Déclaration de la
Commission exécutive confédérale
Place au changement
par le progrès social
mercredi, 9 mai 2012
Une majorité de citoyens a élu un nouveau Président de la République le dimanche 6 mai 2012.
La participation importante des électrices et électeurs témoigne de leur mobilisation pour intervenir sur les choix à venir.
Le résultat de l’Election présidentielle exprime un « désaveu » pour Nicolas Sarkozy. Sa politique autoritaire et antisociale, son passage en force sur la réforme des retraites et sa façon de gouverner sont maintenant clairement sanctionnés.
La CGT s’en félicite.
L’influence des thèses racistes et xénophobes a été omniprésente tout au long de la campagne. La CGT poursuivra son combat contre la division, les idées d’extrême-droite et les discriminations, pour « le travailler et vivre ensemble ».
L’élection de François Hollande est aussi l’expression d’une forte aspiration à un changement de politique économique et sociale. Elle s’était déjà exprimée dans les mobilisations sociales en 2009, 2010 et dernièrement lors du 1er mai 2012 contre les discriminations et pour la justice sociale.
Un contexte, a priori plus favorable à la satisfaction des revendications, est créé. Il doit se traduire par des décisions nouvelles, propres à changer le quotidien des salariés, retraités et privés d’emploi, à donner confiance aux jeunes dans leur avenir alors que les exigences patronales et celles des marchés financiers sont toujours aussi présentes.
L’intervention et l’action syndicale doivent être renforcées. Dans l’immédiat, tous les syndicats doivent refuser l’extension de la flexibilité exigée par le MEDEF au travers des accords dits « compétitivité emploi ».
Un véritable changement passe par la création d’emplois, l’augmentation des salaires, la reconnaissance et la revalorisation du travail, de son contenu et de sa finalité, le développement des services publics sur l’ensemble du territoire, un haut niveau de protection sociale et une véritable politique industrielle.
La réponse aux enjeux économiques et sociaux passe par une autre répartition des richesses au service du développement humain durable.
L’avenir de l’Europe ne peut se construire par la mise en concurrence sociale et fiscale entre pays, il faut une Europe solidaire et sociale axée sur la croissance et la coopération et non sur l’austérité généralisée imposée à l’ensemble des salariés.
La CGT continuera à être active pour le progrès social indispensable pour sortir de la crise et entend créer les conditions de l’action syndicale unitaire pour y parvenir.
Dans cette situation nouvelle et ouverte, la CGT appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi à rester mobilisés, à s’organiser, à se syndiquer à la CGT pour poursuivre leur action au travail, dans la vie, dans la cité pour faire aboutir leurs revendications.
Montreuil, le 9 mai 2012
En février dernier, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont proposé à leurs partenaires européens un « pacte de compétitivité ». Dans la foulée, le Conseil européen des 24 et 25 mars a rendu public un document d’orientation baptisé « pacte pour l’Euro plus ». Le pacte pour l’Euro plus a attiré l’attention du fait des orientations drastiques qu’il comporte, notamment en matière de politique salariale et en matière de protection sociale.
Lire la Note économique CGT n°133
Coût du travail élevé
ne rime pas avec chômage

PARIS (Reuters) - Coût du travail élevé ne rime pas avec chômage élevé et ne signifie pas nécessairement mauvaises performances économiques, révèle une étude de l'Insee mercredi, à l'heure où gauche et droite s'affrontent violemment sur la "TVA sociale".
Le ministère du Travail publiera vendredi les chiffres du chômage du mois de janvier. Fin 2011, le nombre de personnes sans emploi sur le territoire français, toutes régions et catégories confondues, dépassait les 4,5 millions, un plus haut depuis 1999.
Outre-Rhin, le taux de chômage était le mois dernier à son plus bas niveau depuis la réunification du pays en 1990.
Le coût du travail en Allemagne était surtout l'un des plus élevés d'Europe dans certains secteurs industriels il y a quatre ans, une donnée économique qui ne l'a pas empêchée d'afficher les meilleures performances à l'export de la zone euro et un taux de chômage parmi les plus bas du Vieux continent.
A deux mois du premier tour de l'élection présidentielle, le gouvernement, qui cite régulièrement Berlin en exemple, a fait de la diminution du coût du travail l'une de ses priorités économiques en décidant d'abaisser les cotisations patronales en échange d'un relèvement du taux de la TVA, une mesure vivement critiquée par les syndicats et l'opposition qui craignent une dégradation du pouvoir d'achat.
Dans une étude intitulée "Emploi et salaires", notamment consacrée à l'évolution du prix de la main d'oeuvre en Europe, l'Insee constate que le coût du travail dans certains secteurs manufacturiers outre-Rhin était le plus haut du Vieux continent.
"C'est le cas en particulier dans l'industrie automobile, où (en 2008, ndlr) il est supérieur de 29% à celui observé en France: 43,14 euros (de l'heure) contre 33,38 euros."
Dans l'ensemble de l'industrie, le coût du travail était sensiblement comparable dans les deux pays, autour de 33 euros de l'heure en moyenne, même s'il était plus élevé en Allemagne (33,37 euros) qu'en France (33,16 euros).
RAPPORT DE FORCE ?
La tendance s'inverse toutefois dans les services où la France enregistrait il y a quatre ans un coût horaire du travail de 32,08 euros contre 26,81 euros en Allemagne.
Surtout, les coûts salariaux unitaires dans leur ensemble ont connu une progression beaucoup plus marquée en France qu'en Allemagne entre 2002 et 2012 (+1,9% par an contre +0,1%) et de moindres gains de productivité (+0,8% contre +1,2%), selon les calculs du Crédit agricole, un motif d'inquiétude pour Paris.
La ministre du Budget Valérie Pécresse a répété mardi que la baisse du coût du travail au nom de la "compétitivité-prix" française permettrait de créer entre 75.000 et 120.000 emplois, à condition que les entreprises jouent le jeu et privilégient la relance de l'investissement productif à l'augmentation de leurs marges.
La Suède, le Danemark et la Belgique sont les trois pays de l'Union européenne où, en 2008, le coût du travail était le plus élevé, dans l'industrie comme dans les services. Le Portugal, la Grèce et l'Espagne sont ceux où il était le plus bas.
Dès lors, l'amélioration de la "compétitivité" pourrait avoir des effets beaucoup moins positifs qu'escompté si elle ne devait porter que sur les coûts sans concerner plus largement la productivité, la qualité, l'innovation et la formation.
Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche a logiquement vanté la création de la TVA sociale début février et estimé que la France pouvait rééquilibrer ses échanges commerciaux d'ici à 2017, après avoir présenté un déficit commercial record en 2011.
Dans l'espoir d'améliorer la productivité des sociétés françaises, le gouvernement donne un mois aux partenaires sociaux pour convenir d'un cadre permettant de conclure des accords "majoritaires" au sein des entreprises sur les questions relatives à la durée du travail, son organisation ou les heures supplémentaires.
Nicolas Sarkozy a souligné que ces accords s'imposeraient à la loi, ce qui enterrerait de facto les 35 heures. Faute de compromis, un projet de loi serait déposé au Parlement au risque d'engager l'exécutif dans un rapport de force tendu à la veille des scrutins présidentiel et législatifs.
Edité par Patrick Vignal
Thibault dénonce un sommet "antisocial"
Cliquer sur l'image pour voir la Vidéo
La TVA sociale est "une arnaque", fruit d’un sommet jugé précipité, a taclé le leader de la CGT.
"Plus les heures passent, plus ce sommet s’annonce antisocial. Ce qui à l’origine était un sommet pour l’emploi va se transformer en sommet antisocial". Les propos de Bernard Thibault, jeudi soir sur Europe 1, donnent le ton de l’année sociale qui débute.
Le secrétaire général du syndicat CGT n’est pas enchanté par le sommet social organisé le 18 janvier par l’Elysée et multiplie les reproches : les délais sont trop courts et les mesures gouvernementales risquent d’être imposées sans dialogue.
Un risque de "pantalonnade médiatique"
"Nous avons fait des propositions", mais "ce sommet risque de se transformer en pantalonnade médiatique", a réagi Bernard Thibault, regrettant que le gouvernement "agisse dans la précipitation, à quelques semaines d’échéances politiques".
Preuve de l’agacement de la CGT, "on prépare aussi le rendez-vous du 18 en organisant des rassemblements, des manifestations", a-t-il annoncé, invitant les Français "à se mobiliser".
La TVA sociale, "une arnaque"
Mesure phare de ce sommet, la TVA sociale est qualifiée "d’arnaque". "Je le dis, je le répète, c’est une arnaque", a martelé Bernard Thibault. "Ce supposé gain de compétitivité via une suppression de cotisations sociales ne sera pas compensé par une hausse de TVA", a-t-il estimé.
Et Bernard Thibault de se montrer beaucoup plus concret : "beaucoup de nos concitoyens y perdront en pouvoir d’achat".

Communiqué de l'UL CGT Roissy après le remplacement
des agents de sûreté grévistes par les forces de l'ordre

Après 7 jours de grève des agents de sûreté : La responsabilité de L'Etat et d'ADP est engagée
Sur ordre du gouvernement, les agents de sûreté en grève à Roissy ont été remplacés par des policiers et des gendarmes ce jeudi 22 décembre matin. Sarkozy veut briser cette grève qui témoigne de la colère sociale qui couve dans le pays et craint la contagion à d'autres salariés. Cette manœuvre accroît encore davantage la colère des grévistes qui dénoncent depuis maintenant 7 jours leurs conditions de travail déplorables, les bas salaires et la précarité. C'est le droit de grève qui est piétiné, comme l'a déclaré hier le principal syndicat des gardiens de la paix, SGP-FO, qui s'est prononcé contre ces remplacements. L'UL CGT Roissy exige le retrait des forces de l'ordre de tout poste de travail d'un agent de sûreté gréviste !
Cette situation nous rappelle que les agents de sûreté exercent une mission de service public qui consiste à assurer la protection des usagers du transport aérien. Ce sont d'ailleurs les passagers qui financent eux-mêmes ce service en payant une taxe aéroportuaire de 11,50 € comprise dans le prix de leur billet d'avion. Mais depuis dix ans, l'Etat, à travers ADP, délègue cette mission de service public à des entreprises privées, avec des conséquences désastreuses pour les salariés comme pour le service public :
Les entreprises privées de sûreté se livrent en effet à une guerre commerciale acharnée pour obtenir les marchés. Ces marchés sont soigneusement découpés par ADP pour mettre les salariés en concurrence les uns avec les autres. Les marchés sont attribués aux entreprises qui présentent la facture la moins élevée, ce qui tire les salaires vers le bas et pousse à dégrader les conditions de travail (plannings flexibles, temps partiel, augmentation de la charge de travail, etc.).
De plus, cette mise en concurrence permanente précarise l'emploi. Les marchés de la sûreté sont en effet conclus pour des périodes de trois ans. Lorsqu'une entreprise perd un marché, les emplois sont menacés et les acquis sont remis en cause chez le repreneur. Rien n'est jamais acquis et les emplois sont par nature précaires, même en CDI.
Enfin, ces bas salaires, cette précarité, ces mauvaises conditions de travail, ne permettent pas aux agents de sûreté d'exercer leur mission dans de bonnes conditions. Ils sont stressés, fatigués, démotivés. L'intérêt privé (la recherche du profit) est inconciliable avec le service public, elle menace la sûreté des usagers.
La privatisation de la sûreté se traduit ainsi par des bas salaires, de mauvaises conditions de travail, la remise en cause permanente des acquis et des emplois, et un service public dégradé.
La grève dure depuis plus de 7 jours. Elle est majoritairement suivie par les salariés à Roissy et touche la plupart des aéroports du pays. Le patronat se refuse toujours à entendre les revendications parfaitement légitimes des salariés. Ces entreprises privées ne défendent que leurs profits, elles sont des parasites dans la sûreté aéroportuaire, qui se nourrissent du travail des agents et de la taxe payée par les passagers.
Si les salariés de la sûreté en sont là aujourd'hui, c'est en raison de la privatisation du secteur. Si les pouvoirs publics veulent intervenir dans cette grève, au lieu de tenter de la briser, qu'ils prennent leurs responsabilités pour imposer les revendications des salariés au patronat et ouvrent immédiatement des négociations pour réintégrer les agents de sûreté sous statut public. Il est de l'intérêt des salariés et des passagers que la sûreté aéroportuaire ne soit plus confiée à des entreprises privées dont le seul objectif est de faire de cette activité une source de bénéfice pour leurs actionnaires.
Retrait des forces de l'ordre des postes de travail des grévistes !
200 € d'augmentation tout de suite !
Amélioration des conditions de travail !
Arrêt de la précarité !
Pour l'emploi, les salaires, les conditions de travail et la qualité du service public de sûreté, il faut réintégrer la sûreté aéroportuaire au sein d'un corps d'Etat, existant ou à créer !
Roissy, le 22 décembre 2011
Communiqué de la CGT
relatif à l’augmentation du SMIC
au 1er décembre.
http://www.cgt.fr/Avec-21-euros-de-plus-le-compte-n.html
Communiqué de presse

Décision du Conseil d’État sur le Prix du gaz :
Ce sont encore les ménages qui vont payer la facture !
Sur demande de l'Association Nationale des Opérateurs Détaillants en Énergie (Anode), qui rassemble DirectEnergie, Poweo, Altergaz et GazdeParis, le conseil d'Etat vient de suspendre la décision du gouvernement, de gel du tarif du gaz.
Ces entreprises veulent augmenter le prix du gaz d'environ 10 % d'après l'application d'une formule fortement défavorable aux usagers, pour faire des profits maximum. Près de 10 millions de foyer sont concernés.
En dix ans, le prix du gaz a augmenté de 68,5 %. La part de l'énergie, dépense contrainte, prend de plus en plus de place dans le budget des ménages.
L'ouverture à la concurrence, en place depuis 2007, est un leurre. Les prix ont augmenté de manière importante durant ces dernières années. C'est de nouveau, de plus en période de froid, que ces entreprises veulent augmenter leur profit sur l'énergie.
INDECOSA-CGT demande une révision du mode de calcul des tarifs permettant le droit à l'énergie à tous les foyers.
Montreuil, le 29 novembre 2011
Levée de l’interdiction de la Culture du MON 810 par le Conseil d’Etat : La faute inexcusable du gouvernement Français !
A force de faire le « dos rond », en attendant des jours meilleurs, le gouvernement vient de se faire retoquer par le Conseil d’Etat sur l’interdiction de mise en culture du maïs transgénique MON 810.La Haute Cour qui a remis en cause le moratoire, n’a pas relevé de risque sanitaire et environnemental avéré. La responsabilité des autorités françaises est totale dans cette affaire, puisque aucune recherche publique n’a été menée durant la période. Par conséquent elles n’ont pas apporté la preuve de la dangerosité de l’OGM.
Pourtant, de nombreuses études ont démontré sa dangerosité notamment sur la faune et sur les risques d’une dissémination aux cultures non OGM. C’est encore un mauvais coup pour les consommateurs et également pour l’agriculture française.
L’association de défense des consommateurs INDECOSA-CGT, demande aux pouvoirs publics de prendre ces responsabilités en programmant tout de suite des tests non seulement sur le MON 810 de MOSANTO, mais également son équivalent en Europe le BT 11 de SYGENTA.
Parallèlement nous demandons une réunion en urgence avec les deux ministères pour expliquer leurs intentions face à ce précédent.
Montreuil, le 29 novembre 2011Contacts : Arnaud FAUCON, Secrétaire National au 06 88 42 07 15
Patrice Bouillon, Secrétaire National au 06 74 74 91 32
Contacts : Guy Beauné, Secrétaire National au 06 89 94 70 88
TROP C’EST TROP!
LES TRAVAILLEURS EUROPÉENS LUTTENT CONTRE L’AUSTERITÉ ET POUR UN AVENIR MEILLEUR ET PLUS ÉQUITABLE
Le 29 novembre 2011
La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient les actions organisées au niveau national par ses affiliés afin de lutter contre l’austérité et pour un avenir meilleur et plus équitable.
Plusieurs actions syndicales de premier plan, telles que des grèves, des manifestations et des rassemblements, sont menées à travers toute l’Europe. Les travailleurs européens s’opposent à la régression sociale et réclament la fin des mesures d’austérité.
Le 30 novembre, une grève du secteur public en faveur de la justice dans le domaine des pensions (Pensions Justice) est convoquée au Royaume-Uni et une grève sera organisée en Bulgarie afin de protester contre les attaques perpétrées contre les droits des travailleurs. Le même jour, la Fédération syndicale européenne des services publics (FSESP) a appelé à une journée d’action en faveur des services publics. Le 1er décembre, les syndicats grecs organiseront une grève générale contre les mesures d’austérité, et le 2 décembre, les syndicats belges défileront dans les rues de Bruxelles afin de dire non à l’austérité.
Bernadette Ségol, Secrétaire générale de la CES, a déclaré: « Trop c’est trop ! L’avenir de l’Europe ne peut être basé sur l’austérité, l’insécurité et la régression sociale. Nous soutenons nos membres dans leurs actions au plan national et incitons vivement les dirigeants européens à cesser de se soumettre aux diktats des marchés financiers. L’Europe a besoin d’un changement de cap radical ».
Les actions syndicales continueront au-delà de ces dates. D’autres mobilisations contre l’austérité sont prévues dans les jours à venir en Hongrie, en Lituanie et en France et une journée d’action concernant ArcelorMittal a été annoncée par la Fédération européenne des métallurgistes (FEM).
Liste d’actions à travers l’Europe: http://www.etuc.org/a/9316
La CES parle d’une seule voix au nom des intérêts communs des travailleurs au niveau européen. Fondée en 1973, elle représente aujourd’hui 83 organisations syndicales dans 36 pays européens ainsi que 12 fédérations sectorielles.
TROIS JOURS DE DÉBAT AU FORUM SOCIAL


Voir la Vidéo de l'entretien
entre Lionel Minosio et Rita Moreau
sur la situation au commercial France
Bernard Thibault au 16e congrès de l'Ugict

Intervention de Bernard Thibault
Chers Camarades,
Ce congrès est important pour réaffirmer l’ambition de la CGT d’être une organisation syndicale ouverte et disponible pour tous les salariés, dont les Ingénieurs cadres et techniciens.
C’est l’occasion de pousser plus loin nos analyses sur ce que sont les attentes de ces catégories vis-à-vis du syndicalisme. Nous savons qu’ils ne se reconnaissent pas spontanément dans la CGT malgré nos efforts pour appréhender leurs aspirations et leur proposer des formes d’organisation appropriées. Permettez moi de me réjouir que votre engagement contribue à ce que la CGT puisse s’adresser à l’ensemble des salariés. Nous travaillons à unir les salariés dans l’action en ayant conscience des diversités de situations et de motivations.
Nous ne pouvons pas avancer dans cette réflexion sans tenir compte des profondes transformations du salariat. L’éclatement et la précarisation du monde du travail, sa féminisation et l’accroissement du poids des ICT en sont les principales composantes.
Comprendre ces évolutions et les contradictions qui traversent le monde du travail est essentiel pour nous mettre en situation de conquête partout. C’est même crucial dans les catégories ICT qui sont bien souvent, pour le patronat, des champs d’expérimentation des nouvelles formes d’exploitation et d’individualisation et à qui l’on demande d’être les vecteurs de ces innovations managériales. L’UGICT a toute sa place à prendre dans cet effort qui concerne toute la CGT. Coexistent parmi les ICT un fort attachement au travail comme facteur d’épanouissement et de construction de son identité et le sentiment d’une perte d’autonomie et de sens du travail. La tension entre la responsabilité sociale dont se sentent investis les cadres dans le travail et le manque de marge de manœuvre pour faire face à ce qu’implique la pleine responsabilité des activités dont ils ont la charge est source d’insatisfaction et parfois de souffrance. Mais c’est en même temps un puissant facteur de rapprochement des catégories.
La situation des ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise ne fait que se dégrader, comme celle de tous les salariés. Le chômage de masse persistant, le développement de la précarité, l’avenir incertain des retraites, les pertes de pouvoir d’achat sont des préoccupations immédiates. Ce sont donc autant de sujets qui appellent une intervention résolue de notre part.
Sur le dossier des retraites, les aspirations des ICT ont largement rejoint celles des autres catégories. Les ICT souhaitent avoir le choix de leur date de départ effectif en retraite, ils tiennent à avoir la possibilité de la prendre, s’ils le souhaitent, dès 60 ans. Ils sont loin de partager l’idée que la réforme Sarkozy est une réforme pour les cadres. L’allongement de la durée de cotisation frappe également tous ceux dont les carrières ont commencé tard du fait de la prolongation des études.
Concernant les retraites complémentaires, c’est une nouvelle dégradation qui se profile pour les cadres avec le nouvel accord interprofessionnel fermement combattu par la CGT. La volonté d’alignement par le bas des régimes ARCCO et AGIRC est manifeste dans le camp patronal mais inspire également certaines positions syndicales.
Depuis hier, nous savons que la CGC, comme la CGT, est prête à exercer son droit d’opposition sur l’accord des retraites complémentaires alors que CFDT et FO ont décidé de signer ce même accord.
Permettez-moi de faire remarquer au passage cette volte face spectaculaire de FO qui s’affirmait la plus résolue à combattre la fin de la retraite à 60 ans en prônant la grève générale, y compris par des résolutions enflammées à son récent congrès et qui, aujourd’hui, ne voit aucun inconvénient à apposer sa signature au bas d’un texte qui officialise le recul des âges de départ en retraite pourtant combattue par des millions de salariés.
Reste à connaître la position de la CFTC, cinquième Confédération autour de la table, qui déterminera de fait la suite des événements.
En fait, l’insécurité sociale qui caractérise notre société concerne bien aujourd’hui les ICT comme toutes les autres catégories de salariés.
La volonté du patronat d’en finir avec le statut cadre confirme que les différences de traitement cadres/non cadres sont jugées trop coûteuses dans une optique de réduction des coûts salariaux. Au moment où les gouvernements français et allemand ont engagé l’Union européenne sur le chemin d’un pacte de convergence pour une austérité renforcée et où le MEDEF met en avant l’étude tronquée de l’officine Réxécode sur la perte de compétitivité de la France vis-à-vis de l’Allemagne, le patronat voit dans l’attaque contre les retraites des cadres une bonne opportunité.
Dans le domaine du temps de travail, l’alignement se fait sur le « travailler plus » avec une plus grande flexibilité.
A notre initiative, la décision du Comité européen des droits sociaux concernant les dispositifs sur les forfaits jours et l’astreinte nous donne une arme pour combattre la durée excessive du temps de travail, notamment chez les cadres. Partout, saisissons nous de cette décision pour demander la renégociation des accords contestés et engageons la bataille revendicative pour une réduction effective du temps de travail des cadres. N’hésitez pas non plus à saisir les prud’hommes des situations jugées contraires au droit européen pour obtenir réparation du préjudice subi.
Dans ce domaine, le patronat ne souhaite pas aligner les cadres, (à qui l’on inculque depuis des décennies qu’ils n’ont pas d’horaire) sur les non cadres.
La devise du Medef ce serait plutôt « travailler plus pour gagner moins et avoir une plus petite retraite ».
La campagne confédérale dans laquelle s’inscrit bien sûr l’UGICT sur cette question n’est-elle pas une bonne opportunité pour nous adresser aux cadres et montrer l’utilité du syndicalisme et la disponibilité de la CGT pour traiter les problèmes de conditions de travail des cadres ?
L’intensification du travail parmi les catégories ICT recouvre de multiples facettes. Elle les expose au stress et parfois au suicide comme l’actualité l’a dramatiquement montré dans de grandes entreprises comme France Télécoms mais aussi dans beaucoup d’autres moins connues. Cela devient malheureusement une constante dans nos visites d’entreprises.
Le management par le stress est devenu la norme, un salarié qui n’atteint pas ses objectifs est un salarié non performant et doit être sanctionné. Les salariés les plus qualifiés en sont souvent les victimes mais ils sont aussi placés eux-mêmes en situation d’avoir à encadrer et à évaluer. C’est aussi une part de leur responsabilité sociale que ces méthodes inhumaines engagent. La gestion par le stress, la prééminence du management financier au détriment de l’encadrement technique montrent ici dramatiquement leurs limites. Aujourd’hui tout le monde parle de la valeur travail mais personne ne se penche sur les « désordres du travail, la souffrance au travail ». Personne ne se penche sur les enjeux liés à l’organisation du travail.
Qu'en est-il du sens du partage, de l'incitation et de l'intérêt à coopérer, de la mise en commun des connaissances quand, dans le même temps, se généralisent des modes de rémunération individualisés et la mise en concurrence des salariés ?
Partout où se déploient sur une grande échelle les nouvelles technologies de l’information et de la communication, il faut maintenant refuser l’enfermement dans le monde cybernétique de la « ruche », reconstruire l’espace de la coopération humaine qui laisse une part déterminante à l’échange, au contact réel des intelligences et des sensibilités.
Indéniablement, la situation que je viens de brosser à grands traits conduit à un rapprochement des situations objectives des catégories, même si celles-ci restent marquées par des spécificités.
Il nous faut éviter deux écueils :
- l’un consistant à nier la spécificité des ingénieurs et cadres et à considérer qu’il s’agit de « salariés comme les autres », ce qui nous exonérerait d’une démarche syndicale spécifique,
- l’autre consistant à refuser de les considérer comme des salariés au « même titre que les autres » et à ne pas voir le rapprochement qui s’opère entre catégories de salariés du fait des politiques mises en œuvre. L’offensive patronale contre le statut cadre témoigne que pour le patronat, la situation matérielle des cadres a vocation à se rapprocher de celles des autres salariés, même si les entreprises n’entendent pas renoncer à faire peser sur eux de fortes contraintes en terme de disponibilité et de respect des objectifs financiers.
Ce rapprochement doit nous conduire à travailler de façon plus cohérente notre démarche revendicative vers toutes les catégories de salariés sur la base de notre visée du nouveau statut du travail salarié et de notre revendication de la sécurité sociale professionnelle.
Parmi les défis posés par une société où la connaissance et la capacité d’innovation sont les clés de la production des biens et des services de demain, le défi d’une véritable sécurité sociale professionnelle et d’une mobilité choisie est posé. La mobilité choisie doit redevenir un facteur de circulation et de développement de la connaissance et donc de la reconnaissance des qualifications acquises sur un parcours professionnel déjà effectué et requises pour une étape nouvelle.
À chaque stade de son parcours, le salarié doit bénéficier d’un large éventail de possibilités pour assurer les conditions de sa mobilité professionnelle et sociale. Il n’y a pas de réelle liberté dans la précarité sociale, or c’est elle qui progresse.
Je le répète devant vous aujourd’hui : la « sécurité sociale professionnelle » n’est pas seulement une roue de secours, elle est la condition du mouvement. Elle doit créer un climat de confiance collective permettant à chacun de se projeter dans l’avenir.
Il faut mieux comprendre et mieux investir la relation entre formation et emploi. Elle est au centre d’un champ revendicatif très important qui est aussi porteur de convergences entre les différentes catégories de salariés en même temps qu’il mérite des approches spécifiques à chacune d’elles.
Aujourd’hui, la responsabilité de l’université est de former près de la moitié d’une génération, laquelle exercera une très grande diversité de métiers. Elle doit également garantir le droit des étudiants à s’insérer durablement dans l’activité professionnelle. Elle doit aussi s’ouvrir encore plus à la formation continue afin que chaque salarié puisse devenir ou redevenir « étudiant », si nécessaire plusieurs fois, dans son parcours.
L’autre grande mutation dans la détermination de ce qu’est la richesse tient à la prise en compte de la rationalité écologique : l’action humaine et à fortiori l’intervention industrielle et technique sont désormais situées dans le cadre de la préservation de l’environnement, dans un monde où les interdépendances sont multiples. La fragilité des sociétés avancées face aux cataclysmes naturels vient de nous être rappelée par le séisme et le tsunami du Japon. Les risques industriels ont été à cette occasion mis en évidence après les accidents graves qui affectent la centrale nucléaire de Fukushima. Notre pensée et notre soutien sont d’abord allés aux travailleurs et aux populations concernées. Cette catastrophe nucléaire a provoqué en France comme dans le monde une émotion forte et soulève de légitimes interrogations quant à la sécurité des centrales et à la pertinence des choix de politique énergétique. La CGT considère que les salariés et les citoyens doivent pouvoir disposer de tous les éléments pour un véritable débat. La CGT entend y prendre toute sa place, comme elle l’a toujours fait, à partir des intérêts des salariés et de sa vision d’un développement humain durable.
Conjointement, avec les Camarades de la Fédération de l’Energie, nous avons exigé des mesures immédiates :
- un examen approfondi des systèmes de sécurité des installations nucléaires, civiles et militaires, qui intègre l’expertise des personnels et de leurs organisations syndicales,
- l’application des garanties statutaires communes à tous les personnels travaillant sur les sites en révisant l’ensemble des dispositifs de sous-traitance,
- l’impérieuse nécessité d’assurer la construction et l’exploitation des centrales sous maîtrise publique.
Je note que le gouvernement japonais annonce désormais la perspective de nationalisation de l’entreprise TEPCO.
Comme à l’image des banques hier menacées, c’est sous la pression de la catastrophe ou du scandale que la maîtrise publique redevient d’actualité.
Le développement durable est un enjeu planétaire qui constituera progressivement une référence universelle pour toutes les formes d’engagement citoyen et de solidarité collective. Les stratégies de développement durable ne peuvent pas se construire sur l’acceptation de l’état des rapports de force mondiaux et les dogmes de l’économie libérale. Sur ce terrain, l’UGICT a une contribution spécifique à apporter et je ne peux que vous inciter à poursuivre et amplifier le travail que vous avez entrepris sur la revendication d’un management socialement responsable.
La CGT veut prendre sa place et mettre tout son poids dans le débat sur les choix qui conditionnent l’avenir des organisations productives et des politiques industrielles dans notre pays et dans l’Union européenne.
L’Europe a soufflé ses cinquante bougies mais elle est toujours à la recherche de son deuxième souffle ! En matière industrielle, elle a surtout imposé des politiques désastreuses de libéralisation et de privatisation des services publics. La libéralisation est en marche dans l’activité postale, le ferroviaire, l’énergie ... La crise que le monde vit depuis 2008 n’a pas servi de leçon et la concurrence continue de constituer l’alpha et l’oméga des politiques européennes.
Pourtant, nombreux sont ceux qui en Europe plaident pour une approche combinant une vision industrielle et la réponse aux défis environnementaux dont la lutte contre le changement climatique.
Les groupes, dont le carnet de commandes est rempli pour plusieurs années, qui font des bénéfices dans des domaines de hautes technologies, continuent d’annoncer des plans de restructurations drastiques à l’échelle internationale dont l’une des conséquences est la fermeture ou la vente d’usines et la suppression de plusieurs milliers de postes, et bien plus encore, dans leurs réseaux d’entreprises sous-traitantes.
C’est un énorme gâchis industriel, technologique et humain !
Lorsque l’on sait que l’unique motivation de ces plans est l’exigence d’un plus grand taux de rentabilité financière pour les actionnaires, la bataille syndicale ne peut se cantonner à rendre le scandale socialement supportable. Elle ne peut opposer les salariés des différents pays.
Pourquoi ce qui est négociable avec les actionnaires, ne le serait-il pas avec les syndicats ?
L'entreprise est un terrain économique et idéologique que nous continuerons à disputer au patronat qui en usent, aux actionnaires qui en abusent. Les salariés doivent être habilités à intervenir et à se prononcer sur le bien-fondé des choix stratégiques et financiers qui conditionnent l’avenir des entreprises.
Ces dernières semaines sont marquées par des mobilisations locales sur les questions d’emploi et de salaires, souvent à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. Dans certains groupes et dans des branches professionnelles, ces luttes sont souvent unitaires. Elles ne font certes pas la une de l’actualité mais cela traduit bien que la conflictualité ne se soit pas éteinte avec la fin du conflit sur les retraites.
Il ne faut compter que sur nous-mêmes pour les faire connaître, pour faire la démonstration par la preuve que le syndicalisme CGT est aussi fait de victoires.
La plupart des médias n’aime pas les victoires syndicales et, ce qui est curieux, c’est que, dans une période où le drapeau est à la mode, ils ne remarquent pas que ce sont les drapeaux syndicaux – dont celui de la CGT – qui sont les plus utilisés dans les rues et à la porte des entreprises.
Le calendrier des mobilisations pour les prochains jours est aussi constitué de mobilisations au plan national et au plan européen :
- le 9 avril, une manifestation européenne a lieu à Budapest, après celles de Bruxelles et de Londres samedi dernier. Comme nous l’avons fait avec nos camarades du DGB à Paris et Berlin fin mars, il s’agit de s’opposer au pacte de convergence qui généralise l’austérité en Europe,
- le 28 avril, nous préparons une journée d’action unitaire pour la reconnaissance de la pénibilité au niveau national.
Caméras et micros sont peu séduits en ce moment par les messages syndicaux.
La caricature, souvent à l’endroit de la CGT, l’emporte sur l’analyse objective de la situation sociale : « la CGT s’isole », « la CGT durcit le ton » peut-on lire depuis que la CGT a refusé de trinquer avec le président de la République pour recevoir ses vœux. Nous ne regrettons pas cet acte symbolique.
Puis surviennent des élections politiques. Comme en d’autres pays, l’électeur se fait rare à fréquenter les urnes, le gouvernement en place se trouve clairement désavoué sur l’orientation de sa politique économique et sociale.
Comme en d’autres pays, l’extrême droite parvient à surfer sur ce mécontentement, d’autant plus facilement qu’au premier niveau de l’Etat, les messages et les décisions ont contribué à légitimer la posture d’un FN se revendiquant en parti politique comme les autres.
Les élections cantonales ont confirmé l’audience nouvelle du Front national, « boosté » par une impressionnante campagne médiatique. Celui-ci a adapté son discours à la situation de crise et à la colère sociale qui monte dans le pays. Ce discours séduit de nouvelles franges du salariat sur la base d’une connotation sociale plus prononcée greffée sur le socle idéologique intangible de la préférence nationale, du rejet de « l’étranger » et du repli hexagonal. Comme vous le savez, la Direction confédérale a décidé de réagir vigoureusement suite à la tentative du FN d’instrumentaliser la CGT à travers l’investiture aux cantonales d’un responsable de syndicat CGT d’entreprise. J’ai rappelé à cette occasion aux premiers responsables des organisations de la CGT qu’il leur revenait de veiller au respect des valeurs fondamentales et des statuts de la CGT dans leur organisation.
Quoi qu’il affirme, le Front national n’est pas un parti comme les autres. Son attitude lors de la réforme des retraites rappelle à quel point il est hostile à la CGT « compte tenu de sa philosophie marxiste » et à tous ceux qui revendiquent et qui luttent pour de véritables transformations dans le rapport d’exploitation du travail.
En 2010, nous étions des « émeutiers » lorsque nous défendions les retraites, les responsables de la CGT devaient être traduits en justice pour « sabotage de l’économie française, des entreprises et de l’emploi ».
La CGT ne laissera pas s’installer cette duperie qui prétend présenter le FN comme une alternative politique crédible susceptible de répondre aux revendications sociales.
Si la CGT s’est, depuis toujours, donné des règles qui reconnaissent la pluralité des opinions politiques en son sein, elle ne peut accepter sous couvert de démocratie de laisser dévoyer le combat syndical sur des voies contraires à ses valeurs et ses objectifs de justice sociale pour tous les salariés, quelles que soient leur origine, leur confession, leur grade en France comme au plan international.
Comme syndicat, nous n’avons ni la prétention, ni la vocation à nous substituer aux partis politiques qui doivent tous se sentir interpellés par cette situation.
Cependant, comme nous l’avons toujours fait pour des échéances politiques importantes, la CGT aura la prétention d’intervenir dans le débat public pour faire part de ses analyses et de ses attentes dans le domaine économique et social.
Pour l’heure, nous allons continuer de faire notre travail syndical du quotidien.
L’UGICT est partie intégrante de la réflexion que notre 49ème Congrès a décidé d’engager dans toute la CGT pour mieux coller à la réalité du salariat d’aujourd’hui et pour que nos formes d’organisation permettent de construire les convergences interprofessionnelles nécessaires.
En tant qu’outil actif de conquête dans les catégories ICT, l’UGICT doit être de plain-pied dans cet effort collectif. Non seulement notre activité en direction des ICT n’est pas à l’écart de la réflexion, mais les obstacles auxquels nous nous heurtons pour être reconnus partout comme une organisation où les ingénieurs cadres et techniciens ont toute leur place nécessitent inventivité, créativité et une meilleure articulation de nos différents dispositifs de déploiement.
Rien ne pourra se faire sans vous, les militants de la CGT parmi les ingénieurs cadres et techniciens. C’est vous qui connaissez vos collègues, la manière dont ils perçoivent la CGT et le syndicalisme auxquels ils aspirent.
Comment aujourd’hui franchir une étape, accroître notre capacité d’intervention et acquérir une représentativité incontestable dans ces catégories en forte croissance ? Cette question, qui traverse votre congrès, concerne toute la CGT.
Nous devons me semble t-il investir plus de forces en direction de ces catégories. De fait, les seuls militants de la CGT qui s’adressent aujourd’hui aux ICT ne suffiront pas pour progresser significativement. Le cas le plus flagrant, ce sont les sièges des grands groupes où la CGT se bat pour conserver sa représentativité, alors même que sur le périmètre global du groupe, la CGT est bien souvent l’organisation la plus représentative.
Mais nous devons aussi voir plus large puisque les ICT représentent 43 % des salariés. Ne faut-il pas mieux articuler les efforts de toute la CGT en direction des techniciens, dont une partie seulement est dans le champ d’activité réel des bases et organisations de l’UGICT. Ensemble, nous avons besoin de faire du neuf, d’innover dans nos pratiques pour « coller » à la situation des personnels d’encadrement et surtout pour répondre à leurs aspirations.
Votre congrès est saisi de propositions d’évolution qui cherchent à dépasser les insuffisances et les blocages que nous rencontrons pour un déploiement de nos outils UGICT dans les territoires. Ces propositions, si vous les adoptez, seront ensuite à verser au débat des organisations de la CGT dans la phase de préparation du 50ème Congrès. Tout cela est positif si nous avons bien le souci d’expérimenter avant de généraliser.
Il nous faudra donc prendre le temps d’une évaluation collective, le temps de réfléchir ensemble aux évolutions nécessaires permettant à la CGT d’être plus en adéquation avec la diversité du salariat.
Nous devons, dans un même mouvement et à tous les échelons de la CGT, asseoir l’ensemble de notre démarche revendicative et consacrer plus d’énergie à la syndicalisation à la CGT et à son ancrage dans l’ensemble du salariat.
Nous pouvons y travailler avec d’autant plus de confiance que le potentiel de syndicalisation à la CGT est très important. Il l’est beaucoup plus que nous ne l’estimons nous-mêmes.
La situation de nos forces syndiquées est le principal obstacle pour de nouveaux succès revendicatifs. C’est encore plus criant dans vos catégories. Or, d’après notre baromètre annuel 2010, la CGT est considérée comme présente par 83 % des cadres, combative par 79 %, disponible par 62 % et capable de propositions constructives par 53 %.
Il y a bien des verrous à faire sauter pour enclencher une syndicalisation plus importante des ICT. Car rien de durable ne changera pour les ingénieurs, cadres et techniciens comme pour les autres salariés si le niveau de syndicalisation ne progresse pas de façon spectaculaire.
Les flux naturels entre les organisations CGT et les organisations UGICT ne suffisent pas à maintenir un taux de syndicalisation significatif dans des catégories qui comme les vôtres sont en expansion.
Comme je le fais auprès de toutes les organisations de la CGT, je vous engage à consacrer à la syndicalisation une part importante de l’activité partout où nous sommes organisés.
L’une des cibles privilégiées de notre effort sont les jeunes diplômés, vers lesquels vous avez décidé à juste titre de vous tourner.
C’est d’ailleurs une priorité que nous nous sommes donnée. L’enjeu est crucial pour l’UGICT puisque le collège cadres est désormais constitué très majoritairement de cadres diplômés. Comme l’indique votre document d’orientation, l’une des questions à traiter est l’articulation nouvelle qu’établissent les jeunes entre l’individu et le collectif.
Voilà, chers camarades, les quelques réflexions que je souhaitais vous livrer à l’occasion de ce congrès, pour une CGT lucide sur les enjeux et les défis à relever, déterminée et à l’offensive dans sa mission de défense des intérêts des salariés dont ceux des ingénieurs, cadres et techniciens.
Je vous souhaite un bon congrès.
Vive la CGT !
Vichy - 30 mars 2011

HALTE AUX METHODES REVANCHARDES DE LA DIRECTION
D'EVEOLE S M T D ET DES POLITICIENS DU DOUAISIS
Signer la motion !


LA LETTRE DE L'UGICT n°344 DU 21 AU 27 MARS

Le site du 16ème congrès de l'UGICT
Communiqué de presse

Flambée des prix des carburants :
Le gouvernement fait « la sourde oreille »
face à la détresse des consommateurs !
Ce statu quo est inacceptable devant la détresse de millions de gens qui voient leur pouvoir d’achat « dévisser » littéralement. De leur côté, les compagnies pétrolières et les grandes surfaces continuent leur poker menteur sur la réalité de leurs stocks disponibles et surtout sur le coût réel de leurs approvisionnements.
La situation dans les pays du nord de l’Afrique n’explique pas tout. En effet, lorsque le prix du baril est monté à 147 dollars le 11 juillet 2008, les répercussions à la pompe n’ont pas été aussi rapides et brutales. Sans attendre les conclusions de l’observatoire des prix et des marges, il existe de réels soupçons « d’effets d’aubaines » des compagnies pétrolières. Au rythme où vont les choses, le groupe Total qui a dégagé un bénéfice net de 10,3 milliards d’euros l’année dernière va probablement battre son record historique de 13,9 milliards réalisé en 2008. Sachant que l’Etat impose un plan de rigueur sans précédent aux ménages français, la pilule est dure à avaler !
Pour mettre fin à cette situation, INDECOSA-CGT réclame :
• Un gel immédiat du prix des carburants,
• Que le gouvernement impose aux compagnies pétrolières et à la grande distribution une transparence totale sur l’état des réserves disponibles et sur le prix payé au fournisseur au moment de l’achat (il est intolérable de faire payer le consommateur au prix fort pour un carburant acheté il y’a des semaines),
• Le rétablissement de la prime à la cuve pour les ménages les plus modestes.
Montreuil, le 10 mars 2011
Naissance du site UGICT CGT
des Transports en Commun de Lyon

Mardi, 01 Février 2011 14:46 |
Quelque 220 syndiqué-e-s d’une quinzaine de professions ont répondu, jeudi 13 janvier, à l’invitation de l’Ugict CGT. Salaires, grilles, qualifications, évolutions des métiers, place dans l’organisation du travail, reconnaissance professionnelle… étaient au cœur des débats de cette journée.
La proposition CGT de grille unique
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