Le coût de la grippe A
dépasse 1 milliard d'euros
REUTERS

Une femme se fait vacciner
contre le virus de la grippe H1N1 à Marseille, novembre 2009
Achat des vaccins et des masques, campagne de pub, envoi des convocations... La facture de la grippe A se monte à 1,02 milliard d'euros selon le Journal du Dimanche, qui a fait ses propres estimations. Le ministère de la Santé ne confirme pas.
La facture pour lutter contre la grippe A/H1N1 s'élève à plus d'un milliard d'euros, indique le Journal du dimanche (JDD), qui a notamment compilé ses propres estimations du coût de paiement des vacataires et des dépenses liées aux consultations des généralistes.
Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé a indiqué qu'il était "trop tôt pour valider la moindre estimation".
"Nous sommes en train de traiter les différentes remontées chiffrées, l'objectif du ministère étant, dans un souci de transparence, de donner le coût constaté de la campagne de lutte contre la grippe", a-t-on précisé à l'AFP au ministère.
Le JDD additionne le coût des doses de vaccins non annulées (370 millions d'euros), les 300 millions de masques (150 millions d'euros), l'achat des antiviraux (20 millions), les seringues et le coton (8,5 millions), la campagne de publicité (5,6 millions), le remboursement aux collectivités locales pour les locaux et les personnes mis à disposition (95 millions), le paiement des 10.000 vacataires (150 millions), l'envoi des 65 millions de convocations aux assurés sociaux (28 millions), l'achat du matériel pour la réanimation des cas les plus graves (5 millions), le traitement des déchets et acheminement des produits (41 millions) et les dépenses liées aux consultations de généralistes (145 millions). Total: 1,018 milliard d'euros.
Le ministère de la Santé n'a jamais donné de chiffres précis sur la facture de la pandémie. Selon la presse et des spécialistes du secteur de la santé, elle se situerait dans la fourchette de 850 millions et 1,3 milliard d'euros.
En septembre, avant le déclenchement de la grippe, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, avait estimé le coût de la lutte contre la pandémie à 1,5 milliard d'euros, dont 1,1 milliard consacrés à l'achat de produits (vaccins, masques...) et 450 millions aux campagnes d'information, à la rémunération des médecins et du personnel.
Cependant, la grippe a été moins virulente que prévu et seulement 5,6 millions de personnes ont été vaccinées, alors que le gouvernement a acheté 94 millions de doses de vaccins. Il est actuellement en négociation avec les laboratoires pharmaceutiques pour résilier 50 millions de doses.
28.02.10
Des salariés chinois font la sieste le 1er mai 2008 à Pékin
Des salariés chinois font la sieste le 1er mai 2008 à Pékin/Liu Jin AFP
SCIENCE – Un sommeil quotidien d'une heure permet d'assimiler les informations plus vite...
Vous voulez être plus intelligent? Plusieurs solutions s’offrent à vous: dévorer des milliers de livres, arpenter des musées, s’astreindre à 3 heures de calcul mental par jour, retourner à la fac… Ou bien faire la sieste.
Une étude menée par le docteur Matthew Walker, rapportée par Mailonline.co.uk, montre que faire la sieste rend plus intelligent, favorise l’imagination, et accroît la rapidité d’apprentissage. Une heure de sommeil par jour est suffisante. «Outre réparer les méfaits d’un éveil prolongé», s’endormir un cours instant permet d’optimiser les fonctions neurocognitives, explique le psychologue à la University of California.
En voie de disparition
De nombreuses personnalités sont et ont été adeptes de cette pratique, rappelle le site internet. Margaret Thatcher, avec sa fameuse main de fer, n’avait pas un sommeil de plomb. Elle ne dormait que 4 heures par nuit, mais s’astreignait à une petite sieste quotidienne. Pour Bill Clinton, c’est tous les jours la même rengaine: après le déjeuner au resto, une petite pause dodo. John F. Kennedy, Ronald Reagan étaient également des inconditionnels du sommeil réparateur.
Cependant, si la communauté scientifique vante largement les mérites de la sieste, le monde du travail ne semble pas enclin à s’y adapter. Ainsi, en Espagne, où les bureaux ferment à l'heure du déjeuner et où les commerçants peuvent «siester» en paix, cette pratique est en passe de disparaître. Cet emploi du temps freine en effet les échanges commerciaux avec les autres pays de l’Union européenne.
Certains pays, au contraire, incitent les travailleurs à dormir durant la journée: en Chine, le droit à la sieste est inscrit dans la constitution, et au Japon, certaines entreprises vont jusqu’à imposer à leurs salariés de se reposer. De vrais vendeurs de rêve.
Vous voulez être plus intelligent? Plusieurs solutions s’offrent à vous: dévorer des milliers de livres, arpenter des musées, s’astreindre à 3 heures de calcul mental par jour, retourner à la fac… Ou bien faire la sieste.
Une étude menée par le docteur Matthew Walker, rapportée par Mailonline.co.uk, montre que faire la sieste rend plus intelligent, favorise l’imagination, et accroît la rapidité d’apprentissage. Une heure de sommeil par jour est suffisante. «Outre réparer les méfaits d’un éveil prolongé», s’endormir un cours instant permet d’optimiser les fonctions neurocognitives, explique le psychologue à la University of California.
En voie de disparition
De nombreuses personnalités sont et ont été adeptes de cette pratique, rappelle le site internet. Margaret Thatcher, avec sa fameuse main de fer, n’avait pas un sommeil de plomb. Elle ne dormait que 4 heures par nuit, mais s’astreignait à une petite sieste quotidienne. Pour Bill Clinton, c’est tous les jours la même rengaine: après le déjeuner au resto, une petite pause dodo. John F. Kennedy, Ronald Reagan étaient également des inconditionnels du sommeil réparateur.
Cependant, si la communauté scientifique vante largement les mérites de la sieste, le monde du travail ne semble pas enclin à s’y adapter. Ainsi, en Espagne, où les bureaux ferment à l'heure du déjeuner et où les commerçants peuvent «siester» en paix, cette pratique est en passe de disparaître. Cet emploi du temps freine en effet les échanges commerciaux avec les autres pays de l’Union européenne.
Certains pays, au contraire, incitent les travailleurs à dormir durant la journée: en Chine, le droit à la sieste est inscrit dans la constitution, et au Japon, certaines entreprises vont jusqu’à imposer à leurs salariés de se reposer. De vrais vendeurs de rêve.
Conférence de l’ONU sur le climat

À Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, les États du monde
entier devront trouver un accord à la hauteur du défi climatique posé.
C’est l’occasion de réaffirmer pour la CGT qu’il ne peut y avoir de développement durable sans projet social.
Le contexte Près de 200 pays sont appelés à signer un nouveau traité contre le réchauffement climatique à Copenhague.
Cette conférence de l’ONU revêt une importance capitale pour les syndicats. La CSI, dont la CGT est adhérente, participera au sommet.
La CGT sera représentée au sein de cette délégation.
La question de l’emploi doit être examinée sérieusement.
De nombreux emplois peuvent être créés dans des secteurs particulièrement porteurs comme la construction ou l’énergie.
Mais pour la CGT aucun emploi ne doit être condamné à priori.
Toute activité peut être compatible avec des objectifs environnementaux à condition d’être adaptée. les transitions doivent être garanties socialement( voir la déclaration de la CGT dans ce dossier)
De bonnes politiques, appliquées judicieusement, peuvent être bénéfiques à la fois pour la planète et pour la population en contribuant à la création de millions d’emplois. (Guy Ryder, secrétaire général de la CSI)
2° C Avant 2100
Le réchauffement climatique pourrait dépasser 2 °C, un seuil considéré comme catastrophique par l’Union européenne, ce qui menacerait d’inondation des millions de personnes.
Le débat sur l’environnement implique également de traiter la question de l’éradication de la pauvreté dans le monde.
Les pays industrialisés doivent faire en sorte que les pays moins développés puissent eux aussi assumer les transformations nécessaires.
C’est l’occasion de réaffirmer pour la CGT qu’il ne peut y avoir de développement durable sans projet social.
Le contexte Près de 200 pays sont appelés à signer un nouveau traité contre le réchauffement climatique à Copenhague.
Cette conférence de l’ONU revêt une importance capitale pour les syndicats. La CSI, dont la CGT est adhérente, participera au sommet.
Le site officiel :


La CGT sera représentée au sein de cette délégation.
La question de l’emploi doit être examinée sérieusement.
De nombreux emplois peuvent être créés dans des secteurs particulièrement porteurs comme la construction ou l’énergie.
Mais pour la CGT aucun emploi ne doit être condamné à priori.
Toute activité peut être compatible avec des objectifs environnementaux à condition d’être adaptée. les transitions doivent être garanties socialement( voir la déclaration de la CGT dans ce dossier)
De bonnes politiques, appliquées judicieusement, peuvent être bénéfiques à la fois pour la planète et pour la population en contribuant à la création de millions d’emplois. (Guy Ryder, secrétaire général de la CSI)
2° C Avant 2100
Le réchauffement climatique pourrait dépasser 2 °C, un seuil considéré comme catastrophique par l’Union européenne, ce qui menacerait d’inondation des millions de personnes.
Le débat sur l’environnement implique également de traiter la question de l’éradication de la pauvreté dans le monde.
Les pays industrialisés doivent faire en sorte que les pays moins développés puissent eux aussi assumer les transformations nécessaires.

La souffrance au travail
lire notre expression


L'A.P.R.E.P.E est une association à but non lucratif visant à regrouper des acteurs du management, de la santé au travail et de la psychologie afin de développer une approche du travail centrée sur la valeur humaine.
Les objectifs sont de
promouvoir et préciser la place et le rôle des aspects psychologiques dans le
management en précisant et objectivant certains de ces aspects.
Stress, Traumatisme, Harcèlement Moral, Souffrance au travail etc... sont des termes dont la sur médiatisation a induit une perte de sens telle qu'à ce jour, devant la multitude et l'hétérogénéité des formations et interventions proposées, les dirigeants hésitent à prendre en charge le risque psychologique dans l'entreprise.
Stress, Traumatisme, Harcèlement Moral, Souffrance au travail etc... sont des termes dont la sur médiatisation a induit une perte de sens telle qu'à ce jour, devant la multitude et l'hétérogénéité des formations et interventions proposées, les dirigeants hésitent à prendre en charge le risque psychologique dans l'entreprise.

Une exposition professionnelle
inégale aux rayons ionisants
De Annie HAUTEFEUILLE (AFP) – Il y a 3 heures
PARIS — Travailleurs de
l'industrie nucléaire, professionnels de santé, pilotes et hôtesses de l'air: de
nombreux salariés peuvent être exposés aux rayons ionisants, de façon inégale,
selon un bilan publié lundi par l'Institut de radioprotection et de sûreté
nucléaire (IRSN).
Rayons X, gamma et autres rayonnements ionisants agissent sur les tissus biologiques en leur communiquant une énergie qui peut entraîner des lésions, y compris de l'ADN.
Parmi les 306.629 travailleurs de différents secteurs d?activité professionnelle civile (industrie, recherche, médecine) ou de la défense, surveillés en 2008, plus de 80% n'ont reçu aucune dose - tout au moins aucune dose mesurable - au cours de l'année.
Globalement, pour 95,7% des travailleurs, la dose annuelle est restée inférieure à la limite réglementaire d'exposition du public, soit 1 milliSievert (mSv) par an.
Mais, 13.041 travailleurs ont reçu une dose individuelle supérieure à 1 mSv, dont 1.771 plus de 6 mSv. Dans 16 cas, la dose externe cumulée a même dépassé la limite réglementaire de 20 mSv par an fixée pour l'exposition professionnelle aux rayonnements ionisants.
Les 16 travailleurs concernés "appartiennent pour la quasi-totalité au secteur médical et à celui de l'industrie non nucléaire", souligne l'IRSN dans son rapport. Pour quatre employés du secteur de la radiologie médicale et de l'industrie non nucléaire, la dose a même dépassé 50 mSv.
Trois domaines d'activités restent particulièrement concernés par ces dépassements : le secteur médical et vétérinaire, l'industrie non nucléaire, les entreprises sous-traitantes des exploitants nucléaires.
Le secteur médical et vétérinaire, qui regroupe 60% des travailleurs surveillés en 2008, "ne représente que 15% de la dose collective totale, mais contribue à la moitié des cas de dépassements de la limite réglementaire des 20 mSv", souligne l'IRSN.
Les travailleurs de l'industrie nucléaire et non nucléaire, rassemblant 35% des effectifs suivis, contribuent pour 69% à la dose collective totale", précise l'IRSN.
C'est dans l'industrie nucléaire que les doses individuelles moyennes sont les plus élevées (de l'ordre de 0,4 mSv par an), alors qu'elles restent faibles dans le secteur de la recherche (0,1 mSv).
Le rapport fait toutefois état d'un incident à l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA), où un opérateur a été exposé à une dose comprise entre 120 et 130 mSv. N'étant pas classé comme travailleur exposé, selon le code du travail, il ne bénéficiait pas d'un suivi dosimétrique.
Les doses reçues à l'intérieur du corps par les travailleurs restent moins bien connues que celles liées à l'exposition externe : 20 cas de contamination interne ont été recensés en 2008, avec une dose maximale de 5,1 mSv.
Pour la première fois cette année, l'IRSN présente un bilan des expositions de 20.275 personnels navigants des compagnies Air France et Air Calédonie International.
Pilotes, stewards et hôtesses de l'air sont en effet exposés en vol au rayonnement cosmique, flux permanent de particules de haute énergie en provenance du milieu interstellaire.
Suite aux rayonnements ionisants qui en résultent, 85% des personnels navigants suivis ont reçu, en 2008, une dose efficace annuelle supérieure à 1 mSv, la dose individuelle maximale s'élevant à 5,1 mSv.

Apex InfosRayons X, gamma et autres rayonnements ionisants agissent sur les tissus biologiques en leur communiquant une énergie qui peut entraîner des lésions, y compris de l'ADN.
Parmi les 306.629 travailleurs de différents secteurs d?activité professionnelle civile (industrie, recherche, médecine) ou de la défense, surveillés en 2008, plus de 80% n'ont reçu aucune dose - tout au moins aucune dose mesurable - au cours de l'année.
Globalement, pour 95,7% des travailleurs, la dose annuelle est restée inférieure à la limite réglementaire d'exposition du public, soit 1 milliSievert (mSv) par an.
Mais, 13.041 travailleurs ont reçu une dose individuelle supérieure à 1 mSv, dont 1.771 plus de 6 mSv. Dans 16 cas, la dose externe cumulée a même dépassé la limite réglementaire de 20 mSv par an fixée pour l'exposition professionnelle aux rayonnements ionisants.
Les 16 travailleurs concernés "appartiennent pour la quasi-totalité au secteur médical et à celui de l'industrie non nucléaire", souligne l'IRSN dans son rapport. Pour quatre employés du secteur de la radiologie médicale et de l'industrie non nucléaire, la dose a même dépassé 50 mSv.
Trois domaines d'activités restent particulièrement concernés par ces dépassements : le secteur médical et vétérinaire, l'industrie non nucléaire, les entreprises sous-traitantes des exploitants nucléaires.
Le secteur médical et vétérinaire, qui regroupe 60% des travailleurs surveillés en 2008, "ne représente que 15% de la dose collective totale, mais contribue à la moitié des cas de dépassements de la limite réglementaire des 20 mSv", souligne l'IRSN.
Les travailleurs de l'industrie nucléaire et non nucléaire, rassemblant 35% des effectifs suivis, contribuent pour 69% à la dose collective totale", précise l'IRSN.
C'est dans l'industrie nucléaire que les doses individuelles moyennes sont les plus élevées (de l'ordre de 0,4 mSv par an), alors qu'elles restent faibles dans le secteur de la recherche (0,1 mSv).
Le rapport fait toutefois état d'un incident à l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA), où un opérateur a été exposé à une dose comprise entre 120 et 130 mSv. N'étant pas classé comme travailleur exposé, selon le code du travail, il ne bénéficiait pas d'un suivi dosimétrique.
Les doses reçues à l'intérieur du corps par les travailleurs restent moins bien connues que celles liées à l'exposition externe : 20 cas de contamination interne ont été recensés en 2008, avec une dose maximale de 5,1 mSv.
Pour la première fois cette année, l'IRSN présente un bilan des expositions de 20.275 personnels navigants des compagnies Air France et Air Calédonie International.
Pilotes, stewards et hôtesses de l'air sont en effet exposés en vol au rayonnement cosmique, flux permanent de particules de haute énergie en provenance du milieu interstellaire.
Suite aux rayonnements ionisants qui en résultent, 85% des personnels navigants suivis ont reçu, en 2008, une dose efficace annuelle supérieure à 1 mSv, la dose individuelle maximale s'élevant à 5,1 mSv.

Valeurs
financières
contre
Valeurs humaines
contre
Valeurs humaines
29/10/2009
Le cas de France-Télécom
est-il spécifique ? Ou est-il l’expression d’un système étendu de management ?
D'autres entreprises ont été touchées par des suicides pour lesquels les
personnes ont évoqué leurs conditions de travail afin d'expliquer leur geste
(Renault Technopôle, Thales, Peugeot, Pôle Emploi). Leur quasi simultanéité
est-elle fortuite ? Ou bien sommes-nous entrés dans l’ère du désespoir au
travail ?
Deux facteurs corrélés doivent retenir notre attention. Deux processus anciens, mais qui ne constituent un « système » que depuis quelques années. À savoir, la course effrénée des grands groupes à l’augmentation de leur rentabilité financière et la prolétarisation grandissante des catégories de cadres et de techniciens (dévalorisation, déqualification, quantification des tâches, etc.). Mais d’abord un petit rappel…
La désespérance au travail a toujours existé
Par le passé (pas si lointain), le calvaire des conditions de travail concernait essentiellement l’industrie, la construction et l’agriculture, spécifiquement les ouvriers et les catégories les moins qualifiées. Conditions dégradantes, environnement de travail abominable, cadences effrénées, petits chefs sur le dos, etc. La désespérance au travail y était massive ; l’usure n’était pas simplement physique, elle pouvait être aussi psychologique. Bien avant que l’on ne parle de stress, la souffrance psychique était bel et bien présente dans les entreprises.
Cette dimension n’a pas disparu pour la bonne raison que les activités faisant strictement appel à des gestes répétitifs et à des critères de productivité physique existent encore massivement. Mais, ce qui est nouveau depuis quelques années c’est l’extension de la détérioration des conditions de travail à des postes ne faisant pas strictement appel au « geste » et son élargissement à des catégories de cadres et de techniciens. Cette évolution est effectivement essentielle et doit être comprise.
Une nouveauté : l’extension du travail intellectuel
La grande majorité des postes de travail aujourd’hui font appel à ce que l’on peut qualifier de « travail intellectuel ». Rares sont en effet les activités salariées qui ne nécessitent pas, à des degrés divers, une part de gestion, de contrôle qualité, de vérification, d’anticipation, de planification, de compte-rendu, de suivi informatique etc. Le travail intellectuel a donc pénétré dans la majorité des postes de travail. Il y a désormais un temps de travail individuel inexorablement voué à la notion de « gestion » au sens large. Pour cette même raison, il y a eu une gigantesque croissance des catégories de techniciens et de cadres dont la fonction d’encadrement s’avère secondaire par rapport à la fonction directement productrice de valeur. C’est un changement considérable avec les années 60-70 (et avant) où ces catégories professionnelles étaient majoritairement vouées à la surveillance et au commandement.
Cette double évolution – extension du travail intellectuel et création de valeur bien au-delà des catégories ouvriers et employés – a logiquement conduit à faire entrer au sein des métiers de techniciens et de cadres des critères anciennement réservés aux ateliers et aux métiers postés : gains de productivité, objectifs quantifiés et indicateurs de production de valeur.
Tous producteurs, tous productifs
Le développement du travail intellectuel a d’abord permis l’émergence d’un discours sur « l’autonomie ». Plus autonome dans la gestion de son travail, l’employé ou le technicien était supposé y gagner en responsabilité. C’était oublier deux choses. La première c’est que le rapport salarial reste une relation de subordination à l’employeur, ce qui constitue la limite absolue de l’autonomie et la réduit souvent à une peau de chagrin. La seconde c’est qu’à partir du moment où les catégories de TCAM devenaient massivement productrices directes de valeur, il fallait en contrôler la productivité. Finalement, le boniment sur l’autonomie s’est soldé par une croissance des contraintes ! Ces catégories sont alors entrées dans un processus de prolétarisation objective. Elles sont désormais considérées par leurs entreprises comme des « producteurs » au sens le plus classique.
Autre élément aggravant : la généralisation de l’informatique. Car, là où le technicien et le cadre avaient, par le passé, la maîtrise de leur savoir accumulé… aujourd’hui cette accumulation d’expérience est plus ou moins stockée dans le disque dur de l’ordinateur, propriété de l’entreprise. En d’autres termes, l’extension du travail intellectuel s’est traduite par son détournement, non seulement comme source de profit immédiat mais de profit à venir. Cette forme d’expropriation du savoir pèse lourd au sein de la relation salariale, cela va sans dire.
France Télécom comme « modèle »
Le stress c’est l’équivalent de l’usure physique des métiers postés. Il est l’expression de la quête de « création de valeur » dans les bureaux, les centres de recherche, les réseaux commerciaux. C’est aussi le fruit de la taylorisation des métiers de gestion ou de relation clients (pensons aux centres d’appel par exemple !).
Faire « tourner » les cadres et imposer des clauses de mobilité font partie de ce dispositif. Mais ce faisant, les entreprises comme France Télécom cassent l’un des aspects essentiels du travail. Celui de la relation sociale au sein du collectif, des critères d’identification et de valorisation mutuelles dans les rapports de coopération, d’échange et de collaboration au sein du groupe de travail. Cet élément indispensable, qui permet aux personnes de supporter la subordination salariale, est maintenant brisé par la mécanique de la mobilité. Et le désastre psychologique se produit inévitablement.
Jonction avec la financiarisation
Lorsqu’il y a plusieurs années, le dirigeant de France-Télécom parlait de faire de cette entreprise une « usine à cash », il résumait toute la violence sociale de la mondialisation financière. Générer un maximum de cash pour faire quoi ? Eh bien, pour acheter d’autres entreprises de par le monde et pour verser un dividende en croissance permanente afin de solidifier le titre en Bourse. Au périmètre du groupe FT, le dividende issu de l’exercice est passé de 2, 6 milliards en 2005 à 3,6 milliards en 2008. Au seul périmètre de France Télécom, le dividende remonté vers le groupe est passé de 30% de la valeur ajoutée en 2006 à 45% en 2008. Chaque année un plan y définit la réduction des coûts comprenant une réorganisation opérationnelle pour y parvenir. « Les nouveaux modes d’action devraient permettre d’économiser jusqu’à 1,5 milliard d’euros par an de dépenses ou d’investissements » proclame un document de référence du groupe. Les leviers utilisés à cet effet s’attachent le plus souvent à des critères de productivité du travail : optimisation des tâches, réduction des temps d’intervention, diminution des temps « improductifs » et donc réduction d’effectif.
La boucle est bouclée. Rentabilité et performance capitalistique d’un côté, et de l’autre élargissement de la conception industrielle du travail à toutes sortes de catégories professionnelles, métiers et responsabilités. L’entreprise nouvelle, celle de la mondialisation, celle de la « valeur pour l’actionnaire », celle de la performance boursière, a surmonté la mutation sociologique du travail (due aux différents progrès technologiques) et a réussi à « discipliner » à sa manière un travail qui se libérerait peu à peu des contraintes traditionnelles de l’effort physique et de la répétition. Se faisant, elle a non seulement étendu le domaine de la souffrance au travail, mais elle l’a porté à un paroxysme puisque des gens décident par un geste dramatique d’envoyer un message de désespoir à la collectivité.
Aucun colloque, aucune « réflexion » ne suffiront à faire machine arrière. Il ne s’agit pas comme on peut le lire de « mesurer » un degré de stress ou d’identifier des personnes en souffrance. Encore moins de se livrer à des diagnostics psychologiques pour savoir jusqu’où le système peut aller sans casse ! Nous ne sommes pas face à un simple problème de comportement managérial, de conduite de commandement ou de changement. Pas plus à un problème d’adéquation des qualifications individuelles aux tâches demandées. Ce n’est pas une affaire de DRH !
Le mal est beaucoup plus large, plus massif et plus systémique que cela. Il y a un lien direct, inexorable, entre les événements actuels et la transformation économique des 25 dernières années. Entre la machine à faire du cash et la gestion sociale des entreprises. Entre les conditions exacerbées de la concurrence et du profit et le désespoir au travail. Entre le partage des richesses et la manière de produire cette richesse, pour qui et pour quoi. Le geste mortel de ces salariés de France Télécom et des autres est aussi un geste de révolte contre un système, hélas trop individuel et trop désespéré.
Deux facteurs corrélés doivent retenir notre attention. Deux processus anciens, mais qui ne constituent un « système » que depuis quelques années. À savoir, la course effrénée des grands groupes à l’augmentation de leur rentabilité financière et la prolétarisation grandissante des catégories de cadres et de techniciens (dévalorisation, déqualification, quantification des tâches, etc.). Mais d’abord un petit rappel…
La désespérance au travail a toujours existé
Par le passé (pas si lointain), le calvaire des conditions de travail concernait essentiellement l’industrie, la construction et l’agriculture, spécifiquement les ouvriers et les catégories les moins qualifiées. Conditions dégradantes, environnement de travail abominable, cadences effrénées, petits chefs sur le dos, etc. La désespérance au travail y était massive ; l’usure n’était pas simplement physique, elle pouvait être aussi psychologique. Bien avant que l’on ne parle de stress, la souffrance psychique était bel et bien présente dans les entreprises.
Cette dimension n’a pas disparu pour la bonne raison que les activités faisant strictement appel à des gestes répétitifs et à des critères de productivité physique existent encore massivement. Mais, ce qui est nouveau depuis quelques années c’est l’extension de la détérioration des conditions de travail à des postes ne faisant pas strictement appel au « geste » et son élargissement à des catégories de cadres et de techniciens. Cette évolution est effectivement essentielle et doit être comprise.
Une nouveauté : l’extension du travail intellectuel
La grande majorité des postes de travail aujourd’hui font appel à ce que l’on peut qualifier de « travail intellectuel ». Rares sont en effet les activités salariées qui ne nécessitent pas, à des degrés divers, une part de gestion, de contrôle qualité, de vérification, d’anticipation, de planification, de compte-rendu, de suivi informatique etc. Le travail intellectuel a donc pénétré dans la majorité des postes de travail. Il y a désormais un temps de travail individuel inexorablement voué à la notion de « gestion » au sens large. Pour cette même raison, il y a eu une gigantesque croissance des catégories de techniciens et de cadres dont la fonction d’encadrement s’avère secondaire par rapport à la fonction directement productrice de valeur. C’est un changement considérable avec les années 60-70 (et avant) où ces catégories professionnelles étaient majoritairement vouées à la surveillance et au commandement.
Cette double évolution – extension du travail intellectuel et création de valeur bien au-delà des catégories ouvriers et employés – a logiquement conduit à faire entrer au sein des métiers de techniciens et de cadres des critères anciennement réservés aux ateliers et aux métiers postés : gains de productivité, objectifs quantifiés et indicateurs de production de valeur.
Tous producteurs, tous productifs
Le développement du travail intellectuel a d’abord permis l’émergence d’un discours sur « l’autonomie ». Plus autonome dans la gestion de son travail, l’employé ou le technicien était supposé y gagner en responsabilité. C’était oublier deux choses. La première c’est que le rapport salarial reste une relation de subordination à l’employeur, ce qui constitue la limite absolue de l’autonomie et la réduit souvent à une peau de chagrin. La seconde c’est qu’à partir du moment où les catégories de TCAM devenaient massivement productrices directes de valeur, il fallait en contrôler la productivité. Finalement, le boniment sur l’autonomie s’est soldé par une croissance des contraintes ! Ces catégories sont alors entrées dans un processus de prolétarisation objective. Elles sont désormais considérées par leurs entreprises comme des « producteurs » au sens le plus classique.
Autre élément aggravant : la généralisation de l’informatique. Car, là où le technicien et le cadre avaient, par le passé, la maîtrise de leur savoir accumulé… aujourd’hui cette accumulation d’expérience est plus ou moins stockée dans le disque dur de l’ordinateur, propriété de l’entreprise. En d’autres termes, l’extension du travail intellectuel s’est traduite par son détournement, non seulement comme source de profit immédiat mais de profit à venir. Cette forme d’expropriation du savoir pèse lourd au sein de la relation salariale, cela va sans dire.
France Télécom comme « modèle »
Le stress c’est l’équivalent de l’usure physique des métiers postés. Il est l’expression de la quête de « création de valeur » dans les bureaux, les centres de recherche, les réseaux commerciaux. C’est aussi le fruit de la taylorisation des métiers de gestion ou de relation clients (pensons aux centres d’appel par exemple !).
Faire « tourner » les cadres et imposer des clauses de mobilité font partie de ce dispositif. Mais ce faisant, les entreprises comme France Télécom cassent l’un des aspects essentiels du travail. Celui de la relation sociale au sein du collectif, des critères d’identification et de valorisation mutuelles dans les rapports de coopération, d’échange et de collaboration au sein du groupe de travail. Cet élément indispensable, qui permet aux personnes de supporter la subordination salariale, est maintenant brisé par la mécanique de la mobilité. Et le désastre psychologique se produit inévitablement.
Jonction avec la financiarisation
Lorsqu’il y a plusieurs années, le dirigeant de France-Télécom parlait de faire de cette entreprise une « usine à cash », il résumait toute la violence sociale de la mondialisation financière. Générer un maximum de cash pour faire quoi ? Eh bien, pour acheter d’autres entreprises de par le monde et pour verser un dividende en croissance permanente afin de solidifier le titre en Bourse. Au périmètre du groupe FT, le dividende issu de l’exercice est passé de 2, 6 milliards en 2005 à 3,6 milliards en 2008. Au seul périmètre de France Télécom, le dividende remonté vers le groupe est passé de 30% de la valeur ajoutée en 2006 à 45% en 2008. Chaque année un plan y définit la réduction des coûts comprenant une réorganisation opérationnelle pour y parvenir. « Les nouveaux modes d’action devraient permettre d’économiser jusqu’à 1,5 milliard d’euros par an de dépenses ou d’investissements » proclame un document de référence du groupe. Les leviers utilisés à cet effet s’attachent le plus souvent à des critères de productivité du travail : optimisation des tâches, réduction des temps d’intervention, diminution des temps « improductifs » et donc réduction d’effectif.
La boucle est bouclée. Rentabilité et performance capitalistique d’un côté, et de l’autre élargissement de la conception industrielle du travail à toutes sortes de catégories professionnelles, métiers et responsabilités. L’entreprise nouvelle, celle de la mondialisation, celle de la « valeur pour l’actionnaire », celle de la performance boursière, a surmonté la mutation sociologique du travail (due aux différents progrès technologiques) et a réussi à « discipliner » à sa manière un travail qui se libérerait peu à peu des contraintes traditionnelles de l’effort physique et de la répétition. Se faisant, elle a non seulement étendu le domaine de la souffrance au travail, mais elle l’a porté à un paroxysme puisque des gens décident par un geste dramatique d’envoyer un message de désespoir à la collectivité.
Aucun colloque, aucune « réflexion » ne suffiront à faire machine arrière. Il ne s’agit pas comme on peut le lire de « mesurer » un degré de stress ou d’identifier des personnes en souffrance. Encore moins de se livrer à des diagnostics psychologiques pour savoir jusqu’où le système peut aller sans casse ! Nous ne sommes pas face à un simple problème de comportement managérial, de conduite de commandement ou de changement. Pas plus à un problème d’adéquation des qualifications individuelles aux tâches demandées. Ce n’est pas une affaire de DRH !
Le mal est beaucoup plus large, plus massif et plus systémique que cela. Il y a un lien direct, inexorable, entre les événements actuels et la transformation économique des 25 dernières années. Entre la machine à faire du cash et la gestion sociale des entreprises. Entre les conditions exacerbées de la concurrence et du profit et le désespoir au travail. Entre le partage des richesses et la manière de produire cette richesse, pour qui et pour quoi. Le geste mortel de ces salariés de France Télécom et des autres est aussi un geste de révolte contre un système, hélas trop individuel et trop désespéré.

La mise à mort du travail
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SANTE ET TRAVAIL
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A étudier
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Une contribution de la Section CGT du CIT communiquée par notre camarade Erick Soria.
Ce travail est un commentaire CGT sur du dernier rapport d la DARES sur les conditions de travail en France et ailleurs.
Pour en prendre connaissance, cliquer sur le poste de travail :


