde maritime ont analysé les conséquences de la crise mondiale pour le secteur lors des 5e Assises de l’économie de la mer et du littoral à Brest. Les uns sont optimistes, les autres sceptiques quant à une reprise.

Après s’être extasiés des années durant sur l’insolente croissance du transport maritime, les experts se sont penchés sur la crise mondiale et ses conséquences lors des 5èmes Assises de l’économie maritime organisées Les Échos et du Marin, à Brest, les 1er et 2 décembre 2009.

Si la tendance constatée à fin août 2009 devait se confirmer jusqu'en décembre, le trafic de marchandises dans les sept grands ports maritimes français et un 8ème port d’importance, celui de Calais, retomberait en 2009 à son niveau de 2004, un peu au-dessus de 320 millions de tonnes. La manutention s’en trouve directement affectée, avec un "repli généralisé de l’activité prévu entre 3 et 5% pour 2009", selon le cabinet de consultants PricewaterhouseCoopers.

Les mêmes experts relèvent "l’extrême volatilité des indicateurs retenus" pour rendre compte de l’évolution des taux de fret, qui jouent toujours au Yo-Yo, mais à un niveau bas. "L’exemple de la valeur d’affrètement d’un Capesize, qui est passée de 200 000 dollars à 20 000 dollars par jour" en quelques mois, "révèle toute l’ampleur de la crise qui touche aujourd’hui les transporteurs maritimes".

Les trafics les plus touchés

Les dégâts sont manifestes sur les transports conteneurisés. Mais les liners ne sont pas seuls touchés. Pour les car carriers, "le bilan 2009 est totalement catastrophique pour les flux mondiaux de voitures neuves", écrit Paul Tourret dans la dernière note de synthèse de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isemar).

Concernant le roulier européen, il relève que la chute des trafics de fret RoRo pour 2009 est "encore imprécise, mais il s’avère que les liaisons de la Baltique en relation avec la Russie et les États baltes reculent de 30 à 40%, celles de mer du Nord et de Scandinavie de 20 à 25%, le détroit du Pas-de-Calais et l’Irlande de 15%, les îles espagnoles de 10%".

L’Isemar constate aussi que le secteur des fruits est plombé par l’effondrement des économies britanniques et d’Europe de l’Est. Dans le secteur pétrolier, les taux de fret se sont dramatiquement effondrés, du fait d’un recul de la demande et d’une réduction de l’offre. Les perspectives, selon l’Isemar, sont bonnes pour la consommation de gaz, mais "le transport de LNG est naturellement déprimé (taux de fret réduit de moitié) alors que déjà il subissait un phénomène particulier", à savoir des livraisons de navires de grands gabarits sans que les équipements portuaires soient prêts à les accueillir. Quant aux vracs, ils ont subi une chute "vertigineuse" de l’indice composite Baltic Dry (BDI) passé entre août et décembre 2008 de 12 000 à 600 points !

Face à l'avenir : déprime ou optimisme ?

Pour présenter une synthèse de la crise maritime, PricewaterhouseCoopers a établi un indice composite, qui agglomère huit données éparses (du prix de l’acier au carnet de commande de la construction navale en passant par le BDI ou les ventes de la pêche). Cet indice, plus fictif que réaliste, tombe de 119,5 au 31 décembre 2007 à 100 un an plus tard et à 86,5 au troisième trimestre 2009.

C’est donc confirmé : les affaires maritimes vont mal. Mais faut-il sombrer en plus dans la déprime ? Non, ont répondu 53 dirigeants de sociétés de l’économie maritime, tous secteurs réunis : s’agissant des perspectives à un an pour leur entreprise, ils sont 77% à être assez optimistes, voire 8% très optimistes.

Une confiance dans l’avenir qui n’est pas partagée par tous. L’Isemar est sceptique sur la possibilité de retrouver des niveaux de consommation à même de porter la croissance dont a tant besoin le secteur maritime pour éponger ses surcapacités. Philippe Louis-Dreyfus, armateur d’autant plus crédible qu’il s’est montré particulièrement avisé ces dernières années, s’attend à ce que la crise du fret et du shipping perdure en 2010 et 2011, notamment dans le vrac. Ceux qui tanguent aujourd’hui n’ont donc pas fini d’être secoués par le retournement de conjoncture aussi brutal que l’emballement fut quasi incontrôlé dès la moitié de la décennie. 



Le train de la libéralisation poursuit sa marche folle

L’ouverture à la concurence du transport ferroviaire international de voyageurs sera effective à compter du 14 décembre parmi les membres de l’Union européenne.

La libéralisation du rail va franchir un nouveau cap. C’est en effet à compter du 13 décembre que le transport international de voyageurs sera ouvert à la concurrence dans les pays membres de l’Union européenne. Concrètement, des opérateurs privés pourront faire circuler des trains au départ d’une gare française et à destination d’une gare d’un autre pays européen. Le cabotage sera également autorisé. C’est-à-dire que les gares situées sur le parcours du train pourront être desservies et que les voyageurs pourront l’emprunter pour effectuer des trajets nationaux. Cette nouvelle étape dans la libéralisation suscite l’hostilité des organisations syndicales de cheminots. La section ferroviaire de la fédération européenne des transports (ETF) dont la CGT française est adhérente l’a longuement combattue, relayée au Parlement européen par les députés de la GUE. Se basant sur l’expérience de la concurrence en Grande-Bretagne, et plus récemment sur celle du fret ferroviaire effective en Europe depuis mars 2006, les opposants à la libéralisation font le constat que la déréglementation affaiblit le rail par rapport à la route, génère du dumping social et dégrade les conditions de transport des voyageurs.

Depuis 2006, la part du ferroviaire dans le transport de marchandises est ainsi passée en France de 14 à 11 %. Des milliers d’emplois ont été supprimés tandis que la SNCF s’échine à remettre en cause la réglementation du travail pour tenter de s’aligner sur ses concurrents. Allongement du temps de travail et de conduite, augmentation des possibilités de faire « découcher » les personnels roulants… Petit à petit le patronat ferroviaire pousse à une harmonisation sociale par le bas avec pour « référence » le statut de « forçat de la route » des chauffeurs de poids lourds. Pour le voyageur, le bilan est tout aussi négatif : suppression des dessertes et des circulations jugées non rentables, fin de la péréquation tarifaire, augmentation des prix. Qu’importe cette réalité, avec l’aval du gouvernement français, la Commission européenne et le Parlement européen entendent poursuivre sur cette voie. Le transport régional de voyageurs, les fameux TER, est dans leur collimateur.

 

Le fret aérien à mi-parcours de sa convalescence

Au vu des statistiques d'octobre 2009, l'Association du transport aérien international (IATA) estime que l’industrie du fret aérien est à peu près à mi-parcours dans sa reconquête des niveaux de trafic d'avant la crise.

En matière de remplissage, selon l'IATA, le secteur renoue avec des taux d'avant la crise supérieurs à 50%.

En octobre 2009, le trafic de fret exprimé en tonnes-kilomètres n’a régressé "que" de 0,5% par rapport à la même période de 2008. Rien de très réjouissant quand on sait que cette période de référence se caractérisait elle-même par un fort déclin par rapport à 2007, mais l’IATA se félicite quand même d’un résultat "nettement meilleur que les 5,4% de repli constatés en septembre 2009".

Pour l’association représentative des compagnies aériennes, le fret "est à mi-chemin dans sa reconquête des niveaux de début 2008. En octobre, les volumes transportés sont en augmentation de 14% par rapport à décembre 2008, mais encore 15% inférieurs à ceux de janvier 2008.

Une reprise inégale

Le frémissement ressenti depuis deux mois serait lié à un phénomène de "reconstitution des stocks à des niveaux adéquats dans la perspective d’une reprise de la consommation". Mais il est manifestement trop tôt pour affirmer que cette tendance se confirmera dans les prochains mois. D’autre part, les transporteurs ne sont pas égaux devant la reprise. En octobre 2009, l’évolution se révèle positive pour l’Asie-Pacifique (+1,9%), l’Amérique latine (+6,7%), le Moyen-Orient (+18,4%) et l’Amérique du Nord (+0,5%).

En revanche, l’Afrique décline toujours (-3,8 %), tout comme les compagnies aériennes européennes qui ont décidément bien du mal à redresser la barre, accusant un repli de 11,3% en octobre après -13% en septembre. Sur les dix premiers mois de 2009, les transporteurs européens sont d’ailleurs ceux qui souffrent le plus (-18,9%), bien qu’ils aient procédé à des réductions de capacité supérieures à la moyenne (-12,4% par rapport à 2008).

Les compagnies d’Asie-Pacifique et d’Amérique du Nord déclinent également dans des proportions significatives (avec respectivement -15,1% et -16,3% pour une moyenne de -14,9% pour l’ensemble de l’industrie), mais elles semblent mieux profiter du léger redressement de ces deux derniers mois.

Meilleur remplissage

Selon l’IATA, en matière de coefficient de remplissage, le secteur renoue en revanche avec les niveaux d’avant la crise, grâce à une diminution de 7,4% des capacités offertes par rapport à 2008.

Après être tombé au cours de l’année 2009 sous la barre des 45%, le coefficient de remplissage s’élève à 54,1% en octobre 2009, contre 50,3% un an plus tôt.

 

FedEx relève ses objectifs trimestriels

FedEx fait savoir que les résultats du deuxième trimestre dépasseront facilement ses précédents objectifs, évoquant une forte croissance de la demande internationale, surtout en Asie et en Amérique latine.

FedEx pense annoncer pour le deuxième trimestre clos le 30 novembre un bénéfice par action de 1,10 dollar, alors qu'il anticipait jusqu'alors de 65 à 95 cents. Un an auparavant, le groupe de messagerie et de logistique dégageait un BPA de 1,58 dollar. Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S donne un BPA de 85 cents.

L'action FedEx a pris 3,7% à 90,73 dollars après la clôture contre 87,52 dollars en clôture.

 

Deutsche Bahn : le fret en baisse de 25 % l'an dernier

La compagnie allemande de chemins de fer Deutsche Bahn a vu baisser de 25 % l'an dernier ses quantités de fret transportées, a annoncé au quotidien « Die Welt » paru hier le responsable de ce secteur au sein de l'entreprise. « L'année 2009 a été dramatique pour nous. Nous avons perdu 25 % des quantités de fret transportées », a indiqué Karl-Friedrich Rausch. « Je crois qu'il faudra attendre 2012 ou 2013 pour retrouver les niveaux » atteints en 2008 dans le fret, a-t-il encore déclaré, précisant que le résultat de cette branche d'activité de Deutsche Bahn serait déficitaire pour l'ensemble de 2009. Deutsche Bahn avait beaucoup misé sur le fret ces dernières années, en particulier au niveau international, et n'en a subi qu'avec plus de violence la crise économique. En réaction, la compagnie va supprimer 3.900 emplois dans le fret, mais sans licenciements secs, conformément à un pacte de garantie d'emploi conclu avec les syndicats, et qui expire fin 2010.

 

Le transport de conteneurs a perdu 11 milliards de dollars en neuf mois

Selon la base de données AXS Alphaliner, les 22 plus grandes compagnies maritimes spécialisées dans le conteneur accusent un déficit d'exploitation record de 11 milliards de dollars de janvier à décembre. Mais dans le même temps, elles ont levé 12 milliards d'argent frais.

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Onze milliards de dollars : tel est, pour les neuf premiers mois de l'année qui s'achève, le montant cumulé des pertes opérationnelles des plus grandes compagnies maritimes mondiales spécialisées dans le transport de conteneurs. Calculé par la base de données AXS Alphaliner, ce chiffre, comparable aux déficits de l'aérien, illustre l'ampleur de la crise que traverse le secteur depuis un peu plus d'un an.

Pour parvenir à ce résultat, ses experts ont compilé en premier lieu les chiffres des 16 principales compagnies maritimes ayant publié leurs comptes au 30 septembre. Ensemble, elles ont affiché une perte opérationnelle de 9 milliards de dollars (le billet vert est la devise de référence dans le maritime) contre un profit de 5,3 milliards entre janvier et septembre 2008, pour un chiffre d'affaires cumulé de 56 milliards de dollars, en chute de 40 %. Autrement dit, l'effondrement du volume des marchandises transportées et le fort recul des prix consentis aux clients ont fait perdre à ces 16 entreprises 38 milliards de dollars de revenus sur un an !

Mais ces groupes qui divulguent des résultats trimestriels ne reflètent pas exactement la hiérarchie du secteur. Parmi les 22 principales compagnies maritimes spécialisées dans le conteneur, il en manque en effet 7 dont les comptes au 30 septembre ne sont pas disponibles - la plupart n'étant pas cotées en Bourse _, aux premiers rangs desquelles figurent l'italo-suisse MSC (numéro deux mondial derrière le danois Maersk Lines) et le français CMA CGM (numéro trois). Selon les estimations d'AXS Alphaliner, ce groupe des 7 a pour sa part perdu 2 milliards de dollars de janvier à septembre. Soit, au total, 11 milliards de déficit en neuf mois seulement pour les 22 plus grandes compagnies maritimes.

Pour l'heure, ces pertes abyssales n'ont pas eu pour conséquence de faillites spectaculaires. Car, et c'est le second enseignement de l'étude, les Etats, les actionnaires ou les créanciers se sont empressés de colmater les voies d'eau. Selon les pointages réalisés par la base de données, les principales compagnies maritimes ont en effet réussi à trouver 12 milliards de dollars depuis janvier, via des augmentations de capital, des ventes de titres détenus en autocontrôle, des abandons de créances, des émissions d'obligations convertibles ou l'obtention de nouvelles lignes de crédit. Sur ce total, le record des levées d'argent est logiquement détenu par le géant Maersk Lines.

Sa maison mère, le conglomérat A.P. Moller-Maersk, a réussi à trouver plus de 3,3 milliards de dollars, par le biais d'une vente d'actions et de deux émissions obligataires. Il est vrai que grâce à la diversité de ses activités, dont sa très rentable présence dans la production de pétrole et de gaz, le danois n'a pas eu de mal à vendre aux investisseurs la qualité de sa signature. Mais d'autres groupes mal en point, comme l'allemand Hapag-Lloyd, le singapourien NOL, le japonais NYK, l'israélien Zim ou, tout récemment, le français CMA CGM à qui les banques ont promis pour janvier une ligne de crédit de 500 millions de dollars, ont également réussi à lever des sommes conséquentes. Leurs arguments ? Outre des restructurations drastiques, ils ont su jouer auprès de leurs actionnaires ou des Etats la fibre de l'entreprise stratégique qu'il convient de sauver coûte que coûte. Quant à leurs banquiers, ils savent qu'ils auraient plus à perdre en laissant couler ces clients : leurs bateaux leur resteraient sur les bras. Reste à savoir combien de temps ces bonnes fées accepteront encore de maintenir le secteur sous perfusion…

 

Reprise de DHL Express France : Caravelle bien placé

L'offre proposée par le fonds français paraît la tenir la corde. La filiale de la Deutsche Post souhaite finaliser cette cession au cours du premier trimestre 2010. 

Après voir été approché plusieurs acquéreurs potentiels (dont SNCF Geodis et Mory), le groupe de transport et de logistique DHL a reçu une offre du fonds d'investissement français Caravelle pour la reprise de DHL Express France, spécialiste de la messagerie routière en France. Ce repreneur pourrait bien être le bon; la filiale de la Deutsche Post souhaitant que le projet puisse se conclure "au premier trimestre 2010, " souligne-t-elle jeudi dans un communiqué.

Issue du rapprochement des sociétés Danzas et de Ducros, toutes deux rachetées en 1998, DHL Express France (62 sites en France) n'est pas parvenue à opérer de manière profitable sur le marché très concurrentiel la messagerie hexagonale. De là, des pertes récurrentes qui atteindront encore près de 70 millions d'euros cette année pour un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros.

Dans la messagerie, Pierre-André Martel, le PDG de Caravelle, opère en terrain connu. En 2001, son fonds avait repris la société XP France à la Poste néerlandaise, avant de la céder trois ans plus tard groupe alsacien Heppner. "Avec Caravelle, l'activité de messagerie française de DHL aurait sa place sur le long terme comme un opérateur autonome et profitable dans une industrie en cours de concentration", précise-t-il.

Conclure au premier trimestre 2010

Reste à finaliser le rachat. Dès lors que les négociations avec Caravelle seront plus avancées, DHL présentera le projet de Caravelle en comité central d'entreprise (CCE). De son côté, "Caravelle a demandé à André Lebrun, ancien PDG de XP, de travailler étroitement avec Vittorio Battaglia, PDG de la branche messagerie de DHL Express en France, pour assurer l'information complète des partenaires sociaux", indique DHL.

Un point jugé crucial. L'annonce de la cession du pôle messagerie a en effet suscité chez DHL Express une grève d'avertissement le 18 novembre à l'appel de l'intersyndicale; grève suivie sur la majorité des sites. Les syndicats redoutent notamment des coupes sombres parmi les 3.500 salariés concernés.

La direction de DHL estime aujourd'hui que "pour apporter certitudes et clarté" aux clients et aux personnels, "il est essentiel que ce projet puisse se conclure au premier trimestre 2010".

 

TUI veut poursuivre son désengagement de Hapag-Lloyd

Le groupe va examiner les possibilités de réduire son engagement financier dans sa branche maritime en grande difficulté. Il est déjà tombé à 43,3 % du capital, ce qui a contribué aux résultats de l'exercice 2009, raccourci à neuf mois.

TUI veut continuer à se désengager de sa branche maritime, en grave difficulté. « Nous allons examiner les possibilités de réduire notre engagement financier » vis-à-vis de l'ancienne filiale Hapag-Lloyd, a déclaré hier Michael Frenzel, le président du holding allemand, à l'occasion de la présentation des comptes de l'exercice 2009, exceptionnellement raccourcis sur une période de neuf mois afin de passer à un exercice décalé d'octobre à septembre à compter de 2009-2010. Cet exercice tronqué a été marqué par un bond à 401 millions d'euros du résultat net (contre 45 millions pour les neuf premiers mois de 2008) pour un chiffre d'affaires en baisse de 14 %, à 13,1 milliards d'euros.

Crise mondiale du transport

Outre l'amélioration de la situation du voyagiste germano-britannique TUI Travel, dont TUI détient 51,6 % du capital, cette amélioration provient essentiellement de la cession de la majorité du capital de Hapag-Lloyd au consortium Albert Ballin, qui regroupe le propriétaire de Kühne+Nagel, la ville de Hambourg et des banques régionales. Depuis qu'il est tombé à 43,3 % du capital de Hapag-Lloyd, TUI n'a plus à consolider les comptes du cinquième armateur mondial dans le transport maritime de conteneurs. Cela tombe bien : victime de la crise mondiale du transport maritime, Hapag-Lloyd a vu son chiffre d'affaires chuter de 29 % sur neuf mois par rapport à la même période de 2008, à 3,3 milliards d'euros, a perdu 675 millions d'euros avant impôts et amortissements entre janvier et septembre et, a prévenu TUI hier, devrait rester dans le rouge l'an prochain. TUI n'en a pas fini pour autant avec Hapag-Lloyd : cette entreprise a obtenu une aide du fonds Allemagne, adopté en début d'année pour soutenir les entreprises en difficulté, moyennant une injection de fonds de la part de son ancienne maison mère. Le directeur financier, Rainer Feuerhake, a toutefois précisé hier qu'il était possible que Hapag-Lloyd n'ait finalement pas besoin de ces aides.