Ecologie et entreprise   
16 janvier 2010

Et si la question environnementale se jouait aussi à l’entreprise! Le fiasco de la conférence de Copenhague pousse à s’interroger sur les obstacles à lever pour que les défis environnementaux d’aujourd’hui et de demain trouvent des réponses appropriées.
Manifestement, une partie de ces difficultés est de même nature que celles qui bloquent la satisfaction des revendications sociales. Le monde du travail sait que cette dernière dépend d’un rapport de forces construit dans les entreprises comme au niveau des pays.
Force et de constater que les salariés et les syndicats s’emparent peu, en revanche, des questions environnementales sur les lieux de travail. L’exploitation, qui est au cœur du système capitaliste, est pourtant celle des hommes et de la nature. Les cadres et les techniciens ont soif à la fois de reconnaissance et de responsabilité sociale, et ils ne séparent pas les deux volets.
Au-delà des aspects directement sociaux, la volonté de reprendre la main sur le sens du travail et la finalité de l’entreprise conduit à intégrer le développement durable dans la construction d’un mode de management alternatif au lieu et place de la logique financière qui prévaut aujourd’hui.
La notion de responsabilité sociale de l’entreprise (Rse) restera un vœu pieux tant que la responsabilité sociale des salariés, et singulièrement de l’encadrement, ne sera pas effective.
L’ultralibéralisme a un projet sur l’environnement, celui de dégager, en le «marchandisant», de nouvelles niches de profit pour rebondir plus avant dans la financiarisation à travers un capitalisme vert. Il entraîne l’écologie dans une impasse. Comme d’ailleurs ceux qui prônent l’écologie en soi, l’obscurantisme antiscience et le mépris pour le travail.
C’est pourtant ce dernier qu’il s’agit de transformer en gagnant un développement économique de qualité, tant du point de vue écologique que social.
L’axe d’un plein-emploi qualifié et solidaire, assorti de la sécurité sociale professionnelle que nous revendiquons, est d’actualité au moment où vient de sortir une étude de la Confédération européenne des syndicats (Ces). Celle-ci met en évidence que les mesures permettant à l’Union européenne de réduire ses émissions de CO2 de 40% en 2030 ne détruisent globalement pas d’emplois mais induisent des modifications substantielles de l’emploi et des qualifications au sein de chaque secteur et entre eux.
Des moyens conséquents doivent être mobilisés pour réaliser la gamme des investissements publics et privés vitaux pour la prévention du changement climatique. Les défis environnementaux appellent plus de science, plus de recherche et de développement, plus de démocratie dans les entreprises et dans la société.
La Cgt, et singulièrement celle des cadres et des techniciens, est particulièrement à même d’orchestrer les débats et les mobilisations créateurs des rapports de forces nécessaires.

Jean-François Bolzinger
Secrétaire général adjoint de l’Ugict-Cgt


de Paul Fourier
Secrétaire Général de la Fédération

Mes chers camarades,

Nous sortons tout juste d’un congrès confédéral riche, constructif, animé, même si certaines attitudes de ceux qui étaient venus pour contester toutes les orientations, nous ont parfois handicapé collectivement pour aller au fond des choses.

Tout d’abord, je tiens à rendre hommage à l’ensemble de la délégation des transports, à vos délégués et à sa responsable, qui ont assuré leur mandat dans le sérieux de leurs responsabilités, le respect de la démocratie tout en n’oubliant pas les valeurs d’ami é et de convivialité qui doivent prévaloir dans nos débats, même lorsqu’ils sont contradictoires.

Que cela soit sur des sujets aussi importants que les mobilisations passées et à venir, la représentativité, les jeunes dans la CGT, l’évolution des structures, le développement humain durable et bien d’autres, nous sommes désormais armés d’un document d’orienta on qui est notre feuille de route pour les 3 ans à venir. Charge à nous de nous en saisir pour le décliner partout. Ce document n’est pas le document de la « confédéra on », il est celui de toute la CGT, des syndicats, des UL, des UD, des Fédés…

Les salariés, pour lesquels il a été rédigé sont maintenant en a ente de sa mise en œuvre pour que le syndicalisme CGT, et au-delà, compte-tenu de la place centrale de notre organisa on, le syndicalisme en général, réponde toujours mieux à leurs a entes et fasse avancer leurs revendications.

Nous sommes maintenant comme avant, dans toutes nos responsabilités, en charge de faire grandir le rapport de forces, comme en plein Congrès Confédéral, nous avons (et surtout nos camarades qui ont travaillé en effectifs réduits) par exemple, su le faire sur le transport routier marchandises. Nous sommes en charge de pousser aux négociations pour concrétiser ce rapport de forces et faire grandir les garanties pour les salariés.  Nous sommes en charge de travailler à l’évolution de nos structures pour que nous n’ayons plus de syndiqués sans syndicat et pour que, ces syndiqués aient les moyens de faire avancer les revendications qu’ils soient dans un gros syndicat ou dans un petit, dans une entreprise donneuse d’ordre ou chez un sous-traitant, que nous soyons jeune, expérimenté, actif ou retraité, femme ou homme, ouvrier ou cadre… Pour finir, comme vous le savez, je suis maintenant, en plus de mon mandat de secrétaire général de votre FD, membre de la direction confédérale, dans une équipe largement renouvelée aux côtés de notre secrétaire général, Bernard Thibault.

Nous allons avoir pour mission d’avancer, dans un contexte difficile, pour les salariés, armés de nos nouvelles orientations. Nous comptons sur chacune et chacun d’entre vous pour avoir toutes les exigences nécessaires mais également pour nous y aider, pour que le « tous ensemble » soit résolument notre mot d’ordre.

C’est l’affaire de tous et de chacun, quelque soit ses responsabilités pour faire avancer la CGT.

Vive les orientations de la CGT,

Vive la CGT !



15 décembre 2009

49ème Congrès
l'ambition d'une Cgt pour tous




C’est peu dire que le travail a changé et que le rapport des salariés au travail a profondément bougé. Mais pour autant, le mouvement syndical et notre CGT ont encore des difficultés à se redéployer pour lutter efficacement contre le développement d’inégalités profondes au sein du monde du travail préjudiciables à l’ensemble des salariés et à la société toute entière.

Nous n’avons pas suffisamment su prendre toute la mesure des changements intervenus dans l’organisation du travail et dans les modes de management. Le travail est tendu et écartelé entre contrainte et créativité, entre responsabilisation et culpabilisation, entre intensification, densification des tâches et épanouissement. Les salariés et pas seulement les ingénieurs, cadres et techniciens, sont confrontés à des formes de management qui impliquent leur engagement total dans le travail, sans qu’ils disposent des moyens nécessaires pour atteindre les objectifs qui leur sont fixés et dans un environnement où s’affaiblissent leurs droits. Analyser les impasses sociales auxquelles nous sommes tous confrontés et qui nous ont précipité dans cette crise, comprendre nos difficultés à appréhender cette situation et ces mutations, c’est un des exercices auquel se sont livrés les délégués au 49èmeCongrès de la CGT,mais aussi de nombreux syndiqués durant sa préparation.
De même, la Confédération et avec elle son Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens se sont interrogées sur les manières d’être plus proches des salariés tels qu’ils sont, tels qu’ils vivent.  Ce qui pose la question des structures professionnelles et territoriales adaptées à ce que sont devenu les entreprises, les branches professionnelles, les bassins d’emploi. La CGT a réaffirmé à l’occasion de ce congrès son ambition de construire un syndicalisme d’adhérents reposant sur une vie syndicale active et démocratique permettant à chaque syndiqué d’être pleinement impliqué dans l’organisation et à la CGT,de rayonner sur la plus grande partie du salariat pour devenir la grande force syndicale des salariés, celle dans laquelle ils se reconnaissent, avec laquelle ils et elles ont envie de s’investir pour transformer leur condition sociale et de vie.
L’enjeu de la syndicalisation doit devenir un axe majeur et permanent pour toutes les organisations de la CGTet pour sa part, de l’UGICT-CGT.




Charte pour l'encadrement :
Ouvrir le débat sur notre place, notre rôle
.




Le remarquable documentaire «La mise à mort du travail» récemment diffusé en prime time sur France 3 a montré, non seulement les dégâts humains, mais aussi les causes et les ressorts perfides de cette mise en pièces du travail par les modèles dominants du management.

Depuis vingt ans, l'entreprise est mise au profit des financiers et non au service des besoins humains sociaux et économiques.

Tous les objectifs sont dirigés vers les profits des actionnaires financiers qui exigent des taux de rentabilité à deux chiffres.

Cette nouvelle donne a profondément changé les méthodes de gouvernance.

Elle a modifié complètement la conception même du travail et de son organisation.

La valorisation à court terme des sociétés exigée par les marchés financiers se traduit par des baisses d’effectifs, des réductions de coûts, des restructurations et toujours plus d'automatisation.

La conquête du pouvoir par les marchés financiers a pour corollaire la mise sous contrôle des managers.

Les salaires sont individualisés, les politiques salariales débouchent sur le paiement du poste de travail sans référence aux critères liés à la qualification et aux responsabilités et aggravent la concurrence entre salariés.

La course à la performance et à la productivité sont des obstacles à la qualité du travail.  


Cette situation interpelle particulièrement le personnel de l'encadrement.

La majorité des salariés, notamment des ingénieurs, cadres et techniciens, exprime le besoin de reconnaissance, de leur utilité sociale, de leurs responsabilités et de leurs qualifications.

Ils rejettent le pouvoir abusif, la manipulation, les décisions prises par des directions sans expérience du terrain et du métier, les formes de management sournoises qui conduisent à la soumission ou au suicide.

Ils revendiquent de participer aux affaires de l'entreprise mais ils sont soumis à des injonctions paradoxales «le profit à court terme ou la porte», alors que leur rôle est d’assurer la pérennité et le développement à long terme de l'entreprise. 


L’UGICT-CGT entend ne pas laisser les cadres seuls et isolés face à cette situation où les entreprises leur imposent de jouer contre leur camp.

Les cadres n’ont pas envie de se laisser enfermer dans le discours dominateur et aliénant des financiers.

La CGT des cadres et technicien-ne-s a décidé de lancer et mettre en débat une «Charte pour l’encadrement»visant à «obtenir des droits nouveaux pour un rôle contributif de l’encadrement».

L’UGICT-CGT veut avec cette Charte, lancer le débat pour que les cadres partagent leur expérience et confrontent leurs points de vue sur ce management toxique qui individualise, classe les salariés, pousse à la surcharge et à la destruction. 

Cette Charte de l’encadrement vise à dégager des positions revendicatives, à redéfinir le rôle et la place de l’encadrement dans le travail leur conférant des droits pour développer la dimension collective du travail, en lien avec les règles du métier et non celles des actionnaires, dans une perspective de développement durable et socialement responsable.

Un des axes revendicatifs majeurs de l'UGICT-CGT est de construire un management alternatif socialement responsable qui replace le travail et l’humain au centre des organisations et des entreprises.


Ouvrir des perspectives
Mardi, 20 Octobre 2009 12:54


Jean-François BOLZINGER

Secrétaire général adjoint de l’Ugict-Cgt

Cinq heures de file d’attente à l’entrée du Forum pour l’emploi. Le chapiteau parisien fut pris d’assaut par des dizaines de milliers de personnes, dont une bonne partie de jeunes diplômés et de cadres seniors au chômage. Les jeunes syndiqués Ugict-Cgt, qui effectuaient une campagne d’information sur les droits, ont été témoins de l’ampleur des drames humains et du gâchis économique et social d’une crise qui n’en finit pas.

Selon certains, la récession serait terminée; selon d’autres, les peurs françaises du changement et une protection trop forte des salariés stables retarderaient la sortie de crise. De qui se moque-t-on? Assurément des exclus de l’emploi et de tous les salariés stables ou précaires.

De 15 à 20% de l’industrie française a disparu. Elle a perdu cinq cent mille emplois (services compris) depuis le début de la crise. Le déficit du commerce extérieur explose, car notre appareil productif se disloque. La comparaison avec l’Allemagne, malgré son prix du travail plus élevé, est sans appel. L’insuffisance d’investissements en R&D, la spécialisation sur des niches technologiques rentables au détriment des productions et des filières sacrifient l’avenir.

A l’heure où une politique de développement industriel durable conjuguant social et environnemental devient l’urgence, les finances publiques sont exsangues. Les services publics, pourtant leviers de développement, sont mis en coupe réglée.

Décidément, le capital tue le travail et tue au travail. Il aura fallu les suicides à France Télécom pour que le gouvernement sorte du rôle de comptable des décès et ouvre des négociations sur le stress dans les entreprises de plus de mille salariés. Même si la mesure est insuffisante, une brèche est ouverte pour contester le killer management et travailler des propositions alternatives en matière d’organisation du travail, de pilotage et de stratégies des entreprises.

Non, les peurs du changement ne sont pas à l’origine de la crise. Les agissements de la finance en sont les vrais responsables.

La votation citoyenne contre la privatisation de La Poste, les luttes sectorielles qui se développent sont porteuses d’un autre avenir.

Le monde du travail doit passer à l’offensive sans se laisser impressionner par les arguties de culpabilisation. Les cadres et les techniciens sont en mesure d’apporter de nombreux éléments pour aider à ouvrir une perspective.

C’est ce que cherche à «capitaliser» la Cgt des cadres et des technicien(ne)s avec le projet de Charte de l’encadrement, mis en débat, ou l’initiative «Refonder l’industrie en France» du 10 novembre prochain.

Débattre de nos propositions pour la recherche, l’industrie et les services, pour une autre utilisation de l’argent et des richesses produites, pour un mode de management alternatif, pour faire valoir et gagner des droits individuels et collectifs, est l’urgence de l’heure pour placer des perspectives au cœur des luttes et des actes de résistance actuels.