Pouvoir d’achat,

   Augmentation du salaire de base,

      Reconnaissance des qualifications,

      des questions pour les cadres

Al’instar des autres salariés, le constat de la situation actuelle est préoccupant pour les cadres : pour une très grande majorité d’entre eux, la réalité se traduit par la réduction de leur pouvoir d’achat. L’individualisation de la rémunération montre ses limites quand elle rime avec « travailler toujours plus » dans un état de stress croissant. D’autant que ces efforts ne garantissent aucune véritable progression de la rémunération des cadres.

Aujourd’hui il y a besoin de revoir la structure des salaires de l’encadrement, de mettre un terme au déclassement des jeunes diplômés, au tassement des grilles pour tous, aux inégalités de salaires femmes- hommes, aux discriminations de toutes sortes dont sont victimes notamment les plus jeunes.

 

Un niveau des salaires historiquement bas

 

Depuis plus de vingt ans, les politiques salariales dans le privé comme dans le public ont porté un coup sérieux au niveau des salaires. Les cadres, ingénieurs, techniciens et agents de maîtrise comme les autres salariés sont touchés... Pour rémunérer plus le capital, le gouvernement et le Medef orchestrent les oppositions entre les catégories, alors que les intérêts des ingénieurs, des cadres, des techniciens et agents de maîtrise sont, comme ceux des employés, contradictoires avec ceux des actionnaires.

Un tassement de la hiérarchie des salaires s’est opéré sans que cela ait par ailleurs profité aux bas salaires.

Dans le même temps, les prix ne cessent d’augmenter et certains postes de dépenses comme le logement, l’énergie, l’alimentation, la santé, connaissent des hausses particulièrement importantes. Le pouvoir d’achat des salariés ne cesse de se dégrader.

 

Revenus et salaires : la confusion des genres

 

Le patronat et le gouvernement s’attachent à remettre en cause les repères collectifs et introduisent de nouveaux modes de rémunération du travail. La part variable du salaire est de moins en moins négligeable et place le cadre dans une situation de précarité et d’insécurité personnelle l’empêchant parfois de concrétiser un projet de vie. L’individualisation est controversée : outre que toutes les activités professionnelles

font appel à des collectifs de travail, les déconnexions fréquentes entre les indicateurs chiffrés et la réalité du travail laissent peu de place à l’évaluation « objective » individuelle. Au bout du compte, l’accroissement de la part individualisée variable de la rémunération lèse les cadres, catégorie la plus touchée par ce type de rémunérations, dans le maintien de leur pouvoir d’achat. Il nous faut donner un coup de frein aux formes aléatoires et non-salariales des rémunérations. Le contrat de travail qui lie l’employeur

au salarié est un contrat de moyens ; il ne doit pas devenir un contrat d’objectifs dans lequel les salariés prennent les risques en lieu et place de l’entreprise et des actionnaires.

 

Toutes les catégories doivent bénéficier d’augmentations générales

 

Les primes se multiplient et leur attribution dépend de critères qui échappent le plus souvent aux salariés.

Les cadres sont de plus en plus nombreux à trouver problématique l’absence de transparence des critères d’évaluation et d’attribution.

Il s’agit pour les salariés de reconquérir des garanties collectives et des règles négociées en matière d’évolution de carrière, d’évaluation collective et individuelle. Il s’agit de garantir des grilles de salaires cohérentes dans une hiérarchie adéquate pour tirer l’ensemble des salaires vers le haut.

 

La baisse des salaires mine la protection sociale

 

L’affaiblissement continu des salaires d’embauche met en péril les retraites à venir des salariés. Aujourd’hui 20 % des cadres perçoivent un salaire inférieur au plafond de la Sécurité sociale. Le salaire mensuel moyen des techniciens et professions intermédiaires est tombé à 1 500 euros.

 

La reconnaissance des qualifications

 

Les jeunes font leur entrée dans le monde du travail dans des conditions complètement dégradées et ils sont nettement moins payés qu’avant ! Les qualifications largement exploitées ne sont pas rémunérées à leur niveau. Beaucoup sont surqualifiés par rapport à leur emploi. La reconnaissance des diplômes, de la licence au doctorat, est à l’ordre du jour.

Les discriminations dans l’embauche et dans la carrière dévalorisent les diplômes et les qualifications.

Les écarts de salaires entre les femmes et les hommes s’élèvent en moyenne à 25 %. Une forte mobilisation doit voir le jour pour exiger l’égalité des salaires et des responsabilités pour une qualification égale, ainsi que les mêmes garanties de perspectives de carrière.

 

Les profits se portent bien

 

Les groupes français du CAC 40 affichent des profits toujours plus grands (57 milliards en 2004, 84 en 2005, 98 en 2006 et 108 en 2007). Mais les revenus du travail profitent de moins en moins aux salariés, ils nourrissent les dividendes des actionnaires.

Pour nombre d’employeurs, revendiquer le maintien du pouvoir d’achat, l’augmentation du salaire de base, la reconnaissance des qualifications seraient des propositions à ne pas évoquer par crainte de mettre en péril l’existence même de l’entreprise.

Pourtant, de l’argent, il y en a. Et beaucoup ! Sauf que quelques-uns se l’accaparent avec délectation, alors que le contingent de travailleurs pauvres augmente chaque jour davantage et que les « classes moyennes » ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.

Malgré l’intensification du travail, malgré l’accroissement des responsabilités imposés à l’encadrement, malgré la hausse des qualifications, la reconnaissance individuelle et collective est rarement au rendez-vous.

 

Peut-on laisser une telle situation perdurer sans réagir ?

 

A l’Ugict-CGT, nous pensons que la mobilisation des personnels cadres pour demander la juste rétribution de leur investissement, de leur disponibilité et la reconnaissance de leurs qualifications est légitime.