Max Hymans
Max Hymans, né le 2 mars 1900 à Paris et décédé le 7 mars 1961 à Saint-Cloud, est un homme politique français avant la Seconde Guerre mondiale, un grand résistant pendant cette guerre[1] et président d'Air France de 1948 à 1961.
Famille
Son père : Raphaël Hymans, né en 1864 à Paris (4e), est décédé à Paris en 1938.
Sa mère : Sarah Geismar, née en 1868 à Dambach-la-Ville, dans le Bas-Rhin, est décédée à Paris en 1954.
Son frère : André, né à Paris en 1895, expert près la Cour d'Appel de Paris, le Tribunal Civil de la Seine, arbitre près le Tribunal de Commerce, engagé volontaire en 1915, est décédé également à Paris le 9 décembre 1976.
Sa femme: Monique Maurey, née le 19 mars 1907 à Paris (5e), décédée le 7 novembre 1998 à Saint-Cloud, fille de :
Max Maurey, né à Paris en 1866, auteur dramatique, fondateur du Théâtre du Grand Guignol, directeur du théâtre des Variétés, décédé en 1947 à Neuilly sur Seine.
Son oncle : le général Gédéon Geismar.
Son cousin : Léon Geismar, de cinq ans son aîné, fut Gouverneur de l'Afrique Occidentale Française. Révoqué par le Gouvernement de Vichy, interné à Casablanca, il reprit son poste dès la libération de Dakar.
Ses enfants : Daniel Hymans, Dominique Hymans, Didier Hymans>.
Françoise Furkel de Mme Redon.
Biographie
Premières années
1900.
Naissance à Paris le 2 mars, 64 Boulevard Barbès.
Il a connu une enfance heureuse. L'amour de sa mère lui a donné une forte confiance en lui.[2][3]
Formation :
Collège Rollin, aujourd'hui Lycée Jacques-Decour, il y obtient un baccalauréat es-lettres et es-sciences.
École centrale de Paris. Il obtient le diplôme d'ingénieur des Arts et Manufactures.
En parallèle, il mène des études de droit.
Il s'embarque comme mécanicien sur le paquebot Asie. Contrairement à ce que laisse penser son nom, le paquebot Asie était destiné à renforcer le service postal et le trafic de passagers entre la métropole et l'Afrique occidentale Française. Lancé le 12 février 1914, ce paquebot de 140 m de long et 17 m de large a été le plus grand navire construit par les Chantiers de Dunkerque.
Il entre comme ingénieur chef aux chantiers de Clairoix près de Compiègne (Oise). Ses expériences au milieu des marins et des ouvriers l'orientent vers le socialisme. Il a soutenu une grève de marins à Dakar. Aux chantiers de Clairoix il est entré en conflit avec l'administrateur délégué, au sujet des salaires des ouvriers français, et de leur relève par des ouvriers étrangers encore plus mal payés, d'après une brochure électorale de 1928. Durant ses études à l'école Centrale il avait refusé de remplacer des cheminots en grève.[4]
1925
Le 22 octobre, il s'inscrit comme avocat à la Cour d'Appel de Paris. Il crée son propre cabinet, et se spécialise dans les affaires de contrefaçon et de brevets d'invention. Cela lui permet d'utiliser sa double compétence d'ingénieur et de juriste. Son premier cabinet est situé carrefour de Châteaudun, (aujourd'hui place Kossuth), proche du domicile de ses parents.[5]Par la suite, il s'installera 134 rue de Grenelle, à côté de la Chambre des députés. Dans cet immeuble, viendront s'installer Me André Garnault spécialiste du droit aérien, puis Me Edgar Faure, qui fut à 21 ans le plus jeune avocat de France. Il prend comme secrétaire Mme Cros.[6]
Carrière politique
Toujours en 1925 il adhère à la SFIO.
Il collabore bénévolement au travail parlementaire de l'avocat Marcel Plaisant, député radical du Cher et délégué de la France à la Société des Nations, qui est comme lui spécialisé dans les affaires de contrefaçon et de brevets d'inventions. Il lui prépare des propositions de loi concernant les salariés agricoles, les petits commerçants ou les brevets d'invention.
1928
Max Hymans et ses électeurs à Valençay.En 1928, Max Hymans désire ardemment se présenter aux élections. Il en fait part au comité des mandats de la SFIO, qui trouve cette demande justifiée. À l’époque, il était d’usage, que les jeunes candidats soient envoyés dans des circonscriptions estimées non gagnables. La Fédération de Paris de la SFIO lui propose de se présenter dans le 9e arrondissement. En effet, il y avait passé toute sa vie, ses parents habitants 6 rue Pétrelle, son père ayant, pour ses commerces, son bureau d’achat, 183 bis rue du Fb. Poissonnière.[7][8] Son cabinet d’avocat se trouvait également dans le 9e arrondissement. Raphaël Hymans s’est opposé de la manière la plus absolue à cette candidature, compte tenu d’un échec prévisible, il craignait le ridicule. Max Hymans était décidé à y renoncer, quand il croise un camarade qui lui dit : « Toi au moins, tu as de de la chance, tu vas faire campagne chez toi ; moi, je vais devoir faire 400 km chaque fin de semaine ». Il lui rétorque immédiatement : « Accepterais-tu d’échanger nos circonscriptions - » Sa réponse étant positive, Max Hymans se retrouve candidat dans l’Indre.
Il est élu député de la deuxième circonscription de l'Indre, le 22 avril. La circonscription regroupait alors Valençay, Écueillé, Châtillon-sur-Indre, Buzançais et Levroux. Il bat le député sortant Guillaume d'Ornano (1894-1985), avec 7 663 voix sur 15 017 votants[9]. Comment a-t-il pu être élu dans une circonscription réputée ingagnable pour la SFIO - La réponse est qu'il a su négocier à son profit, au deuxième tour, le désistement du candidat radical.
C'est le début d'une carrière politique nationale, qui durera douze ans, d'abord comme député SFIO, puis comme député USR, au cours de laquelle il sera successivement :
à la Chambre des députés : • président de la Commission des Douanes et des Conventions, membre de la commission du commerce et de l'industrie • membre de la Commission des Finances • rapporteur du budget de l'Air,• membre de la commission de la Législation Civile et Criminelle.
au gouvernement : • sous-secrétaire d'État au Commerce et à l'Industrie dans le gouvernement Camille Chautemps (3), du 22 juin 1937 au 18 janvier 1938 • sous-secrétaire d'État aux Finances dans le gouvernement Camille Chautemps (4), du 18 janvier au 13 mars 1938. Du fait de son départ de la SFIO vers l'USR il ne peut pas participer à des gouvernements socialistes, mais uniquement à des gouvernements radicaux. Ses postes ministériels sont liés à son rôle dans la guerre d'Espagne, Léon Blum conditionnant son aide aux cabinets Chautemps à la continuation du soutien aux républicains espagnols, d'où sa nomination aux Finances, car les douanes dépendent du ministère des Finances.
1929
Première élection au conseil municipal de Valençay, le maire était Eugène Colin.
1931
Première élection au conseil général de l'Indre.
1932
Deuxième élection comme député de la deuxième circonscription de l'Indre. Au premier tour, il obtient 40 % des voix des électeurs inscrits, et au deuxième tour il bat de nouveau le candidat de droite Guillaume d'Ornano, par 8 150 voix contre 5 278, malgré le maintien du candidat communiste, Marius Ollivier.
1933
Il quitte la SFIO pour le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF), qui défend les idées du Néo-socialisme avec pour devise "socialiste, républicain, français". Ce nouveau parti, est présidé par Max Bonnafoux, il compte une quarantaine de parlementaires. Partisan d'une collaboration gouvernementale avec les radicaux, Max Hymans s'est prononcé maintes et maintes fois en faveur de la création d'un ministère de l'économie[10], et en politique extérieure, en faveur d'une union militaire avec l'URSS et la Yougoslavie. Il s'est rendu deux fois en URSS, en qualité de rapporteur de la commission de l'Air. Il en est revenu chaque fois encore plus persuadé de la puissance de l'armée Soviétique, à laquelle on ne croyait pas à cette époque. Les Russes lui ont montré un lâcher d'unités parachutistes de l'armée rouge. Il en a été très impressionné, ce corps n'existait pas encore dans l'armée française. Il sera créé en 1935 à Avignon-Pujaut, dépendant de la base d'Istres, concrétisant une initiative de Pierre Cot, sous la direction technique d'un officier soviétique, au moment de la signature du traité d'amitié franco-soviétique de 1935[11]. Cette union militaire aurait pu empêcher la guerre, ou si celle-ci devait éclater, de la gagner, en renouvelant l'Alliance franco-russe de 1892. C'est l'une des raisons pour lesquelles le gouvernement le choisira en 1939, afin de participer à la mission du général Aimé Doumenc pour rencontrer les dirigeants soviétiques. L'autre raison était sa collaboration des plus actives avec le Komintern, dans le cadre de l'armement de la République Espagnole.
Rapporteur du budget de l'Air à la Chambre, il vote le 31 août en faveur de la fusion des compagnies aériennes. Les compagnies de navigation aériennes françaises (comme on disait à l'époque) étaient : Air Orient, Air Union, C.I.D.N.A. ex Franco-Roumaine et S.G.T.A. Farman, les recettes de ces sociétés provenaient à raison de 17 % des passagers, le reste des subventions, données à titre civil ou militaire, en une seule, Air France[12]. Air France reprendra également le symbole d'Air Orient, la tête de Pégase, le cheval de la mythologie grecque, et la queue du dragon d’Annam pour former le symbole de la relation entre l’Europe et l’Extrême Orient. En fait c'est Air Orient qui va diriger le nouvel Air France, puis par le rachat de l'Aéropostale du banquier Marcel Bouilloux-Laffont. On peut voir une biographie du président de l'Aéropostale, Marcel Bouilloux-Laffont (1871-1944), sur le site Wikipedia d'Angoulème, dont il était maire. Pierre Cot, proche du Parti Communiste, voulant faire un exemple contre un "capitaliste", a poussé à la faillite cette société qui ne souhaitait pas fusionner, en lui refusant ses subventions d'exploitation, pour cela il avancé la date de remise des dossiers (lors de sa mise en faillite, les biens de l'Aéropostale en Amérique latine qui étaient considérables n'ont pas été pris en compte, l'expert judiciaire n'ayant pas eu le temps de s'y rendre, du moins c'est la raison qui a été donnée)[13][14].
Naissance d'Air France[15] le 7 octobre, à 16 heures, à l'Aéroport Paris-Le Bourget[16].
1935
Il est élu conseiller municipal de Valençay. Il le restera jusqu'à sa révocation par le Gouvernement de l'Etat Français en 1941.[17] Sa carrière politique locale reprendra après la guerre.
Son parti, le PSdF et deux autres petits partis socialistes, le PSF et le PSR, fusionnent pour former l'Union Socialiste et Républicaine (USR).
1936
Max Hymans, rapporteur de la Commission de l'air de la Chambre des Députés, en escale à Vienne et en partance pour Moscou, devant un Dewoitine D 338, en 1936.Il est réélu député pour la troisième fois, sous l'étiquette USR, au deuxième tour contre le candidat radical Alexis. L'Indre devient ainsi le bastion de l'USR, avec Louis Dechizeaux, élu député USR de Châteauroux. Ainsi l'USR obtient ses deux seuls députés élus en 1936 dans l'Indre. C'est un signe de la forte influence électorale que Max Hymans possédait dans ce département. Il a réussi à se faire élire en étant membre d'un parti politique en voie de disparition. Louis Dechizeaux est quant à lui ressenti comme lui étant très proche[18]
Il est nommé secrétaire général de la délégation des gauches, qui conduit au Front Populaire. Ce choix est dû à sa qualité de député d'un petit parti socialiste.
Il représente la France à la conférence des capitulations de Montreux.
1937
Max Hymans chez Joseph Paul-Boncour à Saint-Aignan.
Max Hymans aux côtés d'Albert Lebrun dans la cour de la Sorbonne à l'occasion de l'exposition universelle de 1937.Le 28 janvier il se marie avec Monique Maurey. Les témoins de sa future épouse étaient les amis de son beau-père : Tristan Bernard et Sacha Guitry, les siens étaient Édouard Herriot et Joseph Paul-Boncour[19][20].
En raison des grèves de 1936, la préparation de l'Exposition Universelle dont le nom officiel était "Art et Technique", a pris un retard important. L'ouverture était prévue symboliquement le 1er mai. Le gouvernement cherchait un homme énergique pour respecter cette date. Il choisit Max Hymans comme Commissaire Général de cette Exposition. Le jour de l'ouverture, deux pavillons, qui se font face, sont terminés : celui de l'Allemagne nazie, qui a envoyé ses propres ouvriers ; et celui de l'URSS, aidée par le Parti Communiste Français qui a donné des consignes pour que sa construction ne souffre pas des grèves. Les archives de Max Hymans concernant cette exposition se trouvaient dans son appartement, 134 rue de Grenelle, il n'en reste plus rien, cet appartement ayant été vidé par les allemands durant la guerre. Ont également disparues, les photos, sauf celles appartenant aux agences de presse et dont les droits de reproduction ne sont évidemment pas libres, ainsi que ses décorations. Presque chaque pays représenté ayant, bien sur, tenu à le décorer.[21]Il est curieux de noter que les deux expositions organisées par la France durant l'entre-deux-guerres, la Coloniale et l'Universelle ont été organisées par deux cousins germains, de plus au même age, voir sur le site de Léon Geismar la magnifique photo de l'ensemble des gouverneurs des colonies l'entourant à cette occasion.
Le 10 octobre, il est réélu conseiller général de l'Indre pour le canton de Valençay. Dans son compte-rendu de mandat, il rappelle son action politique, en particulier son rôle de secrétaire général de la délégation des gauches[22]
1938
Il dirige l'organisation semi-clandestine créée par Léon Blum avec Pierre Cot[23], Jean Moulin, Jules Moch, Gaston Cusin et Giulio Ceretti, un des fondateurs du parti communiste italien exilé en France devenu par la suite sénateur, membre du Komintern, pour armer l'Espagne républicaine, quand on constate à l'évidence que ni l'Allemagne, ni l'Italie ne respectent le pacte de non intervention[24]. C'est dans ce but qu'a été fondée la compagnie France-Navigation. Giulio Ceretti en était le gérant. Les armes en provenance d'URSS ou d'Angleterre étaient débarquées dans les ports les plus éloignés du sud de la France, afin d'éviter tout soupçon, en particulier à Dunkerque. Puis elles traversaient la France, toujours la nuit, dans des trains conduits par des cheminots désignés par le Parti Communiste. Parmi les plus fermes soutiens de la république espagnole, on comptait le vice-amiral, puis amiral Darlan, ministre de la Marine. Conscient des ses responsabilités, il craignait qu'une victoire des généraux Molla et Franco n'entraine une session à l'Italie d'une base aux Baléares, ce qui en cas de guerre aurait mis en péril l'arrivée des troupes venant du Maroc. Les Italiens coulant les navires de France-navigation qui effectuaient le trajet Odessa/Marseille, il a fait à son tour couler discrètement quelques navires italiens ce qui y a mis fin. La question de l'armement des républicains espagnols est restée longtemps une question sensible, preuve en est, que lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, le 19 décembre 1964, André Malraux évite soigneusement d'en parler. Pourtant en 1937, ils se fréquentaient sans cesse, André Malraux ayant créé l'escadrille España pour combattre les insurgés.[25]
Secrétaire d'État au Commerce il se rend, accompagné de sa femme, à la foire international de San Franscisco, là il va faire une rencontre qui aura une énorme répercussion dans sa vie de résistant. En effet, il y rencontre André Girard qui était chargé de la décoration du pavillon français. Son amitié pour André Girard ne se démentira jamais, puisque lorsque ce dernier aura été mis à l'isolement à Londres par le SOE (Special Operations Executive), en raison de son hostilité pathologique au général de Gaulle, alors que l'Angleterre avait l'avait enfin reconnu comme chef légitime de la France Libre, Max Hymans lui rendra visite. [26]En 1946, il s'occupera du visa de Mme Girard afin qu'elle rejoigne son mari aux États-Unis.[27]Quant à Mme Hymans elle recevra André Girard à chacune de ses visites à Paris, et ceci jusqu'à la disparition de ce dernier en 1968. André Girard connaissait de longue date, le frère ainé de Max Hymans en sa qualité de Conseiller du Commerce Extérieur, lui aussi lui exprimera une vive amitié, comme le prouve une lettre d'André Hymans des plus intimes.[28]
André Girard va créer à Antibes, car son premier adjoint le colonel Vautrin[29] est le commandant de la zone militaire Sud-Est de l'armée de l'armistice, un réseau de résistance dès août 40. Son problème est qu'il n'a pas de liaisons radios avec Londres, c'est en rencontrant Max Maurey, par l'intermédiaire de l'actrice Suzanne Desprès, qui faisait partie de la troupe d'André Antoine, un ami de Maurey, qu'il va apprendre que Max Hymans se trouve à Valençay. Par Max Hymans et Georges Bégué, il entrera en contact avec le SOE et obtiendra ses radios. Il se baptisera "Carte" et baptisera son réseau du même nom, qui est celui d'une chanson de Mireille dont le refrain était : "je t'enverrai une carte postale".
André Girard cachera chez lui, et en divers autres endroits Max Hymans, durant sa période clandestine. L'histoire du réseau Carte est si complexe, tant sur le plan intérieur français, que sur celui des rapports Anglo-Gaullistes, les liens entre Max Hymans et André Girard sont si nombreux que les personnes intéressées liront l'ouvrage que lui a consacré Thomas Rabino, opus cité dans la rubrique : "source et liens externes".
1939
Il fait partie de la mission du général Aimé Doumenc, qui se rend en août à Moscou à la demande du gouvernement - in extremis - puisque le Pacte germano-soviétique date du 23 août 1939, afin de convaincre Staline de déclarer la guerre contre l'Allemagne en même temps que la France et le Royaume-Uni. L'effet du Pacte germano-soviétique ne sera pas long à se faire sentir. Le 1er septembre 1939 à 5h 30, la Wehrmacht envahit la Pologne.
Pendant la guerre
1940
Bien que dégagé de ses obligations militaires en qualité de parlementaire, il demande son intégration dans l'armée. Il sera parmi les rares parlementaires avec Jean Pierre-Bloch, Pierre Mendès France, et François Chasseigne à demander à servir dans l'armée. Il refuse absolument un poste dans un état-major. Il exige un poste dans un régiment de combat. Le 17 avril 1940, il reçoit une affectation au premier groupe du 31e régiment d'Artillerie divisionnaire de campagne, en qualité de capitaine. Il s'agit d'une unité hippomobile équipée de canons de 75 et stationnée sur la frontière luxembourgeoise. En mai et juin, il participe aux batailles du Luxembourg, de l'Aisne et de l'Ailette. Il est décoré de la croix de guerre avec deux citations.
Le 10 juillet, venant directement du front, après avoir vécu l'effondrement militaire et avoir été abasourdi par l'exode des populations, il vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain[30],[31]
Août. Il constate que la politique du Maréchal n'est pas une politique de résistance, enfin de double jeu, comme il l'espérait. Il apprend l'anglais discrètement dans sa cave. Lorsque son collègue Albert Chichery, député radical d'une autre circonscription de l'Indre, vient l'informer qu'il compte soutenir activement le Maréchal, il entre dans une colère épouvantable, lui disant qu'il est devenu fou, et qu'il finira fusillé, ce qui s'est d'ailleurs produit.[32]
Il cherche à entrer en contact avec la France libre :
- Il demande à Farki Pacha, ministre d'Égypte, de lui permettre cette liaison. Il l'avait connu dans des conférences internationales consacrées à résoudre le problème de la dette égyptienne, cependant, celui-ci le reçoit froidement, quand il comprend ses intentions.
- Il remet des messages, à M. Beaujard[33] et à Madame Bonnet[34], qui se rendent à l'étranger, pour faire savoir à Londres « qu'il se considère comme mobilisé et qu'il se tient à la disposition de la France Libre pour tout travail à effectuer à l'intérieur ». Il précise qu'il habite à 20 km de la ligne de démarcation, ce qui lui permettrait de faciliter les liaisons entre les deux zones.
Automne. À Toulouse, il fait la connaissance de Madame Cathala, femme d'un professeur de la Faculté des Sciences réfugié à Londres.
Un premier message arrive enfin à Londres par l'intermédiaire d'un diplomate sud-américain, qui l'adressera à André Labarthe. Ce message était bien destiné à André Labarthe, mais Max Hymans ignorait qu'il était devenu anti-gaulliste. Par la suite, Labarthe ira à New York rejoindre les Français opposés au général de Gaulle. En voici le texte :
« Je t'écoute à la radio, je veux servir la même cause que toi. Je suis à Valençay avec ma femme et mon beau-père. Je t'envoie un diplomate neutre rencontré à Vichy. Réponds si tu le peux ». Signé : Max Hymans.
Le lendemain, André Labarthe, au lieu de le mettre en contact avec la France Libre, va trouver Thomas Cadett qu'il avait connu comme correspondant du Times à Paris, et qui était en même temps un agent de l'intelligence service (Secret Intelligence Service).[35]A Londres il avait intégré la section française du SOE appelée section F, dirigée par le colonel Maurice Buckmaster et totalement autonome par rapport à la France Libre.[36]
Hiver. Sans savoir l'usage qui en sera fait, il fait parvenir à Londres divers renseignements par l'intermédiaire de Madame Cathala et du consulat britannique de Barcelone.
Il a obtenu ces documents par l'intermédiaire d'Eric Labonne, ancien ambassadeur de France à Moscou jusqu'en 1939, avec qui il était resté en contact, et qu'il a retrouvé à Vichy au Ministère des affaires étrangères.[37]
À savoir les documents suivants :
- consignes quotidiennes de censure de presse ;
- copies des procès-verbaux des séances de la Commission d'armistice de Wiesbaden ;
- copie d'un rapport de général Doyen, délégué à cette commission ;
- informations relatives aux prélèvements allemands sur le ravitaillement ;
- informations sur la mise en route des fabrications pour l'Allemagne ;
- renseignements sur l'emplacement des troupes ennemies.
Il circulait gràce à sa voiture à gazogène, qu'il possédait en tant que député, et il cachait les documents dans la robe de sa femme, qui pouvait paraître attendre un heureux événement.
1941.
Max Hymans et un container parachutéDurant l'été, a lieu à Lyon un congrès clandestin du Parti Socialiste, il n'est ni invité ni même prévenu, bien que ce congrès soit présidé par un de ses amis Félix Gouin, en présence de quelqu'un avec qui il est en contact constant, Jean Pierre-Bloch. Il n'est plus considéré comme membre de la SFIO.
Dans la nuit du 5 du au 6 mai, Georges Bégué est parachuté en aveugle au sud de Valençay avec pour mission de prendre contact avec Max Hymans. Il est le premier opérateur radio envoyé clandestinement en France par le SOE (Special Operations Executive). Georges Bégué se présente l'après-midi chez lui, conformément à sa mission (le code de cette mission était BOMBPROOF). La prise de contact sera difficile car Max Hymans se méfie. Il pense avoir devant lui un imposteur envoyé pour le faire tomber dans un piège et le faire arrêter, compte tenu de son passé. De son côté, Georges Bégué n'est pas sûr d'avoir en face de lui le vrai Max Hymans. Ce qui convainc Max Hymans, c'est lorsque Georges Bégué lui présente le permis de conduire d'André Labarthe, sur lequel ce dernier a écrit : « Tu peux faire une confiance absolue à celui qui te remettra ce document », et qu'il lui répète mot à mot des conversations qu'il avait eues, seul à seul, avec André Labarthe.
Il héberge Georges Bégué les deux nuits suivantes. Le lendemain il va à Saint-Aignan le présenter à Joseph Paul-Boncour. Il prend comme pseudo « Frederic ». Il demande à son frère de trouver un logement à Châteauroux pour Georges Bégué. En le faisant lui-même, il aurait attiré l'attention, étant connu de tous de vue dans cette ville, ses photos ayant été publiées dans la presse locale durant douze ans, par ailleurs il a été le principal orateur, lors de diverses manifestations dites de "Défense de la République", organisées à Châteauroux durant les années trente, par la Ligue des Droits de l'Homme, la Ligue de l'Enseignement ou le Comité des Parlementaires de l'Indre.[38] André Hymans en trouvera un, 14 rue des pavillons. Max Hymans le mettra alors en relation avec deux de ses amis Marcel Fleuret, garagiste 86 rue de la Couture, qui va devenir la première boîte aux lettres du SOE en France, et Henri Renan, pharmacien.
Le premier message radio vers Londres sera envoyé le 9 mai 1941. D'après Georges Bégué émettre depuis Châteauroux, qui n'était alors qu'une ville de 30 000 habitants, n'était pas si difficile que l'on l'imagine généralement, car la police locale ne possédait pas de véhicules goniométriques, c'est-à-dire chargés du repérage des émission de radio, elle devait faire appel à l'armée de l'armistice, qui elle en possédait, mais qui était peu motivée pour jouer les auxiliaires des allemands. Dés l'entrée de ses trois véhicules de repérage, puisqu'on repérait par triangulation, dans Châteauroux, elle coinçait l'aiguille de ses appareils en bas à gauche afin que personne, y compris eux-mêmes, ne sache d'où les émissions provenaient.[39]Dans ce message Georges Bégué donne l'adresse de Fleuret[40]comme boîte aux lettres.
Georges Bégué, lui apprend que le SOE[41] est un service action et non pas un service de renseignements. « Frédéric » et « Georges », tout en recrutant de nouvelles boîtes aux lettres, comme le docteur Samuel, orientent alors leur action vers la recherche de terrains adaptés à des parachutages ou des atterrissages. Ils en repèrent un près de Tendu, dans un champ situé derrière la ferme « Les Cerisiers » exploitée par les frères Ernest et Auguste Chantraine, ce dernier était le maire socialiste de Tendu.
Max Hymans est le premier à permettre la création d'un réseau SOE : ce sera le réseau "AUTOGIRO", avec comme chef Pierre de Vomécourt. Son statut de député lui permet de circuler avec une voiture à gaz-au-bois à travers la France non occupée. Il prend ainsi les contacts nécessaires pour créer le réseau. Les premières recrues sont ses amis de la SFIO, à commencer par Jean Pierre-Bloch qu'il présente en août à Jacques Vaillant de Guélis, citoyen anglais malgré son nom français, et officier d'État Major de la section F du SOE. Il était interdit à un officié d'État Major d'être parachuté en France, en effet, s'il parlait c'est toute l'organisation qui tombait. Il n'y eu que deux exception de Guélis et Peter Churchill, sans lien de parenté avec le Premier Ministre. Winston Churchill avait bien un fils officier au SOE, il s'agissair de Randolph Churchill qui s'est illustré en Tunisie en passant derriére les lignes allemandes[42]. Peter Churchill, quans à lui, est arrivé en France en sous marin le 9 janvier 1942, depuis Gilbraltar[43] pour essayer de régler le problème du réseau Carte d'André Girard, qui refusant toujours de se rallier au général de Gaulle, devenait un problème pour le SOE. Un parachutage de saboteurs devant avoir lieu pour bientôt, de Guélis en confie l'organisation à Jean Pierre-Bloch en Dordogne, car il y a eu trop de survols dans l'Indre, la population, et la gendarmerie comprennent qu'il se passe quelque chose, tout en ne disant rien.
Octobre. Le 2, la radio, émet le message de mise en alerte, « Gabriel[44]vous envoie ses amitiés ».
Le 3, Gerry Morel, qui était en mission pour le SOE depuis un mois, est arrêté à Limoges par un commissaire spécial[45], sur l’indication de la Gendarmerie. Parmi les nombreuses adresses découvertes dans ses papiers, la police retient particulièrement celle de Marcel Fleuret. Morel reconnaît que cette adresse lui a été indiquée comme boîte aux lettres à utiliser au cas où il aurait besoin de se mettre en rapport avec Londres. Dans cette éventualité, il devait remettre à ce garage un pli au nom de "Monsieur Georges"[46] ». La police engage la surveillance du garage Fleuret. Le 4, Max Hymans se rend au garage. Il échappe à la police et entre en clandestinité.
Récit de l'entrée en clandestinité, le 4 octobre 1941, d'après un rapport de police.[47]
En fin d'après-midi, rentrant à son domicile en compagnie de sa fille, Madame Fleuret trouve la police en train de perquisitionner. Son mari, en partant en compagnie des policiers, lui dit « Voilà dans quel pétrin on m'a mis ». Cette déclaration habile de Fleuret adressée à sa femme, mais destinée à la police, le fait plutôt passer pour une victime que pour un résistant actif, elle sera efficace. En effet, il sera acquitté par le tribunal de Châteauroux. Lors de la perquisition la police n'a pas trouvé la boîte aux lettre qui était cachée dans le moyeu d'une roue. Un quart d'heure après le départ de Fleuret, Max Hymans arrive chez elle. Malgré l'interdiction qui lui en avait été faite, elle le prévient de l'arrestation de son mari. Aussitôt, il remonte en voiture et part prévenir Georges Bégué. L'indiscrétion de Madame Fleuret lui a sauvé la vie. Par la suite, elle fera prévenir par sa fille la famille de Max Hymans résidant à Chateauroux (c'est à dire son frère) et elle ne livrera à la police, le courrier destiné à Georges Bégué, qu'avec un grand retard déclarant l'avoir oublié.
Octobre (suite). Max Hymans envoie une lettre codée à Jean Pierre-Bloch : « Mon cher ami, je te remercie des boîtes de foie gras [48], que tu m'as envoyées. Malheureusement, deux étaient tournées et j'ai dû les jeter[49]. J'ai bien d'autres mauvaises nouvelles à t'envoyer. J'ai eu avec ma femme une violente querelle, trop violente, et j'ai quitté le domicile conjugal. Ne m'écris plus et n'essaye pas de me revoir - Frédéric. » Pendant huit jours, le message d'alerte est répété à la BBC, puis c'est le message final, pour action, « Gabriel va bien ». L'opération a lieu dans la nuit du 10 au 11 : le SOE parachute, pour la première fois en même temps, des agents et des armes pour la Résistance en France, à Beleymas, non loin de la propriété de Jean Pierre-Bloch à Villamblard.[50] Pour accueillir les quatre agents parachutés et récupérer les deux conteneurs d'armes, le comité de réception comprend Jean Pierre-Bloch, Édouard Dupuis, maire de Villamblard et Albert Rigoulet, dit « Le Frisé ».
Photographie de Max Hymans en clandestinité.Désormais, Max Hymans est activement recherché. Le ministre de l'intérieur, Pierre Pucheu, se vantera même d'avoir « la peau d'Hymans ». Mais Max Hymans se déplace sans cesse : Toulouse, Marseille[51], Lyon[52], Paris, Antibes[53], Chambéry[54], chez des amis d'André Girard, en vivant sous différents pseudonymes (Robert, Georges, ...), et en modifiant son aspect physique. Un tribunal militaire de Lyon le condamne à mort par contumace « pour réception d'armes et complot contre la sûreté de l'État ».
1942.
Mars. Il est hébergé à Lyon par Lucie et Raymond Aubrac. Il devait quitter la France grâce à Virginia Hall, l'agent SOE en poste à Lyon, dont la couverture était d'être le correspondant en France non occupée, du quotidien New-Yorkais le New York Post. Elle organise un départ en sous-marin à partir d'Antibes. En effet Londres veut le plus rapidement possible un rapport de Max Hymans, sur l'activité du SOE dans l'Indre, dans le midi où il y a eu des arrestations, sur le réseau Carte, et enfin dans toute la France. Malheureusement un contrôle, en gare à Lyon, va lui faire manquer son train. Il prendra le suivant manquant son rendez-vous, après l'avoir attendu vainement le sous-marin qui se trouvait plage de la Garoupe a fini par repartir sans lui. la plage de la Garoupe, une anse située à la pointe du cap d'Antibes, protégée par des rochers de chaque coté et terminée par une plage de sable fin était idéale pour des débarquements clandestins, elle a n'a jamais été repérée par les allemands, preuve en est que ces derniers ont placé des tripodes en béton devant toutes les plages du sud sauf celle-ci.
Ce réseau était d'autant plus sûr, que l'adjoint d'André Girard était le colonel Vautrin qui avait été le directeur du cabinet militaire de Pierre Cot, quand ce dernier était ministre de l'Air. Jean Moulin, quant à lui était le directeur du cabinet civil. Il se trouvait à Grasse, en qualité de commandant de la région militaire sud-est, car Nice était à l'époque sous occupation Italienne. Ses contacts avec des commissaires de police des villes côtières permettaient une utilisation facile de la voie maritime. Le SOE va donc l'utiliser largement depuis Gibraltar, avec des bateaux de pèche à équipages polonais, des felouques, et des sous-marins.[55],[56]. Il va donc quitter la France grâce à un réseau d'évasion plus classique passant par l'Espagne, avec Félix Gouin, accompagné de deux jeunes résistants gaullistes. Lors de l'inauguration du monument consacré à la mémoire des agents du SOE morts pour la France, à Valençay, l'un d'entre eux, Jean-Louis Thomas a envoyé une lettre à Mme Hymans, dans laquelle il lui raconte ce voyage[57].Le rendez-vous fut fixé à Collioures, ils ont traversé les Pyrénées sans guide, Max Hymans, Félix Gouin, et Jean-Louis Thomas sont arrêtés à la gare de Figueras par par la Garde Civile, en essayant de prendre un train de fret roulant au ralenti, ils sont emprisonnés à Gérone, Barcelone, Sarragose et enfin au camp de Miranda. Il se déclare Canadien, ce qui lui permettait d'expliquer son mauvais anglais.
Juillet. L'Espagne, comme de nombreux pays calquait sa politique étrangère sur l'évolution de la situation militaire. En 1942 après l'entrée en guerre de la Russie et des États-Unis, la victoire de l'Allemagne n'était plus aussi ceraine qu'en 1940, c'est pourquoi elle collaborait en sous-main avec les anglais. C'est ainsi qu'à la la suite d'une demande du consulat britannique de Barcelone, ils sont libérés et peuvent quitter l'Espagne, par Gibraltar et rejoindre l'Angleterre. À Gibraltar il rencontre pour la première fois le général de Gaulle et s'entretient avec lui. Ce dernier revenait d'Haïffa, les anglais lui ayant refusé l'entrée en Syrie, aprés l'armistice de Saint jean d'Acre. le général souhaitait pouvoir haranguer les troupes françaises, afin que la Syrie rejoigne la France Libre, mais les anglais voulaient l'indépendance de la Syrie et du Liban afin d'être les seuls maîtres du Proche Orient. Ils ont donc empêché tout contact direct entre le général de Gaulle et les troupes françaises, qui ont été finalement rapatriées en métropole.
Août. Il devient l'un des intervenants réguliers sur la BBC dans l'émission Les Français parlent aux Français que dirige Maurice Schumann. Intervenant sous les noms de Granpré et Fromuzeau[58], il incite les agriculteurs à résister aux demandes de livraisons des produits agricoles aux allemands, par l'intermédiaire de Vichy, et à les vendre directement aux habitants des villes. Des incendis de récolte et de matériel agricole se sont produits attribués à ses discours, du moins dans la Berry, ce phénoméne est mal connu, la presse observant un silence total à ce sujet.[59]
Octobre. Le 12, il est radié du barreau de Paris.
Le Général de Gaulle lui confie plusieurs missions : il est nommé Secrétaire Général du Comité central d'aide aux Prisonniers, pour cela il met en place l'envoi, aux soldats français prisonniers en Allemagne, de colis provenant des États-Unis, du Canada, d'Afrique du Nord (l'œuvre du colis d'Algérie et du Maroc), et d'Amérique latine, les uns sont offerts, les autres achetés grâce à l'or de de la Banque de France déposé aux États-Unis. Il arrive à faire livrer, inégalement en raison des destructions partielles des ports d'arrivées c'est à dire Naples et Marseille, ainsi que des chemins de fer allemand, jusqu'à 800 000 colis par mois, c'est-à-dire un par prisonnier, qui sont distribués, dans les camps, par la Croix-Rouge.
Il participe aux délibérations du "Groupe des Parlementaires Français adhérants à la France Combattante", dont le président était Félix Gouin. Il partageait par ailleurs un petit appartement au 18 Hyde Park, avec Félix Gouin en raison de la pénurie de logements dans la capitale anglaise. Les membres de ce groupe étaient : Paul Antier, député indépendant de la Haute Loire, qui fut le premier parlementaire à rejoindre le général de Gaulle, Jean Pierre-Bloch, Lucien Gallimand, Fernand Grenier, Louis Jacquinot, André Maroselli, Pierre Mendes France, Jules Moch, Henri Queuille, Pierre Viennot, et André Philipp.
Le 9 novembre, Max Hymans écrit au président Roosevelt, avec Félix Gouin, Jean Pierre-Bloch, Pierre Mendes France et Paul Antier pour lui faire savoir : "Qu'au cours de ces deux dernières années, le peuple français a considéré le général de Gaulle comme le symbole de la Résistance ". La situation du général était à ce moment particulièrement critique. En effet, il ne fut pas informé par les alliés du débarquement en Afrique du Nord, les américains trouvant sur place l'amiral Darlan, ont pensé qu'il ferait un excellent gouverneur, quand aux Anglais, ils ont exfiltré en sous-marin gràce au SOE, le général Giraud pour prendre cette place.[60].
1943.
Janvier. Le 19, il est nommé au commissariat à la justice et à l'Instruction Publique.
Août. Il cesse ses interventions à la BBC. Il arrive à Alger 13 août, avec 5 livres sterling sur lui. Le Général de Gaulle le nomme directeur des Transports Aériens du Comité français de la Libération nationale (CFLN). Malgré des moyens fort modestes, il arrive à constituer un réseau relativement important. Par exemple il crée une liaison Alger/Moscou par Beyrouth. Le Général de Gaulle lui demande aussi d'étudier la possibilité de mettre en place un service aérien pour importer du riz depuis Madagascar. Lorsqu'il se rend dans cette île, il fait en outre un rapport détaillé sur les lignes aériennes militaires (LAM). Le directeur des lignes aériennes militaires (LAM) Lionel de Marmier, qui était, de plus, le pilote personnel du général de Gaulle, disparaîtra dans un accident d'avion, le 30 décembre 1944, lors d'un vol Alger/Paris. C'est après la disparition de Lionel de Marmier, premier officier supérieur à avoir rejoint la France Libre, héros des deux guerres, que le général de Gaulle pensera à Max Hymans pour la présidence d'Air France, c'est pourquoi il signera précipitamment, avant son départ, sa nomination à la direction du Secrétariat Général à l'Aviation Civile et Commerciale. [61]
Premier échec : le Général de Gaulle crée l'Assemblée consultative provisoire, composée de vingt députés désignés par les partis politiques d'avant guerre, de quarante représentants des mouvements de Résistance, des représentants des conseils généraux d'Algérie et de délégués des colonies. Député français il aurait pu y siéger, mais le parti socialiste interdit à tous les néo-socialites de le représenter, les responsables ne lui pardonnent toujours pas d'avoir quitté le parti en 1933.[62]
Après la guerre
1944
Retrouvailles du général François d'Astier de la Vigerie, à gauche, de Max Hymans, au centre, et de Paul Parpais, à droite, devant les grilles de la préfecture de Châteauroux en septembre 1944.
Max Hymans signant l'accord de fondation de l'Organisation de l'aviation civile internationale en 1944 à Chicago.Retour en France métropolitaine. Il atterrit le 28 août à l'aéroport d'Évreux et retrouve sa femme qui se cachait à Pigalle, 10 rue de Douai, chez un cousin germain de Mme Maurey, Yvon Leroy. Deux miliciens étaient venus arrêter en 1943 Mme Raphaël Hymans, Mme Max Hymans et son fils ainé à Valençay. Max Maurey leur ayant expliqué que tout ce qu'ils y gagneraient c'est un coup de pistolet dans la nuque au retour de Max Hymans, ces derniers avaient alors conseillé à Mme Hymans de se cacher au milieu des allemands. Mme Hymans mère a été cachée, quant à elle, chez des agriculteurs de Valençay, Monsieur et Madame Fouquet, après avoir été déclarée au seuil de la mort et intransportable par les deux médecins de Valençay. Elle a fait le trajet cachée dans une charette remplie de fouin.
La Direction des Transports aériens est transférée d'Alger à Paris. Max Hymans en assure toujours la direction, sous la tutelle du Ministre de l'Air du premier gouvernement de Gaulle, du 10 septembre 1944 au 21 novembre 1945, le communiste Charles Tillon.
Il représente la France à la conférence de Chicago, lors de la création de l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale). Il est conseillé par Me Garnault, avocat spécialisé dans le droit aérien, qui avait fait partie du cabinet Pierre Cot, lorsque ce dernier était ministre de l'Air, et qui deviendra par la suite l'avocat d'Air France.
Il réintègre la SFIO le 11 novembre, comme la majorité des anciens néo-socialistes. Il est réélu au Conseil général de l'Indre. Il en devient le président.
À la demande se son beau-père, il se démène pour faire libérer Sacha Guitry. Ce dernier, en gardera une grande reconnaissance à la famille Maurey, et ne fera désormais jouer ses pièces qu'au théâtre des Variétés. Il offrira à Max Maurey le magnifique buste d'Offenbach qui se trouve actuellement dans le fumoir du théâtre, et à son cousin yvon Leroy, qui faisait collection de tout, il bradera ses magnifiques voitures.
1945
Deuxième échec : Le 21 octobre, ont lieu les premières élections d'après guerre. Le "Comité Départemental de Libération Nationale" de l'Indre le déclare inéligible en raison de son vote en faveur du Maréchal le 10 juillet 1940. Il est déclaré éligible dans un conseil municipal, dans un conseil général, mais pas à la première Assemblée Constituante.
C'était un moyen pratique d'empêcher sa réélection, qui était certaine. Il n'était soutenu par aucun des trois partis qui faisaient la loi à cette époque. Le délégué communiste ira jusqu'à dire, lors de la réunion du Comité Départemental de Libération Nationale : "On affirme que Max Hymans a fait de la Résistance, mais moi je ne l'ai jamais vu dans un maquis !" Les modérés (MRP) ne le soutiendront pas, les socialistes locaux le soutiendront avec force, mais pas au niveau national, ils lui en voulaient toujours d'avoir quitté le parti en 1933. Sa carrière politique est arrêtée. Cette machination politique ne jouera pas en faveur des communistes qui n'auront aucun élu dans l'Indre en 1945, alors qu'ils triomphent partout ailleurs en France.
16 juin, Air France est nationalisée, à la demande de Charles Tillon, qui aura été le dernier ministre de l'Air.
C'est en 1945 que les communistes ont obtenu le plus de nationalisations. La nationalisation d'Air France ne signifie pas un monopole des transports aériens, le gouvernement s'est laissé la liberté d'octroyer des exploitations de ligne par décrets. Par exemple, René Pleven, ministre des Finances décide le 2 décembre, la nationalisation du secteur bancaire français à compter du 1er janvier 1946 à savoir : la Banque de France, ainsi que les principales banques françaises, (La Société Générale, la Banque Nationale du Commerce et de l'Industrie (BNCI), Le Crédit Lyonnais, enfin le Comptoir d'Escompte de Paris)[63].
1946
Le 19 janvier, le Gouvernement provisoire de la République française le nomme à la tête du Secrétariat Général à l'Aviation Civile et Commerciale (SGACC). C'est une des dernières décisions prises par le Général de Gaulle avant sa démission le lendemain, le 20 janvier. Il y tenait donc tout particulièrement[64], avec comme ministre de tutelle, le ministre des Travaux Publics et des Transports Jules Moch. Il prend comme Directeur de cabinet Georges Bégué qui avait terminé la guerre comme chef des transmission du Commandement suprême des alliés en Europe (SHAEF), alors basé à Londres. Lors de sa nomination à la présidence d'Air France, le 4 août 1948, Max Hymans le nommera, à compter du 1er octobre, représentant du Secrétariat Général à l'Aviation Civile et Commerciale à Washington, puis l'aidera à intégrer une entreprise de radio-télécommunication,[65] "l'Atlantic Rechearch Corporation". Il va donc devoir créer les structures du SGACC, choisir les hommes qui les dirigeront, avant d'entreprendre un travail considérable de reconstruction. Ces missions étaient, avant guerre, celles du ministère de l'Air, fondé en 1928 par Paul Painlevé alors ministre de la Guerre, à la suite de la traversée de l'Atlantique par Charles Lindbergh en 1927. Le Secrétariat Général à l'Aviation Civile et Commerciale (SGACC) deviendra en 1976, la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC), lors de la disparition des secrétariats généraux dans l'administration.
Il va conseiller le gouvernement dans la rédaction de la loi qui créé le statut d' Air France, d'autant plus qu'il sait qu'il en sera nommé président. Edgar Faure a fait échouer le vote de la loi qui instituait le nouveau statut d'Air France, étant par principe hostile aux nationalisations. Il suggère donc au gouvernement de faire d'Air France, une société anonyme de droit privé, qui remplit une mission de service public. Ce qui ne signifie rien dans la mesure ou l'État et les collectivités locales devaient être propriétaires statutairement d'au moins 85 % du capital. Il s'agit de l'ART. 4 de la loi du 16 juin 1948, qui est ainsi rédigé : "En aucun cas, le total des actions souscrites par la deuxième catégorie (les personnes privées) ne pourra excéder 15 % du capital. Le président et le directeur général étant nommés en Conseil des ministres. Cependant, cela a suffi à apaiser la droite et à faire voter cette loi[66].[67]
Réintégré à la Libération au barreau de Paris, il en démissionne définitivement le 1er décembre.
1947
Le 7 décembre, il signe, au nom de la France, la Convention de Chicago qui établit les règles de l'air.
1948
En mai, Il préside l'Assemblée de l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).
Août. Le 4, il devient président d'Air France, avec comme directeur général Henri Ziegler, le futur Président de Sud Aviation. Auparavant, il avait choisi Fernand Hederer, inspecteur général de l'Air, pour diriger après lui le Secrétariat Général à l'Aviation Civile. Jusqu'en 1956 un représentant du Secrétariat général à l'Aviation civile siégeait de droit au Conseil d'Administration d'Air France. Il devra d'abord pacifier une entreprise où une guerre larvée existait entre ceux qui venaient d'Alger, et ceux qui restés en France avaient du collaborer, (Air France avait du assurer l'entretien des avions la Lufthansa à Toulouse et prêter des équipages inemployés à cette Compagnie), puis il associera le plus possible la CGT, qui dirigeait plus ou moins l'entreprise depuis 1944, à la direction de l'entreprise, grâce à la présence statutaire de deux délégués du personnel au Conseil d'Administration. Par la suite, Max Hymans utilisera sa vision à long terme des affaires, ses qualités de chef, ses connaissances dans le monde politique et son habileté dans les relations internationales. Il lance un programme d'achat d'avions raisonné, en ayant le courage de s'opposer à la volonté du gouvernement d'acheter des appareils français, qui n'étaient pas au niveau mondial. Il leur préfère des avions d'excellente qualité : Douglas DC-3, Douglas DC-4, Constellation, tous américains. Il adaptera constamment la flotte.[68] Puis il étendra le réseau d'Air France de plus de 50 %[69]. En effet, il pense que la montée des nationalismes rendra de plus en plus difficile l'obtention de lignes nouvelles.[70].
Il est élu à la présidence de l'OACI, organisation des Nations Unis destinée à rationaliser le transport aérien.
Son ami René Brouillet, alors secrétaire général du Gouvernement tunisien, lui demande de venir. En effet, les Tunisiens manifestent le désir d'avoir leur propre compagnie aérienne. Max Hymans va régler les problèmes juridiques, techniques et financiers, et Tunisair est créée. Comme il l'avait déjà fait, un an auparavant quand il était Secrétaire Général à l'aviation civile avec Air Algérie, et au Maroc avec Atlas Air, devenu par la suite Royal Air Maroc. Il pense que l'indépendance de ces pays étant inéluctable, il vaut mieux créer des compagnies amies avant, plutôt que d'avoir des compagnies hostiles après.
Max Hymans, maire de Valençay, accueillant l'archevêque de Bourges.1949
Le 27 février, après le décès de Marcel Ferré, il est élu maire de Valençay. Il le restera jusqu'à sa mort.
1950
Aprés la défaite de 1940, et l'humiliation ressentie par un pays ou la grandeur est depuis Louis IV un facteur important. Le transport aérien a été vu comme une arme permettant de la retrouver, en effet les anglais étaient encombrées par deux compagnies aériennes, l'Allemagne était absente, l'Italie aussi, il y avait là de quoi montrer le retour de la France. C'est pourquoi le gouvernement a pris à sa charge 90 % du déficit des lignes internationales. Les bénéfices sur les long-courriers de l'Union Française permettaient de combler les 10 % restants et de vivre ainsi aisément. A quoi il fallait ajouter une subvention pour la formation du personnel navigant, et une autre, à partir de 1951, pour l'expoitation des douzes Breguet Deux-Ponts que l'Etat lui avait imposée.
1951
Max Hymans lors de l'inauguration de l'aérogare des Invalides le 21 août 1951.Il est réélu au Conseil Général de l'Indre, mais il en perd la présidence en faveur de Vincent Rotinat, élu CNI du canton de Neuvy-Saint-Sépulchre.
Il est redevenu éligible aux élections législatives, après une longue hésitation, il ne se représente pas. Il choisit de présenter à la Fédération Socialiste de l'Indre le Dr. Léon Boutbien qui pense-t-il saura sauvegarder sa position électorale dans le département. Léon Boutbien est élu grâce au nouveau mode électoral créé pour minimiser les votes gaullistes et communistes : le système dit des apparentements, qui permet aux listes qui le souhaitent de s'apparenter et de se partager entre elles les surplus de voix.
1952
Au cours d'une conférence donnée aux Ambassadeurs[71], il se prononce pour la création d'une compagnie aérienne fédérant les compagnies d'Europe Occidentale. La France se trouvant du côté des vainqueurs, Air France est en position de force face à l'Allemagne, mais avec le temps il pense que celle ci retrouvera sa position économique dominante en Europe, et qu'il faut donc profiter de la situation actuelle. Son projet, connu sous le nom d'Air Union, réunit, outre Air France, les trois compagnies européennes qui y adhèrent c'est-à-dire : La Sabena, Alitalia et Lufthansa. Ce projet, pourtant bien avancé, le siège d'Air Union devait se trouver à Paris sur les Champs-Élysées dans l'hôtel Marcel Dassault, est finalement refusé par le gouvernement français, lors du retour au pouvoir du Général de Gaulle qui considérait qu'Air France, symbole de la France dans le monde, devait rester entièrement français.[72]
1953
Les appareils utilisés par les grandes compagnies étant plus ou moins les mêmes, Max Hymans va mettre en avant la "qualité française". Il fait recruter des cuisiniers dans les plus grands restaurants, ou dans les paquebots de luxe, et les stewards parmi les serveurs des grands hôtels comme le Ritz. L'exemple le plus symbolique en est le "Parisien Spécial", inauguré le 3 mars 1953, avec le Super Constellation L-1049, qui relie Paris à New York en vingt heures, escales comprises. Il comprenait les plus luxueuses installations jamais réalisées sur un appareil commercial, avec lits et cabines privées : en effet, huit cabines particulières sont transformées pour la nuit en cabines-chambres privées, avec des lits doubles, ainsi que deux salons avec seize fauteuils-couchettes, et bien sûr des repas gastronomiques. Le Super Constellation L-1049 est le premier avion qui, pour servir des plats chauds, est muni de fours au lieu de marmites isothermes.
1954
Disparition de sa mère, ce qui l'affecte beaucoup, car depuis la fin de la guerre, il prenait ses vacances en faisant une cure à Vichy avec elle. Il pensait que la fatigue qu'il ressentait de plus en plus était due à un problème de foie, et non pas à un début de cancer.
Les médecins découvrent qu'il a un cancer du poumon, mais ne lui disent rien, car à l'époque on ne pouvait pas en guérir. En effet il avait une forte addiction au tabac, il prenait toujours ses notes sur des paquets de Gitane.
Signature des accords de Peira-Cava, il ne s'agit pas d'un île située du coté de Duego-Suarés, mais d'une ville des Alpes Maritimes située à 40kilométres au nord de Nice. Ils mettaient fin à la concurrence franco-française dans les colonies, faisceau par faisceau. Air France se retrouva ainsi à égalité avec soit A.U.T soit avec la T.A.I. Air France gardait ses positions en Afrique du Nord, grace à la demande des compagnies de ces pays devenus indépendants qui souhaitaient continuer à coopérer avec elle et à l'international.
Il est élu président de l'International Air Transport Association (IATA) pour l'année 1954-1955.
Avec le général de Gaulle à New York en 1960.Henri Ziegler quitte la direction générale d'Air France pour devenir directeur de cabinet du ministre des Transports, Max Hymans va alors assumer la présidence et la direction générale d'Air France, ce qui n'est pas pour lui déplaire.
1955
Dans son discours de fin de présidence de l'IATA, il préconise l'entrée de L'URSS dans cette association.[73]
Il choisit Louis Lesieux en qualité de directeur général d'Air France, le Ministre des transports lui ayant rappelé que le statut d'Air France en prévoit un. Louis Lesieux conservera ce poste jusqu'en 1967.
1956
Signature simultanée et très médiatisée des premiers contrats d'achat d'avions à réaction. Il s'agit de 12 Caravelle et de 10 Boeing 707.
Il apprend, par hasard, en entendant deux infirmières discuter, qu'il a un cancer et qu'il est condamné. Cela s'est passé à l'Hôpital américain de Paris, où il était allé consulter un spécialiste, arrivé en avance et fatigué, il s'assoit avant de se présenter, deux infirmières font la conversation à coté de lui, et l'une explique à l'autre que son patron attend le Président d'Air France, à la question de quoi souffre-t-il elle répond d'un cancer, et ajoute qu'il est condamné. Il pense néanmoins pouvoir guérir grâce aux rayons X, très en vogue à cette époque. Pour cela, il va se faire soigner plusieurs fois aux États-Unis.
Léon Boutbien est gravement battu aux élections législatives dans l'Indre, le 2 janvier. Il l'avait été précédemment comme candidat au Conseil Général pour la ville de Buzançais. Les communistes obtiennent deux sièges, les radicaux également deux, et la S.F.I.O aucun. De plus la S.F.I.O, que Léon Boutbien représente, obtient un nombre de voix très faible, les élections sont faites à la proportionnelle. La S.F.I.O obtient 13 169 voix, les radicaux 30 888, et les communistes 41 531
Pour Max Hymans son retour en politique passe par le Sénat, c'est pourquoi il attachera tant d'importance à son siège de Conseiller Général, en effet l'élection au Sénat passe habituellement par un poste de Conseiller Général.
1957
Air France reçoit ses derniers Super Constellations, qui devront être abandonnés seulement trois ans plus tard au profit des Boeing 707, ce qui montre la vitesse extraordinaire de l'évolution de l'aviation civile durant ces années.
Il est réélu pour la dernière fois au Conseil Général de l'Indre.
1958
Arrivé au pouvoir du général de Gaulle, il accompagne le général dans tous ses déplacements, qui sont forts nombreux, Algérie, Afrique noire, Amérique du Sud. Le général le consulte discrètement sur les questions économiques.[74][75].
1959
Max Hymans et Yvonne de Gaulle lors du baptême de la Caravelle Lorraine en 1959.Le 8 mars, dernières élections municipales à Valençay. Il se présente, mais trop fatigué pour faire campagne, il présente une liste de large union centriste. Ainsi il n'y aura que deux listes en présence : une liste communiste, et la sienne alliant les modérés, le centre et le centre-gauche.
1960
Sa santé se détériore de plus en plus vite. Joseph Roos, qui lui succèdera l'année suivante à la Présidence d'Air France, déclare avoir été épouvanté au mois de juillet par son aspect physique, puis avoir été sondé dès ce moment par le ministre des Transports, pour succéder à Max Hymans[76].
À Air France, le Directeur Général, Louis Lesieux, son Directeur de Cabinet, Gérard Orizet, et sa secrétaire, Madame Cros, le déchargent au maximum de sa tâche, tout en respectant un silence total sur la réalité de son état de santé.
L'arrivée des avions à réaction provoque au quatrième trimestre une grève des pilotes, qui demandent à cette occasion une nouvelle baisse de leur temps de travail.
1961
Janvier. De son coté, le nouveau régime mis en place par le général de Gaulle, ne voulant pas montrer de faiblesse, réquisitionne le personnel navigant technique[77][78]. Certains pilotes quittent leur uniforme pour éviter cette réquisition. Max Hymans ne se rend que trois fois à Air France, au cours du début du mois. Aphone, il rencontre les représentants syndicaux des pilotes pour les adjurer de ne pas porter un coup dur à la Compagnie. Le 17, il préside son dernier conseil d'administration, et présente son successeur Joseph Roos. Enfin, le 19, il vient démissionner de la présidence d'Air France, dont il devient président d'honneur. Il fait ses adieux à ses collaborateurs. Le 21, le général de Gaulle lui fait porter une lettre l'élevant au grade de Grand Officier de la Légion d'honneur tout en l'encourageant à surmonter sa maladie.
Mars. Le dimanche 5 mars, René Brouillet, chef de cabinet du général de Gaulle, qu'il connaissait depuis 1944, vient le voir. René Brouillet a fait le récit complet de cette visite, dans dans Icare N°58, un des plus beaux textes jamais écrit sur Max Hymans. Sa mission officieuse était de voir l'état de Max Hymans, le général de Gaulle souhaitant venir lui remettre sa plaque de Grand Officier, à son domicile. Le lundi 6, il manifeste le désir de revoir son ancien secrétaire particulier, Pierre Babet, qu'il avait connu au SOE. Le mardi 7, il demande, par geste, au professeur Maurice Mayer, qu'il avait connu dans la résistance, de l'euthanasier. Il décède à 17h 10, à Saint-Cloud, (Hauts-de-Seine). Il est enterré le vendredi 10 au cimetière du Montparnasse[79]. Son éloge funèbre est prononcée par : Edgar Faure au nom des parlementaires qui affirma : "C'est une grande chance pour un homme de faire coïncider sa vie avec sa mission" ; Jules Moch au nom des anciens du parti socialiste qui déclara : « Peu d'hommes ont eu la joie, comme lui, de vivre plusieurs vies en une seule » ; Vincent Rotinat, au nom du département de l'Indre ; Robert Buron, ministre des Transports, au nom du gouvernement[80]. Un homme âgé à crinière blanche attire l'attention, c'est son ami Paul-Boncour venu spécialement de Saint-Aignan.
Reconnaissance
Distinctions
Parmi les très nombreuses distinctions et décorations qui lui ont été décernées, citons :
Royaume-Uni : décoration de 4e classe de l'Ordre de l'Empire britannique, pour son action dans la Résistance.
France :
Sa bravoure sur le front a été reconnue par une Croix de Guerre 1939-1945 avec trois citations.
Le Général de Gaulle lui a conféré la Médaille de la Résistance (6 avril 1944). Motif : « ...dès l'été 1940 cherche contact avec la résistance de Londres ».
Il est élevé au grade de Grand Officier de la Légion d'honneur le 20 janvier 1961.
En 1963, le Conseil de l'OACI (Organisation de l'Aviation Civile Internationale) lui décerne, à titre posthume, le Prix Edward Warner et sa grande médaille d'or pour sa contribution éminente au développement de l'aviation civile internationale[81].
Plaques
Une plaque est apposée sur la maison d'où, grâce à lui, l'opérateur radio du réseau AUTOGIRO, Georges Bégué, a pu envoyer vers Londres, le 9 mai 1941, le premier message radio. Adresse : 14, rue des Pavillons, Châteauroux (Indre).
Un monument a été édifié à Beleymas en (Dordogne) à l'endroit où a eu lieu le premier parachutage d'armes, il est visible sur le site de ce village de Wikipedia.
Un médaillon, dû au sculpteur Paul Belmondo, a été posé dans le hall du nouveau siège social d'Air France, 125 rue de Paris à Roissy.
Voies
La ville de Paris a donné le nom de Max Hymans à un square du XIVe arrondissement derrière la gare Montparnasse, près de l'ancien siège de la compagnie Air France.
La commune de Valençay a donné le nom de Max Hymans à une rue et au stade municipal.
La ville de Chateauroux a donné le nom de Max Hymans à une rue.
Timbre
Un timbre à son effigie a été émis par la Poste.
Une médaille a été réalisée pour lui rendre hommage, en 1981, par Georges Guiraud, Grand Prix de Rome.
Notes, sources et liens externes
Notes
- Citons comme activités clandestines : l'organisation du repérage de terrains pour des parachutages ; fourniture de documents confidentiels qu'il fait parvenir à Londres ; fourniture de renseignements sur la présence et les effectifs des troupes allemandes sur l'opinion publique et les activités du Gouvernement de Vichy.
- Lorsqu'il rentrait du Lycée Rollin, sa mère s'asseyait à côté de lui, autour de la table de la salle à manger, et attendait pour se lever qu'il ait terminé ses devoirs. Elle ne pouvait pas l'aider directement, car une jeune fille née en 1868 dans l'Alsace rurale faisait peu d'études, et sa langue maternelle était l'Alsacien. En agissant ainsi elle démontrait outre son amour maternel, un grand sens pédagogique
- Il est possible que ce soit le climat familial qui lui ait donné le goût de la politique. En effet, de quoi parlait-on à la table de ses parents - Des études fort peu, car elles ne posaient pas de problèmes aux deux enfants. Alors le grand sujet était la politique. Bien entendu la politique étrangère, et en particulier ses répercussions sur la question alsacienne, était au cœur des débats. Max, le plus jeune, avait probablement à cœur de voir ses idées prises au sérieux par son frère ainé et par son père. Cela a probablement stimulé sa pensée. Chaque samedi après midi, Raphaël Hymans fréquentait le « Club du Faubourg », créé par le journaliste Léo Poldès, où l'on examinait, semaine après semaine, toutes les questions de société, telles que la condition des femmes dans le travail, le couple, le racisme, l'intolérance, la méthode Ogino, mais également l'œuvre de Platon, la danse contemporaine et de grands poètes méconnus. En 1919, une des questions à l'ordre du jour était "de l'utilité de la guerre". On imagine qu'une telle question, après un tel conflit, passait pour une provocation vis-à-vis des anciens combattants et que la séance n'a pu avoir lieu que protégée par la police. Tous les hommes politiques venaient au moins une fois au « Club du Faubourg ». Il en parlait chez lui et cela relançait les discussions familiales. Raphaël Hymans adorait parler de tout cela avec ses fils. Bien entendu, dans l'esprit de l'époque, ni lui-même et ses fils ne se levaient jamais de table. Ses parents formaient un couple uni, conforme à la bourgeoisie du début du XXe siècle, c'est-à-dire ou les rôles de chacun étaient bien définis. Il a vécu une famille structurée, solide, affectueuse, aisée, ouverte sur le monde moderne, patriote, respectueuse de son identité, tout cela rend plus compréhensible son itinéraire
- Source Beaussier
- Son frère ainé, qui s'est marié à la même époque, prendra lui aussi un appartement à coté de celui de ses parents
- Mme Cros le suivra dans tous ses postes, Secrétariat au Commerce, Secrétariat aux Finances, Secrétariat à l'Aviation Civile et enfin Air France (à Londres et à Alger il eut des secrétaires locales). Source : Icare, revue de l'aviation française n° 58, témoignage de Me Garnault, avocat à la Cour page 121.
- Durant 17 ans chaque matin, Raphaël Hymans se rendait au Comité de Bienfaisance Israélite de Paris, pour surveiller la distribution des secours tant en espèce qu'en nature (des vétements). En effet, il tenait à ce que cette distribution se fasse le plus équitablement possible. Il en a été administrateur, puis trésorier, le président en était le baron Edmond de Rothschild, (dont le fils, Maurice de Rothschild sera un collègue de Max Hymans à la Chambre, étant député des Hautes Alpes, naturellement, il ne le fréquentait pas). Ainsi il était considéré comme un notable du quartier. Lors de l'Assemblée Générale du 19 mars 1939, qui suit sa disparition, Georges Schwab, trésorier, rappelle ainsi sa mémoire : " Sa droiture, sa rude franchise, la vigueur avec laquelle il soutenait ses opinions (...) son cœur sensible aux misères des malheureux qui s'adressaient à lui, à la distribution quotidienne du matin, où il assurait le service avec une bonne volonté sans égale.
- Source Fondation CASIP-COJASOR, qui a hérité des archives du Comité. 47 Bd. de Belleville 75011 Paris.
- Pour plus de détail sur Guillaume d'Ornano, voir le site Wikipedia de Michel d'Ornano son fils
- Source : Dictionnaire des Parlementaires Français, publié sous la direction Jean Joly, ancien documentaliste de la Chambre des Députés, aux Presses Universitaires de France tome VI, 1960.
- Ref : "Pierre Cot" de Sabine Jansen, opus cité en bas de page dans "Sources et liens externes".
- C'est le journaliste Georges Raffalovich qui inventa le nom Air France lors d'une conférence de presse donnée par le futur président d'Air France, M. Roume, au siège d'Air Orient, 2 rue Marbeuf, qui deviendra le siège d'Air France
- C'est une des raisons à l'origine de l'adhésion de Mermoz aux "Croix de feu" du colonel François de La Rocque ISBN 2-213-659687-65. D'après Jacques Nobécourt dans sa biographie du colonel de la Roque, éditée chez Fayard en 1997, page 300, la moitié du personnel navigant d'Air France y adhérait
- Pierre Cot avait envoyé deux membres de son cabinet, André Garnault et Fernant Hederer, faire un audit sur l'Aéropostale en Amérique du Sud, Audit très négatif sur la gestion des Bouilloux-Laffont. L'ambassade de France à Montevideo leur a refusé l'utilisation du chiffre. En effet le Ministère des affaires étrangères, si prestigieux, regardait avec mépris un ministère technique créé seulement en 1928, coincé entre le ministère de la Guerre et celui de la Marine (pour les hydravions). Ils ont joint par téléphone, Pierre Cot qui leur a dit d'envoyer leur étude par télégramme, celle ci fut ainsi connue de toute la presse et provoqua un nouveau tollé. Ref Pierre Cot opus cité. Alexandre Couzinet a écrit un plaidoyer en faveur de l'Aéropostale, il s'agit de : " Mermoz, Couzinet, ou le rêve fracassé de l'Aéropostale, Édition Atlantica, Biarritz 2000. Une autre inspection en Amérique du Sud devait montrer que les deux frères Bouilloux-Laffont surfacturaient les travaux effectués dans les aéroports d'Amérique du Sud, ce qui les a conduits devant les tribunaux.
- La réalisation d'Air France peut être considérée comme la grande réussite de Pierre Cot
- Le roman d'Air France de Philippe- Michel Thibault, Préface de Jean-Cyril Spinetta, Gallimard 2003 ISBN 2-74-241104-6.
- Source : Histoire des Francs-Maçons en Berry page 232, opus cité dans : Sources et liens externes.
- C'est par erreur que Marcel Déat est souvent désigné comme le troisième élu de l'USR. En fait, il n'a été réélu qu'en 1939 à Angoulême, lors d'une élection partielle, sur une liste dite de "Rassemblement Anticommuniste". Il était déjà ailleurs. Dans ses mémoires rédigées en 1955, Marcel Déat évite soigneusement de parler de ses anciens camarades socialistes et néo-socialistes afin de pas les gêner dans leur ascension politique.
- Source : Gérard Orizet, directeur de cabinet de Max Hymans à Air France.
- Max Hymans a eu quatre enfants : Daniel Hymans, Dominique Hymans, Didier Hymans et Françoise Furkel de Mme Redon
- Max Hymans a reçu un nombre considérable de décorations en trois vagues, la première à l'occasion de l'Exposition de 1937, la seconde en raison de son action durant la guerre, ce sont celles qui sont mentionnées sur ce site, enfin la troisième pendant les années 50/60 correspondant aux inaugurations de lignes en Amérique du Sud, les pays desservis ont bien sur tenu à le décorer
- Il y déclare, p. 5 : « Sous mon impulsion, celle-ci a rempli son rôle, en un mot en unissant les grands partis alliés ».
- Le cabinet militaire de Pierre Cot était étroitement surveillé en particulier par la Préfecture de Police qui combattait surtout les communistes et par d'autres services, c'est pourquoi il a confié l'organisation de cette mission à son cabinet civil
- L'Italie a envoyé un contingent de 80 0000 hommes en Espagne.
- Ref : Vies et Morts de Jean Moulin de Pierre Péan, éditions Fayard, page 640
- source Robino
- Source Robino
- "À Paris la crise sévit(...)pour l'évacuation de vos gamines je le ferai de mon propre chef". cité par Robino, ouvrage cité page 70.
- Le colonel Vautrin fait partie de ces résistants oubliés car non-gaullistes et qui ont été honorés lors de l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, il a été nommé en 1980 général à titre posthume. Le colonel Vautrin est mort au combat en Lybie. Une avenue d'Antibes porte son nom.
- Il s'en expliquera publiquement dans une lettre adressée au préfet de l'Indre et dans des discours prononcés les 19 août et 22 octobre 1944 : « Je suis arrivé à Vichy la veille de l'Assemblée après avoir assisté à l'exode des populations civiles sans précédent dans l'histoire. Je croyais qu'en attendant le redressement allié et la défaite allemande, les intérêts immédiats des populations françaises seraient défendus. »
- Tous les parlementaires de l'Indre ont voté les pleins pouvoirs au Maréchal : les deux sénateurs, Bénazet et Gautier (le troisième, Dautry, étant décédé), et les cinq députés, François Chasseigne, Albert Chichery, Louis Deschizeaux, Max Hymans et Vincent Rotinat.
- témoignage de Mme Hymans
- M. Beaujard, beau-frère du président de l'Association des Anciens Combattants de l'Indre, M. Destouches, agent commercial rejoignant l'Amérique.
- Madame Bonnet, journaliste américaine.
- Colonel Edmond Petit, Missions très spéciales, Éditions de la Pensée moderne, 48 rue Monsieur-le-Prince, Paris, 1994. Le colonel Edmond Petit a passé toute la guerre dans le même Oflag (camps de prisonniers réservés aux officiers) que le frère de Mme Hymans, Denis Maurey, ils se sont très bien connus, car tous les deux avaient choisi comme activité le théâtre. Il sera le premier conservateur du Musée Air France. Son successeur le commandant Lasserre est l'auteur du numéro de la revue Icare, consacrée à Max Hymans.
- Maurice Buckmaster est l'auteur de Specially Employed édition : Batchworth 1952.
- Référence Rabino, opus cité, page 121, source AAG (archives André Girarg).
- Source Beaussier.
- Une plaque de marbre a été apposée sur le mur du 14 rue des pavillons pour commémorer l'envoi de ce premier message.
- Source : Groussin, p. 154.
- Le SOE comportait trois sections principales, l'une travaillant de concert avec la France Libre, la seconde, la section F, entièrement aux ordres des anglais qui comptera jusqu'à 95 réseaux en France occupée, et la troisième chargée des sorties de France aussi bien pour les évadés, les résistants que les hommes politiques français. Labarthe dans son hostilité au général de Gaulle a bien sur confié la lettre où Max Hymans exprimait son désir de servir à la section F, commandée par le colonel Buckmaster
- Source : les Flotilles secrétes de Sir Brooks Richards page 807. Opus cité dans Sources et liens externes
- Source : idem page 924.
- Gabrielle était le prénom de madame Jean Pierre-Bloch
- Après l'affaire Dreyfus, le gouvernement, devant les erreurs de l'armée, avait confié le contre-espionnage au Ministère de l'intérieur, ce qui a entraîné la création d'un corps de commissaires spéciaux, et d'une police spéciale, que l'on trouvait surtout dans les gares et les ports. Ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale que le contre-espionnage a été entièrement confié à la DST (Direction de la surveillance du territoire) par une ordonnance du général de Gaulle, ce qui a entrainé la disparition des commissariats spéciaux.
- Il s'agit de Georges Bégué.
- Source : rapport de police. Voir Maurice Nicault, p. 90-91.
- Jean Pierre-Bloch s'était retiré à Villamblard comme fabricant de conserves de foie gras
- Jean Pierre-Bloch interprète : Il y avait deux mouchards à l'affût lors de notre dernière rencontre à Châteauroux. La police est à mes trousses. Notre affaire est éventée.
- La photo du monument érigé à cet endroit avec Albert Rigoulet dit "Le Frisé" se trouve sur le site de Beleymas.
- Chez son cousin Paul Mezguer, réfugié de Strasbourg
- Chez le couple Aubrac, pour empêcher Max Hymans de sortir, Raymond Aubrac lui donnera des livres à couvrir, source entretien Raymond Aubrac avec Eva Doucet
- Chez André Girard, réseau Carte, 10 Bd. du Cap. Source Le Réseau Carte, opus cité
- Dans une lettre adressée à Pierre Cot depuis Londres : "Il y a un an et demi, quand j'ai échappé à l'arrestation, je suis allé vivre quelques jours à Chambéry(...) J'ignorais alors que tu avais choisi un cabinet si agissant que presque tous ses membres se distinguent aujourd'hui. Source Pierre Cot, opus cité, page 616.
- Voir le réseau Carte opus cité, et l'ouvrage de Sir Richard Brook concernant les flottilles du SOE, appelées SOE Maritime dans "Sources et liens externes"
- Il existe à Antibes, pointe de l'Ilette, face à la mer, en bas du Bd. Albert 1er, un monument dédié aux agents antibois du SOE maritime.
- Source Beaussier page 100
- Fromuzeau vient de "from Muzeau", du nom du lieu-dit où se trouvait sa première habitation à Valençay.
- Source Beaussier
- Il d'une manœuvre de l'entourage du général de Gaulle, en effet le Président Roosevelt était franc maçon et tous les auteurs de cette lettre, sauf Antier, dont on ne pouvait pas omettre la signature en raison de son ancienneté dans la France Libre), le sont. Ils espéraient ainsi toucher le Président Américain. Ref Noguère : Histoire de la Résistance en France, Tome III page 63
- Le pilote officiel du général de Gaulle, après son retour au pouvoir en 1958, pour ses voyages officiels à bord des appareils d'Air France, sera Lionel Casse (1915-2008).
- En principe les députés ayant voté en les pleins pouvoir au Maréchal étaient inéligibles, mais il était possible de les relever de cette interdiction pour faits de résistance. Il aurait pu représenter le SOE, mais ce mouvement n'était pas considéré comme un mouvement de résistance français.
- Source : Cecile Desprairies, page 43.
- Témoignage de son chef de Cabinet René Brouillet. [Source Icare N°58]
- don Air France était un client.
- LOI N° 48-976 du 16 juin 1948, Portant Institution de la Compagnie Nationale Air France, (Journal officiel du 17 juin 1948 - Page 5863) ART. 1er Il est institué sous le nom de Compagnie Nationale Air France, une société soumise aux règles édictées par la présente loi et, dans tout ce qu'elles n'ont pas de contraire à celle-ci, par les lois sur les sociétés anonymes
- Pour comprendre le statut juridique d'Air France, lire dans les dans les Grans Arrêts de la Jurisprudence Administrative, opus cité dans "Sources et liens externes" l'article consacré au différent entre Air France et les époux Barbier page 590 et suivantes. Il s'agit d'une rare analyse compléte du statut d'Air France de l'époque faite par le Tribunal des Conflits.
- La flotte évolue comme suit sous sa présidence :
1948 : Constellation, Douglas DC-3 et Douglas DC-4 (versions civiles du Dakota), Languedoc, 10Junkers Ju 52 (avions allemands construits en France à Toulouse, récupérés et exploités comme prise de guerre) et 10 Caudron Goéland récupérés en Allemagne, (les Goéland étaient des avions français fabriqués à Colombes, et à Issy les Moulineaux pour le compte de la luftwaffe).
1969 : 45 Sud-Aviation Caravelle, 33 Boeing 707, 13 Boeing 727 et 4 Breguet Cargo.
- 212 000 km en 1948 ; 325 000 en 1960.
- témoignage de René Brouillet, dans Icare N° 58 page 95.
- Il s'agit du théâtre des Ambassadeurs, où avaient lieu des conférences prestigieuses, devenu aujourd'hui l'Espace Cardin
- Icare. Revue de l'Aviation française, article de Nicolo Garandini, ancien Président d'Alitalia, page 122.
- "Icare revue de l'aviation française" N° 58, témoignage de Jacques Santini, ancien Directeur des Relations Extérieures de la Compagnie Air France, page 118.
- Pour cela il entre à l'Élysée par la porte située rue de L'Élysée, source Paul Metzguer
- Il faut envisager la fin de carrière de Max Hymans, après un renouvellement de mandat (à Air France, les mandats présidentiels sont de trois ans), il lui propose le poste d'ambassadeur de France à Washington. Il aurait certainement préféré un retour en politique, comme ministre, il gardera le silence sur ce point, et toutes les personnes à qui il a pu en parler sont aujourd'hui décédées. source Marcel Maurey.
- Icare, n° 58, p. 100.
- L'attitude de Max Hymans vis-à-vis du PNT Personnel Navigant Technique, c'est-à-dire des officiers pilotes de ligne (OPL), et des copilotes a été jugée à Air France comme trop laxiste. L'explication avancée est qu'entre 1910 et 1940, les héros de la France (et du monde -) étaient des pilotes. Georges Guynemer, Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Antoine de Saint Exupéry, Charles Lindbergh, en sont quelques exemples, exaltés par les récits de Joseph Kessel, et les livres d'Antoine de Saint Exupéry.
les récits d'Antoine de Saint Exupéry montrent qu'avant 1940, les pilotes gagnaient très moyennement leur vie, et ne possédaient pas les multiples avantages qui sont devenus la norme après la guerre. C'est sous la pluie, que les pilotes de l'Aéropostale attendaient devant l'hôtel du Grand Balcon, mélangés à tout le personnel, un vieux tramway pour se rendre de Toulouse au terrain (comme on disait à l'époque), de Toulouse-Montaudran.
En 1948 les pilotes d'Air France étaient tous syndiqués à la CGT(Confédération Générale du Travail) pour deux raisons, la première, c'est que la CGT dirigeait les commissions d'épuration, la seconde est que ce syndicat dirigeait plus ou moins cette entreprise dont tous les administrateurs (sauf un : Paul Desbruyères) y compris le Président, le général Bertrand Pujo, étaient incarcérés pour collaboration. Ce n'est qu'en 1950 que sera créé le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL), syndicat corporatiste.
M. Santini aborde cette question dans le numéro 58 d'Icare, pour affirmer que cette opinion est fausse et que Max Hymans a "fait ce qu'il a pu". M. Santini a été Président des anciens d'Air France
- Antoine de Saint Exupery :"Terre des Hommes" Hachette 1956. Page 18
- 30ème Division, 2 nord-35 est. Entrer par la rue Émile Richard, prendre la première entrée à droite en venant de la rue Froideveau et continuer toujours tout droit, par la petite allée précédée de pavés. Pour Mme Hymans prendre l'entrée opposée et tourner à droite le long du mur, jusqu'à la première allée plantée d'arbre, la tombe Maurey est juste à gauche.
- Max Hymans n'ayant pas manifesté de désirs concernant ses obséques, Mme Hymans a décidé qu'il devrait être enterré comme ses parents, en particulier sa mère, c'est donc le Grand Rabbin de Paris, Meir Jaïs, qui prononça les priéres d'usage.
- C'est Robert Esperou, ancien chef du service des transports aériens au sein de la Direction Générale de l'Aviation Civile, et historien de l'aviation, qui a suggéré à l'IATA de lui décerner à titre posthume ces distinctions
Sources et liens externes
Francis Weill, Max Hymans, fondateur d’Air France, 1900-1961, avec photographies.
Air & Cosmos n° 1272 du 17 février 1990. Texte J. Noetinger.
Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, ISBN : 978-2-84734-329-8 / EAN 13 : 9782847343298. Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004. Ce livre présente la version officielle britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le SOE en France.
Michel Jouanneau, Mémoire d'une époque, Indre 1940-1944, tome 1, 1995.
Gilles Groussin, La Résistance dans le canton de Valençay (Les Maquis de Gâtine), 2006, ISBN 2-9515378-1-6.
"Icare. Revue de l'aviation française", numéro 58 largement consacré à Max Hymans, été 1971.
Patrice Beaussier (sous la dir.), Le "doyen" de la Résistance, mémoire collectif, collège Honoré de Balzac, 36100 Issoudun.
Véronique Martin-Mollet, Le résistant Max Hymans, mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine, Faculté des lettres, langues et sciences humaines de Limoges.
Philippe-Michel Thibault et Anaïs Leclerc, Air France L'art du voyage, coll. Découverte, Gallimard 2008 ISBN 978-2-07-042903-5.
Max Hymans sur le site de l'INA : reprises des Actualités françaises et de l'ORTF.
Maurice Nicault, Résistance et Libération de l'Indre. Les insurgés, coll. Passé simple, Royer, 2003, ISBN 2-908670-85-2.
Jean Joly (sous la direction de), Dictionnaire des Parlementaires Français (Notice biographique sur les ministres, sénateurs et députés français de 1889 à 1940), Presses Universitaires de France, 1960.
Claire Lemercier, « Le Club du Faubourg, Tribune Libre de Paris, 1918-1939 », Cahiers d'histoire, janvier 1997.
Sabine Jansen, Pierre Cot, collection Nouvelles études contemporaines, édition Fayard, octobre 2002, ISBN 2-213-61403-2.
Cecile Desprairies, Ville Lumière, Années Noires, Denoël, 2008, ISBN 978-2-207-25925-2.
Sir Brooks Richards. Flottilles secrètes, les liaisons clandestines en France et en Afrique du Nord 1940-1944. Édition Marcel-Didier Vrac (MVD), 2001.
Maurice Buckmaster, Specially Employed, édition Batchworth, 1952.
Thomas Rabino, Le réseau Carte" Histoire d'un réseau de la Résistance, antiallemand, antigaulliste, anticommuniste et anticollaborationiste, Perrin, 2008, ISBN 978-2-262-02646-2
Robert Durandeau, Histoire des francs-maçons en Berry, édition Lucien Souny, 1990, ISBN 2-905262-42-7.
M. Long, P. Weill, G. Braibant et autres, Les Grands Arrêts de la Jurisprudence Administrative, édition Dalloz, 16e édition, 2007, ISBN 978-2-247-07424-2
Robert Esperou et Gérard Maoui, AIR FRANCE, des origines à nos jours, Édition Le cherche midi, ISBN 2-86274-537-5